‹ L'Administration Civile de L'Égypte ByzantineChapitre 37 sur 49 · PREMIÈRE PARTIE, CONCLUSION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE, CONCLUSION

donnateurs des dépenses publiques. L'organisation militaire de l'Égypte est ainsi étroitement subordonnée à l’organisation financière.

Les institutions civiles de l'Égypte du vi siècle n’ont guère d'autre raison d'exister que le fait d'assurer l’exploitation fructueuse du pays au profit de Byzance. Tel avait toujours été plus ou moins, d’ailleurs, le sort de l'Égypte. N’avait-elle pas subi jusqu'alors le bon vouloir de ses maîtres successifs, quitte à leur opposer de fâcheuses résistances? Aussi les modifcations importantes apportées par Justinien à la hiérarchie administrative du 1V° siècle, ou les changements de détail survenus dans l’organisation des finances et de la justice, se ramènent-ils tous à un même désir : l'exploitation régulière de la province.

Bien qu’il ait tenu compte, dans ses réformes, des transformations économiques et religieuses survenues depuis le IV° siècle, en tâchant d'adapter ainsi les institutions à la réalité, Justinien continue donc, tout comme on le faisait à l’époque d’Auguste ou d'Hadrien, à regarder uniquement l'Égypte comme une province dont la possession doit être aussi productive que possible. Mais les temps sont bien changés depuis. lors; !a Byzance du vi° siècle, quel que soit son éclat, n’a pas les mêmes moyens que la Rome du Haut-Empire pour imposer ses volontés en Égypte. La force de résistance et l’esprit d'indépendance ont en outre singulièrement grandi chez les habitants et les fonctionnaires impériaux ; la puissance de l’Église s’est révélée considérable. La lutte séculaire soutenue par l’administration impérialé entre, après les réformes justiniennes en Égypte, dans une nouvelle et dernière phase qui s'annonce particulièrement difficile. Mais le problème qui va se poser pour Justinien ét ses successeurs demeure en principe le même qu'il était pour les empereurs du 1° et du 1v° siècle; le conflit qui s’est affinmé entre les institutions et les mœurs demeure. Dès lors, il s’agit de savoir qui l’emportera : l’administration impériale imposée avec une force nouvelle à l'Égypte, ou l'opposition qu'elle suscite chez les habitants et les fonctionnaires, qui semblent devenus également incapables de respecter les ordres venus de Byzance. ;

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