INTRODUCTION IX
paiement de la taxe imposée sur les nobles qui ne se seraient pas rendus à la convocation du ban et arrièreban (1). Du moment où Ton ne convoquait plus le ban et arrière-ban, l'exemption de la taille au profit des nobles ne pouvait s'expliquer que par la routine. Louis XIV et Louis XV n'osèrent pas supprimer ces abus, mais ils remédièrent en partie à ses inconvénients par la création de la capitation et des vingtièmes. La capitation, imaginée par le gouvernement de Louis XIV, était payée par les privilégiés comme par les taillables, et, pour les privilégiés, elle était d'autant plus considérable que leur situation honorifique était plus élevée. Les vingtièmes, qui étaient comme la taille un impôt sur le revenu, étaient payés sans distinction d'après les mêmes tarifs et par les nobles et par les roturiers. Les vingtièmes datent de Louis XV et de l'année 1750. A l'avènement de Louis XVI on levait deux vingtièmes et quatre sôus pour livre du premier. En 1782 ce prince, suivant l'exemple que Louis XV avait donné deux fois, établit un troisième vingtième pour subvenir aux dépenses de la guerre. Si l'on voulait arriver progressivement à la suppression du privilège, il est clair que les vingtièmes étaient le genre d'impôt direct au- ^quel il fallait s adresser pour subvenir à l'accroissement incessant des dépenses de l'Etat. Au* contraire, quand en 1786 on reconnut la nécessité de remplacer défmi-
(4) Archives de TAube, B. 6. Le ban était formé des vassaux immédiats du Roi, rarrière-ban des arrières-vassaux.