PLAN
donc n'user des comparaisons qu'avec réserve ; et par exemple les analogies qui peuvent exister entre les magistratures financières de Delphes et celles qui ailleurs avaient le même titre ou les mêmes attributions ne nous paraîtront pas à elles seules des arguments décisifs. Si nous considérons, nous aussi, la séparation des caisses comme un fait démontré, ce ne sera pas simplement parce qu'elle est prouvée à Athènes et à Délos ; nos textes nous auront formellement permis de Taffirmer. Je voudrais que cette étude, sans s'interdire les rapprochements qui peuvent y jeter quelque lumière, restât avant tout un sommaire précis de ce que nous savons sur les finances sacrées à Delphes pendant le iv® siècle et sur les collèges qui les administraient. Il est du reste inévitable, d'après ce qui a été dit plus haut, qu'elle ait à la fois un caractère local et international. On va le voir encore mieux, par le^ résumé du plan que j'ai à suivre.
Ce qui fait le lien matériel des divers organes dont se compose une administration financière quelconque, et en même temps l'unité d'une étude sur cette administration, ce sont les fonds qu'elle manie. Il faut donc essayer de suivre, autant que possible, l'histoire de l'argent depuis le moment où il est entré dans les caisses sacrées jusqu'à celui où il a été versé aux mains des entrepreneurs, des architectes, des ouvriers, etc..
Comme l'on a affaire à des espèces sonnantes, on énumérera d'abord les diverses sortes de monnaies qui se sont rencontrées dans le trésor du Dieu, et on indiquera les sources différentes qui l'ont alimenté à cette époque (chap. i).
Ces revenus, quelle qu'en fût l'origine, rentraient dans les caisses confiées à la garde du conseil delphique. Une commission spéciale de ce conseil était chargée des finances : c'est celle des prytanes qui veillaient à la rentrée des fonds et laissaient sortir les sommes nécessaires aux paiements (chap. n).
Pour les recettes, ils sont assistés par les collèges internationaux ; pour les dépenses, l'ordre de ces mêmes collèges est nécessaire. Dans Thistoire des collèges internationaux il faut distinguer deux périodes :
La première s'étend de 369 à 339. Les naopes sont les seuls intermédiaires entre le conseil de Delphes et les entrepreneurs (chap. ni).
A partir de 339, s'interpose entre le conseil et les naopes
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une autre commission internationale, celle des trésoriers (chap. iv).
Dans Tune comme dans lautre de ces deux périodes, les maniements de fonds jusque dans le détail le plus minutieux sont soumis au contrôle d'une assemblée dont Tautorité est supérieure à celle de tous les collèges énumérés : Tamphictyonie (chap. v). Tous les documents que nous possédons attestent son intervention souveraine en matière de finances.