‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 15 sur 138 · P. ex. BCH, XXIV, p · texte numérisé non relu

P. ex. BCH, XXIV, p

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recette une iTCixaTaXXay*^ de 95 statères, c'est-à-dire de 190 dr. K On ne s'expliquerait pas ce change d'une drachme par darique si Ton n'admettait pas, avec M. Keil, que les trésoriers ont évalué les dariques de deux manières différentes : d'un côté, d'aprèsla proportion 7 : 1 0,1 4dr. égin. = 20 dr. att. ; del'autre, d'après la proportion 3 : 4, 15 dr. égin. = 20 dr. att. Le procédé semble étrange - et laisse entrevoir que, sous Tapparente régularité du contrôle, il pouvait se glisser au moins des inexactitudes, s'il était permis d'apprécier la même somme au même moment de deux manières si différentes. Mais c'est le seul moyen de rendre compte du bénéfice réalisé en fait par les trésoriers.

Il faut enfin mentionner une troisième proportion que les listes des contributions offertes par les fidèles nous permettent d'établir entre ces deux monnaies ^. Elle se tire de la parité 2dr. att. = Idr. ég. 2 ob. = 8 ob. égin. C'est donc 2: 3. Mais elle n'était applicable qu'à la réduction des petites sommes, où elle avait pour unique objet d'éviter les fractions d'oboles. Jamais elle n'a été employée dans la réduction des sommes considérables, où nous retrouvons le rapport 7:10, avec les modifications qu'apportait le cours du change.

Si les amphictyons avaient pensé assurer la fortune du Dieu contre toute fluctuation par la nouvelle frappe, les faits prouvent que leur espoir a été bientôt trompé. Ici nous devons nous arrêter aux deux opérations financières auxquelles il a déjà été fait allusion, la conversion en attique de nouvelle monnaie amphictyonique sous Dion et de vieil éginétique sous Caphis.

1. BCH, XXIV, 464, 1. 5-8: tôjv Bapeixwv Ttov eiç toù; aTC^avou;, ou ly pTjaajjLeOa rapà TtSv ::puTavi<ov *OX[u{jLnà]B'. — restitution de Keil — , 8ap£iztov âxaiôv £v6VT[xovTa, ènxaTaXXaY?) lyévÊTO aTaTfjpEç âvevrjxovTa 7:ivT£.

2. Je dois dire qu'il a paru tout à fait inadmissible à M. T. Reinacli. II a bien voulu me mettre en garde contre les conséquences qu'on pourrait être tenté de tirer de textes trop mutilés (comme celui de Theon, BCH, XXIV, p. 47 S, l. 7-8, et 475, 1. 28) : les restitutions ne sont pas sûres et je ne donnerais plus aujourd'hui ce document comme une preuve que la double valeur pour le darique (7 st. égin. et 7 l/2j a coexisté à Delphes au même moment. Mais, pour le bénéfice eiTectivement réalisé par les trésoriers sous Caphis et qui est annoncé par les mots STTixaTaXXayr) èy^veto, l'explication par l'alliage que j'avais proposée autrefois p. 467-468) ne me paraît plus satisfaisante. J'ai donc repris la théorie de M. Keil et l'on verra plus loin, par certains détails de la gestion des naopes, que le bénéfice sur les dariques n'est pas le seul procédé qui nous semble étonnant dans cetle comptabilité.

3. Cf. p. ex. BCIIy XXVII, p. 15-16, 1. 57-60 '• àTTixou ^pay[xà;T£'jaap'7;, tojtou aîvivaîov 8pa)r[jLai Ôuo, ô6oXol TÉ'JaapE;.

Dans le premier cas ^, les trésoriers se procurent 45 tal. 18 mines 53 dr. 2 ob. de monnaie attique en déboursant 44 tal. 18 m. 15 stat. de monnaie amphictyonique. Ils ont donc donné 186.090 dr. ég. de la nouvelle frappe pour recevoir, non pasles 265.842 dr. att. 5ob. que le rapport? : 10 nous faisait prévoir^, mais en réalité 271.853 dr. att. 2 ob. La différence, soit 6.010 dr. att. 3 ob., représente évidemment le change, qui est ici à l'avantage des trésoriers, parce que la monnaie nouvelle a une plus-value, naturellement sur l'ancienne, mais aussi sur Tattique. 11 est de 2,26 ®/o.

Dans le second cas-^ les trésoriers doivent verser aux naopes sur Tordre des amphictyons, 20 tal. éginétiques. Pour une raison qui n'est pas indiquée, probablement parce que les naopes ont eu besoin de monnaie attique en vue des paiements qu'ils devaient effectuer'*, les trésoriers leur ont remis 18 tal. att. 40 mines. Si nous appliquons ici le rapport commercial 3:4, aux 84.000 dr. égin. qu'ils devaient débourser correspondent exactement les H 2.000 dr. att. (= 18 tal. att. 40 m.) qu'ils ont en fait remises aux naopes. Mais le texte ajoute formellement que cette opération avait donné lieu à un agio : le montant du change , â-'.xaTaXXav*^ , c'est-à-dire la différence entre la somme qu'ils auraient dû débourser et celles qu'ils versèrent en réalité, put être considérée par les trésoriers comme une économie. C'est la proportion 7:10 qui nous fera connaître cette différence. Aux 84.000 dr. égin. correspondent alors 120.000 dr. att., soit 8.000 dr. att. de plusque la somme

1. Voici l'opération du change telle que la donne le texte /JCfT, XXIV, p. 143 1, 39-43:

. . . EYÉvgTO, SX TaXàvTfov àjjLÇixTuovixou àpiOjjLtoi Tsa^apâxovxa leaaaéptov xal {J.VOJV Ôéxa oxtoj xal aTaTr[prov 8c'xa Tiévre, aTTixoij àpiO(jL(oi xaXavta TeaaapotxovTa 7:êvt£, {ivaî os'xa oxtco, Bpayjjial "evTTJxovTa toeî;, 65oXol ôuo.

2. Il est impossible d'appliquer ici le rapport 3 : 4. On obtiendrait entre les deux sommes d'argent attique une difTcrence de 23733 dr. 2 ob., c'est-à-dire un change de presque 10 "/o, tout à fait inadmissible.

3. liCH, XXIV, p. 461, 1. 13-15 - xeXsuaàvKDV Tfov Upo(xvr)aov(.)v 8ouvai TotXavTa aîyivaiou Eixoat, sôtoxau-sv aTitxoC» laXavra ôéxa oxt^ô, [xva; Tsaaapâxovxa. tÔ Se aXXo ETrixaTaXXayTj êyevsto.

4. Le chiffre de ce qui reste en caisse aux trésoriers après les paiements de cette session {ibid., p. 465, I. 46-53; montre qu'ils n'auraient pas eu assez d'ancien éginétique pour exécuter l'ordre des amphictyons. Mais d'autre part ils se sont démunis de presque tout l'attique (ju'ils avaient en caisse. Il semble donc qu'il y ait eu. à ce versement elTectué en atti(|ue, une double raison : les naopes avaient besoin de cette monnaie pour leurs paiements, et les trésoriers ont réalisé, pour la caisse qu'ils géraient, un bénéiice plus grand que s'ils avaient changé de la monnaie neuve.

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réellement touchée par les naopes. Ces 8.000 dr. sont le prix du change. Le taux que Ton devait payer quand on donnait de la vieille monnaie éginétique, dont le commerce ne voulait plus, pour avoir de la monnaie attique, est de 6,66 °/o.

Mais, on vient de le voir, les trésoriers qui devaient justifier aux amphictyons d'un versement de 20 tal. éginétiques n'ont marqué dans leurs dépenses que 18 tal. 40 mines et dans le total des sommes payées par eux *, il n'est plus spécifié si ces 18 tal. 40 m. sont d'argent attique. Ils paraissent donc avoir réalisé une économie de i tal. 20 mines. C'est que, malgré les différences que le change atteste entre l'ancien éginétique et Tattique d'une part, de Tautre entre l'attique et l'amphiclyonique, pourtant quand on arrive aux totaux l'équivalence des talents et celle des mines dans les trois sortes de monnaies continuent à être admises d'après le compromis institué par les amphictyons.

Les totaux sont donc fictifs, et ils ne peuvent pas ne pas l'être. La plupart des conversions, au cours des calculs, avaient eu lieu d'après le rapport 7 : 10 ; mais on a vu aussi et en même tempslaproportion3: 4en usage. Enfin, si Ton eût réalisé, il eût fallu calculer le change auquel devaient donner lieu deux des sortes de monnaies, si l'on prenait la troisième, l'amphictyonique, pour la normale. Aussi devait-on être tenté d'évaluer les sommes de la manière qui ferait ressortir le plus avantageusement l'administration de tel collège (les deux exemples, change des dariques et change de l'attique sous Caphis, le prouvent pour les trésoriers). On comprend que les irrégularités aient été possibles -. La nouvelle monnaie n'a fait que compliquer les calculs et multiplier les chances d'erreurs.

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