‹ L'administration des intendantsChapitre 6 sur 60 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

tre des Etats-généraux et par eux de la France, supprima de fait le Parlement en lui ordonnant de rester en vacances; bientôt il lui ôta jusqu'à Texistence nominale qu'il lui avait laissée. Personne ne s'en étonnera. Mais par quelle aberration Louis XYI, débarrassé par son grand-père du corps judiciaire frondeur et privilégié qu'on appelait le Parlement, avait-il pu songer à le rétablir, investissant ainsi du droit de contrôler ses actes un groupe d'hommes intéressé au maintien des inégalités factices dont le développement* historique de la nation française exigeait la suppression ?

A côté des courtisans paresseux et brillants, spirituels et ineptes que Louis XYI écouta trop souvent, les administrateurs laborieux qui continuaient dans l'obscurité des bureaux la vieille tradition de la monarchie voyaient sans illusion la vérité. A l'époque où Turgot faisait des efforts inutiles pour obtenir la suppression de la corvée des grandes routes, l'intendant des finances Trudaine lui écrivait confidentiellement : «

a Louis XV a eu un moment de considération, c'est » celui où il a parle avec fermeté au Parlement ; et » cependant on lui avait fait dire des choses bien bêtes » et bien fausses ; » puis prévoyant l'insuccès des tentatives réformatrices de Turgot, Trudaine ajoute : « Si ce malheur arrivait, je crois que l'autorité du roi » est perdue pour tout son règne (1). » Bientôt écri-

(4) Vignon, Etudes historiques sur (administration des noies pubtiques, t. III, 2* partie, p. 4S0.

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