‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 43 sur 138 · Chap. IV · texte numérisé non relu

Chap. IV

LE œMPTE SUR LE FONDS DE DÉPÔT S7

la cité delphique pouvait intervenir dans l'administration financière, mais sur ce point la lumière n'est pas très vive. La formule qui revient au début ou à la fin de ces textes : èXe{7:eT0 Toîç 'zat[f.i(Xiç xapà t^i izbXv, twv AsXçojv précise un fait que nous connaissons : toute la fortune sacrée est un dépôt dont la ville a la charge. Indique-t-elle en outre que Tautorité morale du conseil, telle que nous la voyons s'exercer uniquement par la responsabilité de sa commission financière, a besoin d'être sanctionnée par un vote de l'assemblée populaire? C'est possible, mais ce n'est pas certain. Le compte que les prytanes, magistrats delphiens, rendaient sans doute à l'assemblée en sortant de charge* pouvait suffire. La cité avait à ce moment-là, par la transmission de la caisse sacrée entre les mains de nouveaux prytanes, la preuve que la gestion des précédents — réduite ici à une surveillance attentive — avait été irréprochable.

A cette question, qu'il ne me paraît pas encore permis de résoudre par la simple analogie avec les institutions financière d'autres cités, le dernier compte de dépenses que nous avons à examiner n'apporte pas une réponse définitive. Du moins quelques données s'ajoutent à celles que nous avons utilisées.

C'est le compte sur un fonds de dépôt qui a été constitué, comme on l'a vu ^, avec une partie des sommes envoyées par les cités et les particuliers pour la reconstruction du temple. Les fonds ont été déposés à la ville au nom des naopes. La ville est dès lors considérée comme leur débitrice pour cette somme et ils toucheront aux époques qui leur paraîtront le plus convenables, plus ou moins selon leurs besoins. Ce fonds de dépôt ne s'accroît d'aucune recette, il doit être à chaque instant et immédiatement disponible : ainsi s'explique qu'on n'ait pas cherché à l'augmenter en l'employant à des prêts par exemple. Il diminue donc de plus en plus pendant les années où nous suivons les retraits variables des naopes.

1. II semble d abord qu ou ait un exemple indiscutable dccecomple rendu: BCH, XX, p. 208, 1. 58-60 : xai toi ;rpuTâvi£Ç toi ItzI Eùacyî^a àpyovTo; èv Ta»

£xxXY]9tat Twv AeXcpûv (uu.oa(^y2ov 7:apaXa6gîv Ta yprJîxaTa TauTa r.xp toïv rpu-

CDV Twv mi llAsiOTcovoç. Mais on va voir dans les pa^es suivantes que ce

n csl pas rassemblée du peuple delphien qui est dési^iée ici par le mot

2, Cf. plus haut, p. 33-6 et 50. Les textes se trouvent BCIf, XX, p. 198-210.

Puis le compte est arrêté sous Aristonymos, et il n'est rouvert qu'après une interruption de dix ans. Cette fois les versements faits aux naopes ne sont plus irréguliers : chacun d'eux monte à trente mines *, mais ce sont encore des retraits opérés sur le même fonds de dépôt : la même somme que nous avons vu diminuer d'Argilios à Aristonymos continue à décroître d'Eribas à Maimalos. C'est ce qui fait la véritable unité des deux parties, si dissemblables, de ce compte.

Au début de la seconde partie, sous Eribas, au moment où on rouvre en fait le compte et où Ton exécute ainsi une mesure décidée trois ans avant, sous Charixenos, le conseil de Delphes ordonnance le versement des trente mines qui doivent désormais être remises aux naopes '^. Mais les naopes ne se présentent pas pour les toucher. A la lin de l'année, les bouleutes du second semestre donnent cette somme aux prytanes de l'archontat suivant, celui de Pleiston : les naopes n'étant pas venus davantage au bureau payeur, les prytanes de Pleiston transmettent les trente mines à leurs successeurs. Ce sont les formalités de la transmission dans TèxxXiQjtx internationale qui ont permis d'affirmer plus haut la responsabilité des prytanes et la nécessité où ils étaient de rendre des comptes à leur sortie de charge.

Il y d là plusieurs faits qu'il n'est pas possible d'expliquer tous. En premier lieu, pourquoi la transmission des trente mines à la fin de Tarchontat d'Eribas ne s'est-elle pas faite — comme cela eut lieu un an après — des prytanes de cet archontat à ceux du suivant ? Les prytanes d'Eribas que, par une coïncidence notable, on ne voit nulle part, ni dans les textes de Delphes ni dans celui d'Elatée, n'en ont sans doute pas moins existé. Il est étrange qu'ils n'apparaissent pas dans un cas où le rôle du bureau payeur semble indiqué. Peut-être est-on autorisé à présenter les choses ainsi : le conseil avait ordonnancé la sortie des trente mines, elles ne furent pas eifectivement payées, mais elles devaient être dorénavant considérées comme sorties des caisses, livrables dès que les naopes présenteraient l'acquit. Et quand, à la fin de l'archontat d'Eribas, le conseil fut remplacé par celui de

1. Il y a quchiucs exceptions apparentes, qui viennent de ce que les naopes, par deux fois, n'ont pas touché leur annuité.

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