INTRODUCTION XVII
après la publication de livres composés avec un si merveilleux talent sont uniquement la conséquence du mouvement intellectuel provoqués par ces livres chez quelques esprits cultivés. Mais ce ne sont pas ces écrivains, tous étrangers à l'administration, qui nous expliqueront comment ce savant mécanisme, œuvre de tant de générations d'hommes d'Ëtat, agissait sur l'ensemble de la société jusqu'aux classes les plus humbles et sur les points les plus éloignés des centres littéraires ; comment Louis XYI le détourna de son fonctionnement naturel, puis le brisa ; comment enfin par là ce malheureux prince détruisit la base même de son gouvernement. Ce ne sont pas ces écrivains qui peuvent nous apprendre à connaître une organisation administrative que la Convention et le Directoire ont eu le malheur de ne pas posséder et qu'ils ont vainement cherché à remplacer par des commissions temporaires, par des missions momentanées de représentants, par des épurations de corps électifs, enfin et surtout par la peur.
Heureusement pour nous l'éducation politique de la nation est plus avancée qu'alors, et les Républiques de 1848 et de 1870 ont eu la sagesse de conserver à la tête de chaque département l'institution puissante que la monarchie avait mise à la tête de chaque province au commencement du xvii' siècle; au milieu des règlements sans nombre qui se multiplient et changent, les mêmes principes fondamentaux restent immuables, et,