‹ L'Administration Centrale des Colonies BritanniquesChapitre 8 sur 37 · NS · texte numérisé non relu

NS

L'avis du célèbre politicien prévalut puisque le Board of Trade and Plantations et le Secrétaire d'État pour les colonies furent tous deux abolis en 1782 par l’Act 22, Geo. III, c. 82 en conséquence de la perte des États-Unis.

Par cet acte étaient délégués à un comité du Conseil privé toutes les fonctions jusque-là exercées par le Conseil du Commerce et des Plantations. Désormais toutes les communications des gouverneurs des colonies durent être adressées au Conseil privé (Ordre en Conseil du 2 septembre 1872 ordonnant que des instructions circulaires soient envoyées). Les fonctions exécutives devaient ètre exercées par le ministère de l'Intérieur. Pendant la nomination du comité du Conseil privé les affaires coloniales furent dirigées par un département subordonné du ministère de l’Intérieur, nommé « the Plantations branch ».

À ce moment, les fonctions des deux principaux Secrétaires d’État furent divisées en Affaires intérieures et en Affaires étrangères. Les affaires d'Irlande étaient dévolues au ministère de l'Intérieur qui comprenait alors aussi, nous l’avons vu, les affaires des colonies.

En 1784, nouveau changement ; par Ordre en Conseil du 5 mars, un nouveau Comité du Commerce et des Plantations étrangères (A Committee for Trade et Foreign Plantations) fut établi conformément à l’Act de Burke qui en conseillait l’établissement. Le

nouveau corps fut réorganisé et définitivement constitué par les Ordres en Conseil postérieurs des 22 et 25 août 1786.

Les Affaires des colonies qui jusqu'alors avaient été dirigées par le « Plantations branch » du ministère de l’Intérieur furent transférées à ce comité.

Il subsiste encore aujourd’hui sous le nom de « Board of Trade ».

Les guerres de la Révolution surviennent. A leur début en 1793 ce fut le ministère de l’Intérieur qui

centralisa tous les services s’y rattachant, maïs dès

1794 M. Dundas, plus tard Lord Melville, qui était

Secrétaire d’État pour les affaires intérieures fut nommé Secrétaire d’État à la Guerre et prit également le titre de Secrétaire d’État aux Colonies.

Toutefois il n’y avait unification que dans la personne et l’appellation du ministre ; les deux départements de la Guerre et des Colonies restèrent absolument indépendants, avec services distincts, sans aucun rapport ou subordinalion. En 1807, cette fusion eut enfin lieu lorsque Lord Hobart fut nommé Secrétaire d’État pour la Guerre et les Colonies.

Quant au Comité du Commerce et des Plantations étrangères, il cessa peu à peu d’avoir des rapports avec les affaires coloniales, pour devenir progressivement ce qu’il est aujourd’hui : Le Board of Trade, équivalent à notre ministère du Commerce.

Le système mercantile était donc enfin renversé.

ÿ 2 Ne.

et ci nu le it

Certes, il devait substituer encore en partie jusqu’en 1849 ; son influence ne disparaissait pas du jour au lendemain et la politique anglaise devait encore, à certains moments critiques, en sentir les derniers contre-coups, mais il était gravement atteint et ne devait pas se remettre.

A partir de Lord Hobart, les changements de ministre furent si fréquents, en ce qui concerne le portefeuille de la Guerre et des Colonies, que le véritable pouvoir de direction sur l’administration coloniale tomba inévitablement de plus en plus entre les mains des premiers fonctionnaires permanents.

Mais bientôt la fin des guerres avec la France marque une nouvelle reprise. C’est alors le grand élan définitif de l’Angleterre vers l’hégémonie coloniale. Les traités de 1815 La classaient en cette matière première puissance. Aussi l'attention du Secrétaire d’État pour la Guerre et les Colonies fut-elle principalement occupée par ces dernières et Sydney Smith remarquait en 1819, dans la Revue d'Édimbourg, « l'énorme « amoncellement d’affaires relatives aux colonies ». « Il devrait y avoir, écrivait-il, deux ou trois minis- « tres au lieu d’un. Le ministère est terriblement « surchargé » (Terribly overweighted).

Un changement s’en suivit dans l’appellation du Secrétaire d'État. Nous le voyons à cette mème époque exerçant ses doubles fonctions gouvernementales

UNE sous le nom abrégé et définitif de Secrétaire d’État pour les Colonies.

Mais de toutes parts les affaires coloniales devenaient prépondérantes. C’est le moment où Lord Durham publia son fameux rapport sur le Canada (1), une des plus remarquables études sur les questions coloniales qui ait jamais été écrite. L’Angleterre en réponse accorde au Canada en 1841, après son unification, l’autonomie gouvernementale.

Cependant, des critiques sérieuses s’élevaient de jour en jour avec plus de force contre la confusion des deux ministères de la Guerre et des Colonies et les inconvénients de ce système étaient remarquablement exposés à la Chambre des UÜommunes par Sir J. Padington qui ne craignait pas de dire :

« La direction des affaires coloniales, révèle un état à peine bien séant » (Hardly decorous).

Il est vrai que la situation était paradoxale :

C’était le début de la guerre de Crimée. Le ministre des Colonies qui était en mème temps ministre de la Guerre, se trouvait à Vienne afin de diriger des négociations et pas un jour ne se passait sans qu’il n’arrivât à Londres, venant des Colonies, des dépêches les plus importantes. La présence du ministre paraissait à tous indispensable, et la verve railleuse de Lord Derby s’exerçait à plaisir lorsqu'il

s’écriait : « Le ministre de la Guerre est en guerre avec

Page 1