‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 118 sur 138 · DURÉE DE LEURS FONCTIONS · texte numérisé non relu

DURÉE DE LEURS FONCTIONS

souvent possible son personnel amphictyonique ^ tandis qu'Alexandre a conservé les mêmes hiéromnémons pendant une série d'années. Cela même prouve qu'il n'y avait pas une loi absolue. L'irrégularité qu'atteste le nom d'Apemantos sous deux archontats est surtout intéressante en ce qu'elle apprend un détail nouveau sur une des institutions athéniennes les moins bien connues : c'est une exception à la règle qui voulait que cette charge fût tirée au sort au début de chaque année ^. Mais dans d'autres cités il n'en était sans doute pas de même. Sans faire d'hypothèses sur des constitutions que nous ignorons, on peut penser que, si les ^nianes ou les Achéens Phthiotes ont les mêmes délégués au conseil fédéral pendant une série de sessions; si d'autres, comme les Magnètes sous Philippe, font revenir à des intervalles irréguliers des personnages qui ont déjà siégé plusieurs fois à l'amphictyonie, la raison en est la même : c'est que, chez tous ces peuples, à Olizon des Magnètes ou à Ktimena des Dolopes ^ le personnel politique n'était pas indéfiniment renouvelable ; les hommes capables de ces fonctions y étaient sûrement moins nombreux qu'à Thèbes de Béotie ou qu'à Athènes.

Il est donc impossible, pour l'époque que nous étudions, d'établir sur ce point une règle fixe. Si les mêmes hommes sont restés longtemps en fonctions ou, après des interruptions, revenus à plusieurs reprises, on est autorisé à y voir parfois le succès d'un plan concerté, le désir de suivre et de faire triompher une politique à effets lointains. C'est une manière de revenir aux hiéromnémons thessaliens, présidents de l'assemblée fédérale, wavTa xpiiTovTeç uTuàp 4>tÂt7:7:ou. Mais, pour eux presque autant que pour les autres, une certaine tradition était nécessaire, une expérience des grandes affaires et en particulier une pratique des affaires de finances, que les Athéniens pouvaient acquérir chez eux, que les représentants des petits peuples n'acquéraient qu'à Delphes, quand ils avaient géré pendant plusieurs sessions la fortune du Dieu et dirigé l'administration du sanctuaire.

1. Encore sous Aristonymos, ses deux représentants changent d'une session à lautre de 1 archontat. Mais ceux du printemps paraissent être revenus à l'automne sous Palaios, et Theodoros avait déjà siéjfé sous Peithagoras.

2. Cf. les textes cités par Blirgel, die pyl. delph. Amphikt., p. 11 i, n. 11 et 12.

3. Olizon, BCH^ XXVI, p. 506; Ktimena, ibid., p. 477 et à lappcnd.

154 LES AMPHICTYONS

En effet ce qui, au cours du temps, est devenu Tobjet essentiel de l'activité amphictyonique, c'est le souci des biens sacrés et Tentretien des deux sanctuaires fédéraux. Le serment des hiéromnémons les oblige è poursuivre et à châtier rigoureusement tous ceux qui mettraient en culture le domaine du Dieu ou qui pilleraient ses richesses. La cité ou le particulier qui manquerait à cet engagement tomberait sous le coup des imprécations les plus terribles. C'est donc que la bonne administration de la fortune sacrée, le soin de la faire valoir le mieux possible, réconomie et la gestion scrupuleuse sont les premiers devoirs des amphictyons.

Ce rôle de l'assemblée fédérale, le plus important au point de vue d'où nous l'étudions, apparaît nettement au vi* siècle. Le temple de Delphes fut détruit par un incendie en 548 : les hiéromnémons décidèrent la reconstruction, ils eurent à rassembler les ressources qui devaient rendre le travail possible et à confier l'œuvre aux entrepreneurs sans doute le mieux qualifiés pour la mener à bonne fin.

Nous avons peu de détails sur l'histoire de Delphes à ce moment. Encore cette histoire était-elle embarrassée de données imaginaires qui, presque deux siècles après, l'avaient transformée K II est impossible de mettre en parallèle les quelques lignes d'Hérodote et les textes qui nous ont fait connaître la comptabilité du sanctuaire pour le iv*^ siècle. Ce sont plutôt ceux-ci, avec les renseignements précis qu'ils ont apportés, qui pourraient faire mieux comprendre comment les choses se sont passées après 548. Mais on est frappé tout d'abord de deux différences essentielles. En premier lieu pour la provenance des fonds employés. L'expression dont Pausanias se sert en parlant du temple dont Spintharos fut

1. Les deux textes essentiels sont empruntés à Hérodote: II, 180 et V, 62. C'est le mérite de M. Pomlow d'avoir, dans l'appendice III de son article sur les incendies du temple {Rhein. Mas. LU, p. 10r)-12 i, les Alcméonides à Delphes) institué une discussion serrée sur tous les textes où la légende dénij^rante, forj;ée par les Alliques du iv siècle, était suivie ; d'avoir montré comment Aristote lui-même ; AO. -oX., 19, i) a pu l'accepter en grande partie: et d'être revenu simplemenl A la tradition plus ancienne, moins riche en détails perscuinels et « humains », mais authentique. qu'Hérodote avait recueillie à Delphes même.

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