‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 22 sur 138 · Cf. p. -JS, n. I · texte numérisé non relu

Cf. p. -JS, n. I

». Cf. lUJII, X\I, p. i"9 ; t/>i(i., XXIV, p. 13T, i6s, iTti, uu a vu que ce <|ui

LKS FERMAGES. — LES SOUSCHlFllONS 31

Que ce revenu soit monté à 2.420 ou à 4.840 dr., c'est, parmi les ressources sur lesquelles peut compter Tadministration pythique, la moins considérable. On en voit aisément la raison. A ce moment, après les deux guerres sacrées, si peu de temps après celle dWmphissa dont le prétexte avait été précisément la mise en valeur de la plaine crisséenne, on devait faire respecter de nouveau avec plus de rigueur les prescriptions religieuses. La loi ancienne voulait que le domaine du Dieu restât improductif. Les terres pour lesquelles nous voyons payer ces faibles redevances sont des parcelles que Tamphictyonie, au nom d'Apollon, avait provisoirement aliénées K Elles faisaient toujours partie du territoire sacré, mais, pour des motifs que nous ignorons, une exception avait été admise, que spécifiaient sans doute les contrats et les baux.

Ce sont les revenus extraordinaires qui ont vraiment permis de reconstruire le temple. Il ne faut pas s'attendre, même ici, que toutes les questions recevront une réponse précise. Du moins pouvons-nous résumer ce que plusieurs séries différentes de documents nous apprennent, d'abord sur les souscriptions et les collectes des villes et des particuliers, ensuite sur les versements de l'amende à laquelle les Phocidiens furent condamnés en 340.

Comme au vi*" siècle on lit appel à la générosité des fidèles. De Sélinonte à Phasélis et de Naucratis à Chersonésos, les habitants de la Grèce propre, des îles, de l'Asie Mineure, les colons de la Grande Grèce, de T l'Egypte et du Pont que les instructions du Dieu pythien avaient autrefois lancés jusqu'aux extrémités du monde, répondirent, chacun selon ses moyens. Les cités envoyèrent des contributions collectives qu'apportaient h Delphes des personnages considérables. Les

parait avoir été une règle habituellement suivie admet pourtant quelques exceptions.

1. Cf. un cas analogue, pour une époque plus récente, il est vrai (178av. J.-C), BCIf, VII, p. 428, I. 19-30: les amphictyons décident qu'une partie du domaine sacré sera employée à l'entretien de ses troupeaux : Ta; îepà; /wpaç u;ràp/eiv TÔ;:ov taîç UpaTç pdoi; xat iTinot;, etc.

32 NATLRK ET ORIGINK DES FONDS EMPLOYÉS

quêtes à domicile recueillirent les offrandes les plus minimes. Il y eut, pendant une longue série d'années, un élan dont on ne peut se rendre compte aujourd'hui qu'imparfaitement, parce qu'il n'est resté, de toute la suite des listes où les donateurs étaient énumérés, que des débris '.

On voit pourtant, même dans ces fragments mutilés, le prestige qui enveloppait encore le siège de l'oracle et le temple '^: panhellénique dont la pensée revenait avec force aux heures graves de la vie nationale. Encore chez les Doriens du Péloponnèse, et dans les Etats de la Grèce propre, pouvait-il y avoir une arrière-pensée politique quand on insérait dans les grands traités une clause relative au temple ^. Chez les Grecs des îles, de l'Egypte ou de la Sicile, la piété était sans doute plus désintéressée. C'est bien pour l'éclat dont devait resplendir le sanctuaire qu'ils voulaient tous contribuer à rebâtir à leur Dieu une demeure digne de lui.

Il n'était pas nécessaire en effet qu'un morceau de ces listes 3 portât la mention tzot tov vasv. On pouvait deviner sûrement, sans cette preuve expresse, à quel emploi étaient destinées toutes ces sommes, si variables en importance. Quand le gros œuvre du temple fut fini, le produit des souscriptions continua quelque temps encore à affluer : on voit sous Megacles, c'est-à-dire vers la fin du iv^ siècle, l'administration du sanctuaire encaisser les offrandes apportées au nom de quelques cités. C'est que la décoration du temple n'était pas achevée et qu'il fallait non seulement entretenir la construction, mais la compléter par la colonnade intérieure en marbre dont on connaît les restes et par le toit, probablement aussi en marbre, que l'on voit payé beaucoup plus tard^.

Dans les débuts de la série, les offrandes sont divisées en deux classes. Ou bien elles sont envoyées par des cités seulement, et annoncées par la formule singulière : laiSs tôcv TroXtwv Y^^vixav to boekoj toD osuTsps'j ; ou bien elles sont apportées au nom de cités et de particuliers, à titre d'è^ap^/ai. Si le sens de ce dernier mot est clair, l'expression par laquelle on

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