‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 5 sur 138 · I. BCII, XXVI, p. 33 et · texte numérisé non relu

I. BCII, XXVI, p. 33 et

LACUNES DP:S TEXTES 5

Ces textes une fois lus, il fallait les classer. Puisqu'ils émanent de divers coUèg-es, conseil delphique, naopes, trésoriers, il fallait les g^rouper en séries et rattacher chacune d'elles au collège qui en avait surveillé la rédaction. Mais pour aucune des séries nous n'avons tout : il en est une qui est représentée par un seul texte ^ et deux débris nous garantissent qu'il en a existé au moins un autre, tout semblable en étendue. Pour les comptes des trésoriers, les lacunes sont bien plus considérables : de temps en temps un texte complet jette la plus vive lumière sur les recettes et les dépenses d'un semestre ou d'un archontat, mais de Tun à l'autre de ces points bien éclairés, on traverse des périodes plus ou moins longues d'obscurité. Les dépenses des naopes et les contributions des fidèles, recueillies dans le monde grec tout entier pour la reconstruction du temple, nous sont encore plus mal connues : ce sont les séries qui ont, de beaucoup, le plus souffert.

Parmi les causes qui nous empêchent de posséder aujourd'hui toute cette comptabilité, il vaut la peine d'en mentionner une qui a déjà mis les anciens, j'entends ceux mêmes du IV® siècle, dans l'impossibilité de lire sur la pierre d'un bout à l'autre les séries entières. Une plaque de comptes porte, à quelques centimètres au-dessous de sa dernière ligne, les traces très visibles de lettres incomplètement effacées : on distingue encore aujjLTrav xs^iXaicv et aux lignes suivantes un ou deux noms de nombre. Un compte a donc été gravé sur cette pierre, que l'on a effacé pour y inscrire celui dont nous lisons aujourd'hui quelques restes 2. Ce grattage ^^ a pu être

!. Le compte du conseil sous Aristonymos, BCH, XXVI, p. 5 et suiv. ; les deux fragm. de l'autre texte, ihid., p. 20-21.

2. Ce compte, encore inédit, émane sûrement des trésoriers; il n'y a aucun nom d'archonte. Je n'ai pu recomposer la plaque qu'en hauteur (1 m. 47): les fragments portent dans l'inventaire les numéros K21, 8H9, 3J9iet 3528. — J'y reviendrai plusieurs fois dans la suite. On a moins bien gratté les dernières lignes du compte plus ancien, parce que le coniplc plus récent ne descendait pas aussi bas sur la pierre.

3. C'est bien ainsi qu'il faudra traduire (aTaXa;) à::rjÇe'j';, BCIF, XXII. p. 323. Au moment où j'hésitais à interpréter ainsi le mol, je n'avais pas encore aperçu sur le fragment 3494 les traces d'un compte antérieur. On voit dans quel sens nous avons le droit de dire que les Grecs qui visitaient Delphes à la fin du IV* siècle ne pouvaient avoir sous les yeux toute la comptabilité du sanctuaire. Mais il est tout à fait inipossibh' d'admettre avec M. Francoltc. L'admin. finnnc. des cités grerques, p. ir>. (pie nos textes sont des ejr/m//.s de la comptabilité, faits pour stimuler les donateurs et pcjur ap|)rendre aux

pratiqué assez souvent. Il eût fallu en effet une muraille de plus d'un kilomètre pour les comptes de l'administration sacrée pendant un siècle, puisque les opérations d'un seul collège pour un seul semestre, les trésoriers sous Dion-printemps, remplissaient une plaque de deux mètres ; et les énumérations des dépenses acquittées par les naopes, avec les détails minutieux dont ils les accompagnaient, étaient au moins aussi étendues.

Donc non seulement les textes eux-mêmes sont mutilés et fragmentaires, mais encore les séries manquent de continuité! Il faut, dès à présent, marquer la double conséquence de ce fait.

D'abord, si nous possédions la suite complète de ces textes intacts, une chronologie rigoureuse eût été immédiatement établie. C'est au contraire avec peine qu'on est arrivé sur ce point à des résultats dont le plus grand nombre sont seulement vraisemblables.

On avait eu la bonne fortune de trouver d'abord deux textes dont le second continue le premier, et les opérations financières qui y sont transcrites se prolongent pendant une durée de vingt-trois archontats. S'ils avaient formé une série suivie, il suffisait d'en fixer un terme pour que tous les autres fussent datés. Mais la série s'est coupée en deux tronçons, chacun des deux a été subdivisé k son tour, et même, le premier a subi un véritable émiettement que la chronologie de la guerre sacrée et l'appréciation plus exacte des opérations financières ellesmêmes ont rendu quasi certain ^ Ces vingt- trois archontats sont disséminés maintenant sur un laps de plus de quarante ans (361-318).

visiteurs ce que le leinple a coûté. Pour cncourajçer les lidèles à tlonner, mais surtout pour permettre un contrôle exact, on a jjravé les listes des souscriptions, mais cène sont pas des extraits : les dons d'une obole y sont menlionnés, et les totaux de chaque session sont calculés. Quant à apprendre ce que le temple a coûté, ce n'est pas le compte sur le fonds de dépôt — vin^4 talents dont la moitié à peine fut dépensée dans la construction — (lui pouvait en donner une idée bien exacte. Il est indispensable de ne pas méconnaître le caractère de nos textes: ce sont de vraies et complètes pièces de c(mij)labilité, ce ne sont à aucun titre des extraits. On en a elTacé, et peut-être plusieurs, (juand on pul craindre de n'avoir pas assez de place; mais c'étaient les comptes (l'exercices écoulés.

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