Cf. ch. II, § 2, p
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ser le produit d'un revenu que pour en tirer les fonds destinés à payer certaines dépenses, par exemple à faire face aux demandes des naopes.
Ici c'est par le compte sur le fonds de dépôt qu'il faut commencer : c'est celui où les hiéromnémons apparaissent le moins. Leur autorisation a pourtant été nécessaire au début pour permettre de constituer une caisse spéciale où une partie du produit des souscriptions était déposée au nom des naopes. A partir de ce moment, on peut dire que la ville n'est plus responsable de ces fonds qu'à l'égard des naopes. Et en effet à tous les retraits, c'est entre la cité et les naopes que se font les opérations. Mais Tamphictyonie n'a pas perdu, par l'autorisation une fois donnée, le droit de gérer cette petite portion de la fortune sacrée. Après une interruption de dix ans, on décida d'ouvrir de nouveau ce compte ; c'est dans une séance de l'assemblée fédérale que la mesure, étudiée par une commission extraordinaire, fut discutée et adoptée. Le résumé de cette séance, èveçaviÇOy; tsT; UpoixviiAocjiv cii-oAcva, prouve que l'amphictyonie vérifia d'une part les versements du conseil sur le fonds de dépôt , de l'autre les retraits des naopes sur le même fonds et qu'elle trouva les deux séries d'accord. C'est ainsi qu'elle autorisa de nouveaux retraits sur ce fonds.
Mais ce n'est pas seulement en des cas exceptionnels qu'on l'aperçoit. Si le conseil était dégagé à l'égard de l'amphictyonie et n'était responsable de ce fonds qu'envers les naopes, les naopes en étaient responsables, eux, envers l'amphictyonie. A la reprise de leurs comptes de dépenses, sous Damoxenosautomne, le nom de l'archonte delphien n'est là, avec l'indication de la pylée, que pour donner la date, mais la formule : '.£po|jLva|jLOv£6vT(i)v TwjjL {jLSTi KoTTu^o'j xai KoXoa([JL[jLou rappelle que l'emploi de toutes leurs entrées de caisse, qu'elles proviennent du fonds de dépôt ou qu'elles aient été tirées d'une autre des caisses sacrées , est toujours soumis au contrôle du conseil suprême.
Pour ces sommes tirées des autres caisses et qui sont de beaucoup plus considérables — le fonds de dépôt n'a fourni que dix talents à la reconstruction du temple — , elles sont délivrées à chaque session par le conseil aux naopes, mais ici à chaque session les vingt-quatre hiéromnémons sont énumérés. Les comptes du conseil, sous Chairolas, Peithagoras et Aristonynios, commencent par la liste des prytanes que
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suit la liste amphictyonique entière. C^est qu'ici la responsabilité des prytanes n*a pas été dégagée. Ils doivent compte à Tamphictyonie d'abord des fonds remis aux naopes pour le temple, puis des fonds versés aux entrepreneurs des Pyles et à ceux qui avaient exécuté à Delphes tous les travaux de construction, de réparation et d'entretien autres que ceux du temple. Pour ces entrepreneurs, la gravure du paiement qui leur avait été fait était la copie du reçu qu'ils avaient délivré. Pour les naopes, on devait se reporter à leurs comptes de dépenses si Ton voulait trouver la preuve que les sommes à eux remises avaient bien été employées. Et dans ces comptes encore, mais après que l'on avait passé par un intermédiaire de plus, la série des versements faits aux fournisseurs et aux entrepreneurs du temple était la suite des reçus qui dégageaient définitivement les naopes.
Fondé par l'amphictyonie, le collège international restait sous sa dépendance comme suffirait à le prouver, même en l'absence des comptes, ce fragment d'inscription * où, à côté du nom des naopes, se trouve le mot o6y\kx, c'est-à-dire la preuve que l'ordonnance a été rédigée et promulguée par les hiéromnémons. On a vu pourtant que, en dépit de ce contrôle attentif, la comptabilité des naopes ne répondait pas à ce que nous entendons sous ce mot d'exactitude et de rigueur. La faculté de retirer de plusieurs caisses les fonds dont ils avaient besoin, a été le principe de discordances entre les diverses séries de textes financiers, et si pour le redire encore je crois qu'il n'y a pas eu d'irrégularités volontairement commises, j'avoue qu'elles étaient très possibles, surtout avec des hommes ayant la pratique des affaires. Les amphictyons ont dû s'apercevoir à la longue que les naopes avaient trop de liberté dans leurs démarches. Ce n'est pas sans doute la seule cause qui les a décidés à créer un collège nouveau ; mais si on leur a suggéré l'idée de la réforme, c'est sûrement cette raison que l'on a fait valoir avant tout.
Les trésoriers, qui formèrent une amphictyonie uniquement financière, étroitement subordonnée à l'autre, inaugurèrent le contrôle régulier et, tout au moins pour les dépenses, l'unité de caisse. Ils tenaient la comptabilité générale, et non pas du seul sanctuaire pythique, mais des deux sanctuaires