‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 16 sur 138 · BCH, XXIV, p · texte numérisé non relu

BCH, XXIV, p

2. Cette idée a été indiquée par M. Keil, L. /.. p. 522, dont l'impression personnelle venait, semble-t-il, confirmer un soupçon que j'ai eu plusieurs fois et que j'ai nettement exprime, en publiant le compte d'Aristonymos : cf. BCfl^,XXVI,p. 14-15. Le grattage de cette inscription et les quatre lignes récrites ne prouvent pourtant pas que l'on ait donné aux naopes une certaine somme à la session de printemps : il ne leur eût pas été possible d'en faire disparaître la mention sans la complicité de l'amphictyonie et du conseil. Et de même pour les traces de corrections dans les calculs de totaux que présentent les comptes des trésoriers fDamochares, et fragm. incd. 221). Elles sont le meilleur témoignage (jue cette complication de calculs qui nous étonne, les trésoriers en avaient éprouvé les inconvénients dans l'évaluation de leurs totaux. Je crois, et on le verra mieux dans la suite, que des irrégularités ont été possibles, je ne peux pas alTirmer qu'il y en ait eu réellement.

Ces deux sortes de numéraire ne sont pas les seules que l'on ait connues à Delphes au iv® siècle, puisque les Grecs de tous les pays ont envoyé ou apporté au Dieu leurs offrandes dans la monnaie qui leur était habituelle. Mais, outre que les listes de ces contributions nous sont parvenues en fort mauvais état, 1 eginétique et Tattique sont bien les deux espèces essentielles auxquelles on ramenait les autres, et les deux seules que Tadministration financière ait employées dans ses comptes. Si plusieurs plaques avaient été conservées intactes de cette longue série qui comprenait les catalogues d'offrandes monnayées, nous pourrions dresser un tableau plus complet. On doit se contenter de signaler, à titre de curiosité, une drachme de Rhodes, et les nomoi italiotes envoyés par les habitants d'Héraclée en Grande Grèce ^

L'énumération des monnaies d'or est aussi très courte, et pour la même raison. On relève bien parmi les restes des souscriptions quelques statères d'Abydos et de Cyzique, des hectés de Phocée 2, mais le philippe et le darique sont les seules pièces dont nous ayons à dire un mot. Et il faut rappeler, une fois de plus, que la monnaie d'or, même quand on la constate en abondance à Delphes, parait n'avoir été employée dans les opérations financières que d'une manière exceptionnelle. L'expédition d'Asie fit certainement affluer Tor en Grèce : nos textes en donnent de nouvelles preuves, avec les dariques donnés par Olympias pour qu'on ornât de couronnes d'or les statues du dieu •^, et les calculs de dariques que le texte incomplet de Theon laisse entrevoir ^. Dans les années antérieures, les occasions sont plus rares où l'or apparaisse pour payer les dépenses de l'administration sacrée. Elles ne manquent pourtant pas. Sous Dion, les naopes demandèrent de l'or pour leurs achats de bois de cyprès, et les trésoriers leur donnèrent 150 philippes ^. Donc il y en avait au moins ce chiffre, et probablement davantage, dans les caisses. La provenance en doit être cherchée dans les contributions et les

1. BC1L XXVII, p. 31-32. Cf. B. Keil, Hermès, XXXIX, p. 651-653.

2. BCIf, XXVII, p. 26. Cf. B. Keil, Hermès, XXXIX, p. 649-651.

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