‹ L'administration des intendantsChapitre 8 sur 60 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

lieu de faire lui-même les réformes, il conféra le pouvoir de les exiger à ceux que son refus de les accorder avait le plus irrité contre lui. 11 commença par créer dans toute la France un réseau d'assemblées municipales, d'assemblées d'Elections, d'assemblées provinciales où il donna au Tiers-Etat une représentation égale ou supérieure en nombre à celle des deux autres ordres réunis : par conséquent le Tiers-Etat votant avec ces deux ordres annula leur influence ; D'autre part Louis XYI, chargeant ces assemblées d'administrer elles-mêmes et non de contrôler, leur conféra la plus grande partie des pouvoirs dont les Intendants étaient investis (1). L'installation de ces corps administratifs nouveaux, opération aussi grave que maladroitement conçue, commença en 1778, et se termina en 1788 à la veille des Etats-généraux. Les Etats généraux trouvèrent dans les assemblées provinciales, qui votaient déjà sans distinction d'ordres, le modèle d'une organisation égalitaire à joindre au pouvoir absolu dont, par la force des choses, ils furent immédiatement saisis. Et le but que poursuivait Louis XYI était de maintenir dans son royaume la traditionnelle mais illogique inégalité des conditions qu'il considérait comme une des bases de la société française! C'est ainsi qu'au lieu de réformes, la France eut une révolution.

0) Isambert, t. XXV, p. 354 et suivantes; t. XXVI, p. 75, 408, 448, 207, 302; t. XXVII. p. 64 ; t. XXVIII, p. 366 et suivantes.

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