LA CAISSE A DELPHES : LE CONSEIL
Le rouage local de Tadmlnistration. — 1. Nombre des citoyens ; membres du conseil; la commission financière. — 2. Rôle des prytanes et du conseil dans la perception des revenus. — 3. Leur rôle dans les dépenses. Le compte sur le fonds de dépôt. L'assemblée. — 4. Les TCwXTjT^pgç Tav Bsxatàfv.
Ces fonds, arrivés à Delphes de provenances si diverses, sont la propriété d'Apollon. Le Dieu est représenté sur la terre par un collège international qui a, tout particulièrement depuis 380, la charge de ses intérêts. Aussi le trésor sacré s'appelle-t-il xi tou ôscD xai twv â{i.çixTu6v(«)v yp-^[LOL'zaL, xi xcivi ou Ti àjjLfixTusvixà •/^pitiKOL'za. Les amphictyoïis ne viennent à Delphes que deux fois par an, xaxi iruXaiav, pour leurs deux sessions, séparées par un semestre. C'est à ces deux moments qu'ont lieu les opérations financières les plus importantes. Mais dans l'intervalle il faut que la garde des caisses qui contiennent la fortune du Dieu soit assurée.
Delphes est un sanctuaire panhellénique, mais c'est aussi une ville. Elle n'a presque pas d'existence propre, il est vrai, et les habitants ne paraissent avoir été bons, au jugement des anciens, qu'à tirer profit du culte. Mais c'est ime i:6Xiç et qui, comme les autres cités grecques, a un conseil et une assemblée du peuple. Sur l'assemblée nous savons peu de chose : il faut distinguer raycpdé des citoyens delphiens et ràxxXYîaia internationale qu'on ne peut comparer à rien : mais Yi-^opi même nous apparaît comme très rarement agissante et il serait imprudent de conclure d'un fait particulier à une analogie entière avec l'assemblée athénienne. Nous sommes mieux informés sur les attributions du conseil et en particulier de sa commission financière. Pourtant nous ne les connaissons qu'en tant qu'elles concernent le trésor sacré. Il est possible qu'à côté de ce trésor, et distincte de lui selon l'usage, la caisse municipale ait été déposée dans le sanctuaire, mais ces
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finances de la ville nous échappent. Le conseil de Delphes n'est saisissable pour nous que dans son rôle international. Bien des questions, ici encore, resteront sans réponse : du moins le rouage local de cette administration * a-t-il un rôle assez net : c est à lui, à la cité qu'il représente, icapi Tfji :u6X£i, que le dépôt des caisses est confié. Ainsi s explique un fait qui, au premier abord, étonne : le conseil de Delphes laisse sortir, sur les fonds dont il a la garde, les sommes que les hiéromnémons affectent à des dépenses déterminées, il est ainsi conduit à veiller sur lentretien des deux sanctuaires fédéraux, le sanctuaire pythique naturellement, mais aussi celui des Pyles, et sur la mise en valeur de rétablissement thermal qui est exploité dans ce second domaine amphictyonique.
Avant d'étudier en détail l'activité de la gcuXa delphique, il faut rassembler ce que les textes nous apprennent sur la composition de ce conseil et la commission particulière qui s y occupe des finances.
S'il est difficile de dire exactement combien de citoyens libres vivaient à Delphes au iv® siècle, du moins on connaît les deux limites, inférieure et supérieure, entre lesquelles on doit chercher ce chiffre. Déjà, en étudiant les ruines de la ville ancienne, M. Foucart^ était arrivé à cette conclusion que la population en avait dépassé certainement de beaucoup les deux cents familles qu'il y trouva lors de ses fouilles. M. Pomtow essaya de prouver qu'il n'y avait pas eu plus de 800 ou i.OOO citoyens '^ Un texte nouveau confirme presque
1. Ce caractère local n'est pas continrent et fortuit. Nous ne pouvons aujourd'hui nous représenter Delphes sans le sanctuaire qui a fait sa ^loii^e. Au IV* siècle les liens étaient depuis longtemps trop étroits, resserrés par les prospérités et les malheurs communs, pour que Ton considérât comme possible rétablissement du Dieu avec ses richesses en un autre point de la terre. Mais surtout au moment où la nouvelle jcénération divine des Olympiens était arrivée à l'empire, c'est l'arrêt du destin qui avait fixé Apollon et son oracle dans ce repli du Parnasse, au point précis où étaient arrivés ensemble les deux aigles qui, des deux extrémités du monde, s'étaient élancés à la rencontre l'un de l'autre.