‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 37 sur 138 · TÎC//, XXIV. p. i6:). I. 5i-a · texte numérisé non relu

TÎC//, XXIV. p. i6:). I. 5i-a

LES PRYTAiNES Et LES REVENUS 49

pour lequel nous n'avons aucune explication : il est difficile d'admettre ici une de ces listes abrégées qui pouvaient suffire à Elatée ; d'autre part le soin qu'on a eu de noter que Tun des six en remplaçait un autre, lequel avait siégé à Tautomne, exclut rhvpo thèse d'un oubli commis par le graveur. Il est certain qu'après cette exception on est revenu dès l'année suivante* à la règle, et le nombre des prytanes a été régulièrement de huit.

Le conseil au complet comprenait donc quarante personnes. Si Ton appliquait ici la proportion qui existait à Athènes entre les oOO membres du conseil et les 20.000 citoyens, on obtiendrait le chiffre de 1.600 Delphiens libres, qui dépasse sûrement le double du chiffre réel.

Jusqu'ici nous avons dû nous contenter, pour résumer les attributions du conseil en matière financière, de cette formule générale : la cité est représentée par le conseil, le conseil luimême est représenté par sa commission des finances. 11 faudrait maintenant remplacer ces mots vagues par des faits précis et montrer en acte ces deux délégations d'autorité successives. Mais cette question est une de celles où la solution n'apparaît pas nettement : comme toujours ce sont les conditions ordinaires de la vie qu'il est le moins nécessaire de rappeler aux hommes dont toute l'existence se passe à s'y conformer, ce sont celles-là que nous aimerions le mieux connaître et que nous ignorons le plus.

Les textes qui ont fourni antérieurement ce que nous savons sur les revenus du sanctuaire nous permettront aussi de saisir sur le fait les attributions respectives du conseil et des prytanes. Il faudra attendre l'étude des textes qui portent des comptes de dépenses, non seulement pour mieux apercevoir ces attributions, mais pour voir aussi la cité prendre plus directement sa part de l'administration financière.

En effet, si Ton a pu dire que la ville de Delphes était dépositaire de la fortune sacrée, il faut ajouter qu'à l'entrée des divers revenus dans les diverses caisses, la cité ou 7:oXtç,

1. Qu'il y ait huit prytaiics sous Charixcnos, c'est ce que prouve le texte publié BCH, XXIV, p. 190- i91, 1. 9-11.

50 LE CONSKIL DELPHIQLË

c'est-à-dire rassemblée, ne joue aucun rôle. On voit bien, dans les actes d'Elatée, des témoins Delphiens assister, avec des témoins Phocidiens, aux versements de Tamende, mais, à Delphes même, les noms de Tarchonte et des prytanes suffisent, avec ceux des hiéromnémons, à donner une garantie officielle d'authenticité à Tacte. C'est le rôle du conseil et de sa commission financière qu'il est possible d'étudier seul dans les textes des revenus.

Les prytanes assistent avec le collège international des trésoriers à la rentrée des locations et des fermages : les trésoriers recueillent les sommes que la commission financière, bureau receveur, encaisse ^ La réforme de 339 n'a fait qu'insérer un intermédiaire de plus entre le fermier qui paie sa redevance et le Dieu qui la reçoit. Mais, après comme avant la création de ce collège, le maniement des fonds que fournit le revenu ordinaire, je veux dire le fait de les toucher, de les considérer comme une recette et de les verser dans une caisse spéciale, regarde les seuls prytanes.

On arrive à une conclusion semblable pour le revenu extraordinaire produit par les souscriptions et les collectes. Pourtant ici les àpYupoXoYÉsvTsç internationaux figurent seuls en tête des listes ^, à côté de l'archonte delphien, mais l'archonte ne suffit pas à représenter sa ville. Ce sont les naopes qui veillent^ en tant que membres d'une commission internationale de réception, à l'arrivée de ce revenu. Mais nous sommes sûrs qu'ils ne Font pas versé directement dans leur caisse de recettes. Même le fonds de dépôt que l'on constitua une fois pour toutes avec le produit des contributions des fidèles, dès les premières années où elles furent ramassées, n'est pas entré en fait dans leur caisse -^ La somme est déposée à la ville en leur nom, il faut à chaque retrait l'ordre de versement que donne la cité ou le conseil. Ce seul fait prouve déjà que les naopes n'ont pas gardé les fonds qu'ils avaient rassemblés comme collecteurs d'argent internationaux; c'est donc que le conseil les a perçus comme les autres revenus du Dieu.

Un second fait permet de préciser davantage. Les trésoriers, ayant besoin de monnaie d'or sous l'archontat de Caphis,

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