‹ L'administration de la républiqueChapitre 10 sur 32 · Ma|, soit de la manière plus dangereuse dont · texte numérisé non relu

Ma|, soit de la manière plus dangereuse dont

on s'y est pris depuis plusieurs années, on peut

espérer que les préfets tiennent d'une main assez ferme le clergé séculier de leur département pour que celui-ci ne se livre pas à ' des écarts trop visibles ou à dès intempérances de langage qu'il faudrait réprimer. Les préfets peuvent facilement pour punir l'écart d'un curé, priver tout le clergé d'un département des secours et des

faveurs qu'on octroie magnifiquement aui très quand on les refuse aux instituteurs; là un moyen d'action préfectorale qui sul plus souvent, pour calmer bien des ardeur liqueuses ; s'il est insuffisant, il y a les pressions de traitement et les nominatio:

curé que la direction des Cultes ne fait pas l'avis préalable du Préfet; le Préfet est suffisamment armé, en ce qui le concemi trouve dans le ministre des Cultes un :

effectif pour toutes les mesures qu'il prendre, car les fonctionnaires de la dire des Cultes, au ministère auquel cette dire «st momentanément rattachée, habitués & vegarder constamment les prérogatives de contre les agissements du clergé, sont, e uéral, dans d'excellents sentiments.

Après le ccirps ecclésiastique, c'est dans 1 nistère des Finances que Ton trouve le plu:

gents réactionnaires, et, daas le ministèr Finances môme, c'est la direction de l'enreg

ment, du domaine et du timbre. Dans cette dernière branche de l'administration, sans doute en de la manière dont le recrutement s'y fait, iresque impossible de découvrir un répu- , et les fonctionnaires de l'enregistrement tant si bien protégés, que directeurs, insrs, vérificateurs, conservateurs ou autres it ouvertement contre la République. L'enement est le refuge de tout ce qu'il y a de érical et de plus jésuite dansTadministrat si un Préfet connu pour ses opinions iriblement républicaines signale comme nnaire un fonctionnaire de l'enregistrec'est un avancement presque immédiatqui l'agent des Finances. Cela étant donné, il peut-être d'une meilleure administration as demander leuropinion aux préfets, mais y avoir à la direction de l'enregistrement rtaine jouissance à ne pas tenir compte de on des agents politiques et à leur infliger etite humiliation de faire avancer des clé-

DE L'ACTIOir PRÉFBCTOBALE.

ricaux ma^ré eux, sous leurs yei de vue clérical, l'administration d( ment, du domaine et du timbre d( que' l'on peut imaginer. Un'en est | heureusement, de tout le ministère i mais ce n'est pas cependant qu'il républicanisme de tous ses directe employés, quoiqu'il y ait parmi républicains: c'est un ministère d'être remanié de fond en comble, l'administration centrale, mais sui vince. On ne saurait trop se répétt ceveurs particuliers, que les percej contact journalier avec les contrib ces derniers, notamment, peuvent très grande et très salutaire influen pulation. Au point de vue du pei paraît pas exagéré de demander < tre des Finances puisse tenir corr ports que les préfets lui fournirai pressement: malheureusement, e

132 DBS PRÉFETS.

notes politiques transmises sur Tensemble des personnes dans les états annuels dont il est sans doute gardé trace, l'administration des Finances agit, elle aussi, indépendamment du chef politique du département, elle se défend contre les préfets et il n'est pas extraordinaire, quand des renseignements sont fournis par eux et qu'il s'agit d'un clérical, de voirje ministre prescrire une contre-enquête: ainsi, après avoir demandé s.\x Préfet l'expression de son opinion, si cette opinion n'est pas conforme à ce que souhaite le ministre, ce dernier fait faire une enquête contre le Préfet, frappe son rapport de suspicion, soumet son dire au contrôle de fonctionnaires inférieurs, et, comme ce contrôle il l'exerce par des agents à lui, qui naturellement ont intérêt à défendre les leurs, l'enquête a toujours un résultat diamétralement opposé à l'avis du Préfet, auquel le ministre donne tort. Nous répétons donc ce que nous avons dit plus haut : quelle autorité peut garder Je Préfet quand on a usé

vis-à-vis de lui de pareils procédés? qu'on le fait contrôler par des subalternes ? que ces subalternes ont eu raison contre lui? que les fonctionnaires. qu'il déclarait réactionnaires ont reçu, malgré lui, de Favancement? Qu'on ne demande Tien au Préfet, cela peut se comprendre, mais du moment où on lui a posé une question et où il y a répondu, il ne reste qu'à s'incliner, sa parole doit faire foi, se trompât-il, parce que son

autorité ne peut être discutée. En procédant comme on procède, on ruine l'autorité morale du Préfet et on lui inflige, à lui républicain, un échec dont les réactionnaires se réjouissent assez haut pour prouver combien il est désastreux pour la République.

Si l'action du Préfet, toujours par rapport à son département, bien entendu, ne pèse pas d'un assez grand poids au ministère des Finances, elle est moindre encore au ministère des Travaux publics, non pas sur les ministres, que ce

soit rue de Rivoli ou boulevard Saint-Germain,

lés ministres écoutent toujours très attentivement les préfets, mais il n'y a pas que les ministres dans les ministères. On y trouve avant eux les prérogatives et la camaraderie des corps* 11 n'y a pas en France que le clergé régulier et le clergé séculier et l'on sait combien les ingénieurs des ponts et chaussées se tiennent. Or, s'il y a parmi eux d'excellents républicains, il y en a qui le sont fort peu et point du tout; cela provient de ce que les écoles du gouvernement admettent encore des élèves (Jui ont été nourris dans la haine de la République, et qui apportent dans l'école et, plus tard, dans la vie, l'esprit de mépris et de lutte dont ils sont animés contre la démocratie ; cela provient également de l'École polytechnique, de la discipline qui y est appliquée, discipline fort propre à faire des militaires,, mais qui ne vaut rien pour des hommes destinés à la vie civile ; c'est une école créée par la Ré* volution, mais d'organisation monarchique, qui devrait autrement concorder avec les institu-

DE L'ACTION PRËKECTORALE.

lions modernes. L'ingénieur se ressent éducation, et cependant, il a sous ses ord certain nombre de cantonniers, des condu et il fait travailler. Il pourrait exercer ui pagande plus étendue encore si, au lieu voir que la grande voirie, on lui confiait 1 mins vicinaux. Aujourd'hui, l'organisât!

agents voyers, telle qu'il y a été procédé peu, après la loi du 21 mai 1836, constitue superfétation ou un double emploi. Si oi dans certains départements un ingéni chef des ponts et chaussées, doublé d'ui nieur ordinaire, triplé de conducteurs poi ou trois routes nationales qui ont à pein que 100 kilomètres, leur présence et lei reaux coûtent cher, ils ne sont guère u mieux vaudraitles supprimer et laisser l'en de toutes les routes aux agents voyers ; ou faut supprimer les agents voyers et r* tout le service départemental aux ingéni l'État. Mais si on concentrait la grand

petite voirie dans les mains des ingénieurs en chef, ils auraient sous leurs ordres un personnel important au point de vue politique, ils auraient les cantonniers, et, une fois pommés, ces cantonniers-là échappent à Tautorité du Préfet ; il y a donc aujourd'hui, il y aurait demain, dans ce cas, nécessité d'avoir partout des ingénieurs républicains et il faudrait qu'ils sentissent bien la prédominance du Préfet, que le Préfet eût autorité sur tous les cantonniers comme il l'a sur ceux qu'il nomme à la présentation des agents voyers et immédiatement sur les fonctionnaires des ponts et chaussées eux-mêmes, ce que les ministres des Travaux publics n'admettent pas toujours, prêts qu'ils sont à établir une quasi équivalence de grade entre l'ingénieur en chei du département et le .premier magistrat du département. Il y a là une organisation nouvelle à chercher, des économies à réaliser, l'autorité ^ politique du Préfet à affirmer.

L'action préfectorale est beaucoup plus con-

sidérable au luinistëre de la Justice qu'au tëre des Finances et au ministère des Ti publics, ce qui provient, probablement, que le ministère de la Justice n'est pas rt comme un ministère technique et qu'on a< à la magistrature une action politique qu dénie, à tort, aux agents des Finances ( Travaux publics ; les préfets peuvent bea sur les nominations de juge de paix, mais consulte fort irrégulièrement sur les magi de leur département. 11 y aurait cependant besoin de prendre leur avis, et, souvent, la magistrature debout est considérée, dai ensemble, comme suffisamment républicai est loin d'en être de même de la magisti assise ; cette magistrature-là est bien réa naire, elle est d'un cléricalisme militant, ( aurait pour le moins grand besoin qu'on li levât l'inamovibilité dusiègepouç^ne lui 1; que l'inamovibilité du grade, ce qui perme au garde des sceaux de varier la résidenc

i38 DES PRÉFETS.

ceux qui ne se trouveraient pas dans un milieu favorable à la correction de leurs opinions. On a le tort de placer des magistrats dans des villes où ils ont des liens de famille et des relations qui leur permettent d'agir avec plus d'efficacité contre le régime qui les paie. Si leur déplacement devenait facultatif, leur influence serait vite perdue, et si les préfets étaient les vrais chefs de leur morceau de territoire et qu'on leur accordât sans disputer les déplacements de magistrats qu'ils réclameraient, les fonctionnaires de Tordre judiciaire qui se drapent dâiTs leur robe comme les prêtres dans leur soutane, qui se targuent de leur inamovibilité pour s'ar-

roger une sorte de suprématie sur ceux qui n'en jouissent pas, ces fonctionnaires reprendraient vite dans le rang la placé qui est la leur. Si aujourd'hui, le magistrat ne se sent pas indépendant du Préfet, cela vient de Tautorité que ce dernier tire de l'article 10 du code d'instruction criminelle. Cet article sans lequel on devrait

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