BCH, XXVn, p. 49 et suix
unes au-dessus des autres. Elles ont donc été une décoration du mur, elles ont comme encadré l'endroit où il s'interrompait sans doute, pour laisser voir le rocher à Talignement duquel il avait été construit. Si la dalle où étaient inscrits les cinq premiers acomptes que les Phocidiens ont payés sur leuramende a fait partie de ce mur, elle n'a pu être qu'à l'extrémité droite : elle n'est ornée de moulures sur aucune tranche, et la face latérale droite était aplanie, parce qu'elle devait être vue.
Même si Ton admet cette hypothèse, très plausible, on reconnaîtra qu'elle n'explique pas tout. Si l'on peut accepter que la plaque de Damochares, malgré son épaisseur plus grande, ait appartenu à la muraille, on considérera à part une pierre dont deux morceaux ont été retrouvés *, et qui était gravée sur les deux faces : elle avait donc été dressée de telle sorte que l'on en pouvait faire le tour. Mais surtout on avouera que l'état lamentable de nos documents, presque tous conservés en débris, empêche de tenir l'hypothèse pour vérifiée.
On sait en elTet dans quelles conditions nous sont parvenus presque tous ces textes. C'est par hasard que Ton a quatre ou cinq plaques entières : la plupart sont en pièces, et beaucoup de fragments n'existent plus. En rapprochant des morceaux isolés, on a pu recomposer quelques ensembles. Et ce travail n'est sans doute pas terminé, d'autres raccords sont encore possibles, mais il ne faut pas espérer que l'on retrouvera la place exacte de tous les débris. D'une plaque entière, il reste parfois une quinzaine de lignes, et encore n'ont-elles pas été conservées sur toute leur étendue : quelques lettres, au début ou à la (in, nous permettent surtout de regretter ce qui manque. Les fragments plus considérables et souvent même les plaques dont les dimensions ont été conservées à peu près intactes donnent lieu à des regrets d'autre sorte. Ces documents sont parmi ceux de Delphes dont la lecture a été le plus diflicile. Chez la plupart, en particulier chez ceux qui ont été retrouvés dans le dallage de la place, à Topisthodome, la gravure s'est etfacée et la surface est devenue lisse au point qu'on a pu quelquefois douter qu'il y eût eu des lettres. Aussi de nombreux passages ont-ils résisté aux tentatives de déchiffrement les plus persévérantes.