‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 23 sur 138 · liCII, XX VII. p. 3i, col. I, 1. lô · texte numérisé non relu

liCII, XX VII. p. 3i, col. I, 1. lô

i. BCII, VI. p. i'ùH, n. 91, 1. r..

LES CONThiBUïIONS DES FIDELES 33

désigne la première catégorie des offrandes parait malaisément explicable. Il me semble encore * que les mots tou BsuTepou n'indiquent pas l'entier dont Tobole serait une fraction. C'est plutôt un numéro d'ordre : les cités dont la contribution parait avoir été fixée expressément au congrès de 371 s'engagèrent sans doute quelque temps après, vraisemblablement à la réunion tenue à Delphes en 368, à doubler leur versement. Qu'elles aient pu s'acquitter par annuités inégales, c'est ce qu'atteste l'exemple de Mégare qui envoie 3.444 dr. sous -^schylos-printemps, et seulement 760 à la session suivante, celle d'automne sous Mnasimachos. Plus tard il semble que les villes aient cessé de faire apporter leurs offrandes de la première catégorie. Sous Dion, à l'automne de 336, on ne retrouve plus la formule toj cSsXoO tou SsuTépou. C'est l'autre série de redevances, Ta$£ ttoXeiç xal IStûiai £7:ap;avT0, qui a subsisté seule.

Le nom de ceux qui apportaient l'argent à Delphes, surtout quand c'était le produit de souscriptions collectives ou des dons considérables, est en général mentionné. On reconnaît parmi eux plusieurs personnages d'importance, le roi de Sparte Cléomène II, le fils de l'œkiste de Megalopolis Proxenos, des hommes qui sont plus tard devenus naopes, le Corinthien Labotas, le Lacédémonien Philolaos, ou amphictyons, le Thessalien Thrasydaos, le Magnète Philonautas, et qui débutaient ainsi dans leur rôle delphique.

Les pylées, pour la réception des offrandes, sont comptées à partir d'une date qui est, comme on le verra plus loin, le début de l'un des collèges internationaux, l'ère des naopes.

1. Je me permets de renvoyer sur ce point aux notes dont cette série de textes est précédée, BCH, XXVII, en particulier aux p. 9-10. M. Keil, Anon. Argent., p. 271, admet comme M. HomoUe {BCJf, XX, p. 695) que les mots Tou oScXoiî lou SsuTÉpou sont l'indication d'un taux, une obole sur deux entiers, cest-à-dirc, selon lui, sur deux mines, par conséquent 1/1200. Mais à Delphes deux raines ne représentent pas 1200 oboles, elles correspondent à 840 seulement. M. Keil veut bien me répondre qu'il en est ainsi dans le système delphique, que les autres cités ne l'avaient peut-être pas accepté. Sans parler de la généralisation tentée par M. T. Reinach {BCH, XXVIIÏ, p. 18-19) au sujet de la mine éginétique et de sa division en 35 statères, je ne vois pas pourquoi, même dans des séries d'offrandes étranjçères, l'administration du sanctuaire n'aurait pas calculé d'après son système propre : nous lui voyons précisément réduire en éginétique toutes les monnaies d'un autre système. Mais, de plus, je crois que le toxoç ôoayjjiiaîoç (sur une mine) n'a rien à faire ici. Quand on veut indiquer le taux de l'intérêt par rapport à la mine, on le dit expressément, du moins à Delphes : le texte de Cadys en donnera la preuve.

34 NAïCHK KT ORIGIM!: DKS FONDS EMPLOYÉS

C'est qu'en effet les naopes, expressément créés pour reconstruire le temple, ont aussi veillé à la perception des fonds qui devaient rendre les travaux possibles. Dans les listes de souscriptions les plus anciennes, aucun ipYupoXcYewv , c'esl-àdire aucun membre d'une commission de recette * n'est mentionné. Peut-être à ce moment est-ce aux naopes comme tels que Targent était remis. Plus tard, les ipYjpoXoYécvrsç figurent à chaque session en tête des listes, et tous ceux dont nous savons les noms sont des naopes, un seul fait exception ; encore ne pouvons-nous pas affirmer qu'il n ait pas été membre du collège international , dont nous ne connaissons pas exactement la composition pour l'époque où ce personnage était, à Delphes, collecteur des souscriptions ^.

Il eût été intéressant d'avoir plus de détails sur cette commission des ipyupo^oyéc^'e^. Mais en tout cas on est autorisé à croire que le rôle des naopes est ici fort important. Ils paraissent même plus indépendants que ne le sont dans d'autres cas les collèges percepteurs. En effet, que le revenu à l'arrivée duquel ils assistent entre ^ lui aussi, dans une des caisses sacrées, le chapitre suivant nous en donnera la preuve. Rien pourtant ne le témoigne dans l'intitulé, où ne figure ni la commission financière du conseil, ni le conseil amphicytonique, ni le collège des trésoriers. Pour ces derniers, à aucun moment la recette extraordinaire des souscriptions n'est passée par leurs mains : ils n'ont eu à s'en occuper a aucun titre. Quant à l'amphictyonie, s'il est étrange qu'elle paraisse n'exercer aucun contrôle sur le versement de ces fonds dans la caisse, on comprend pourtant qu'elle n'ait pas voulu imposer son autorité à des donateurs qui en principe devaient rester libres. Mais il est tout à fait surprenant que les prytanes qui, en fait, ont encaissé ce revenu comme tous les autres, ne soient pas nommés avec les apYupsXsYicvTs; en tête des listes. Il semble qu'une seule explication soit possible. C'est de l'argent international, et on veut qu'une commission internationale seule figure lors de la réception. Il n'ira pas moins dans les caisses que garde le conseil, mais les magistrats delphiens n'apparaissent pas — sauf l'archonte dont le nom n'est là que pour dater l'année — et même le collège de Tad-

1. Sur le sens que parait avoir le mot «lans les textes dclphiques, cf. BCH XXVH,p. 7, n.l.

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