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LES LIEUTENANTS GÉNÉRAUX LES VICE-ROIS ET LES GOUVERNEURS

Avec des titres qui diffèrent au début, les gouverneurs occupent, durant tout le régime français, la première place dans l’administration de la colonie canadienne, mais leurs pouvoirs varient considérablement au cours de leur existence. Le premier en date, Roberval, reçoit, en 1540, par sa commission, avec le titre de lieutenant général, des pouvoirs absolus. Le roi lui accorde le droit de faire la paix ou la guerre, d'établir des « capitaines justiciers » et tous autres officiers, de faire des lois et ordonnances « politiques et autres », de punir les coupables français ou indigènes de châtiments exemplaires et même de la mort corporelle, de concéder des terres en fiefs relevant du roi, et finalement d’ordonner de toutes choses « comme nous-mêmes le ferions et faire le pourrions si en notre personne y estions. » (1)

Quoiqu'il n’en porte pas le titre, cette commission a justement mérité à Roberval le surnom de vice-roi. De fait, il possédait tous les pouvoirs de la royauté. Ce n’était pas là des lettres mortes sur parchemin. Roberval exerça dans son éphémère colonie une autorité absolue : il commanda, fit des lois, rendit la justice et condamna au fouet et à la mort (2).

Après l’insucccès des tentatives de colonisation de Roberval, il faut attendre jusqu’en 1677. La première commission de cette année du marquis de la Roche ne lui concède que le droit de faire siennes les terres dont il pourra se rendre maître dans le Nouveau Monde, et d’en jouir

(1) Collection de manuscrits, I, Lettres patentes accordez à François de la Roque, seigneur de Roberval, 15 janvier 1540, pp. 32 et suiv.

(2) Biggar. The Voyages of Jacques Cartier, Roberval’s Voyage, 1542- 1543, p. 268.

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