BCH, XX. p. 209, I. 88-89, l
62 LE CONSEIL DKLPlIIQL't:
C'est un nouveau collège de magistrats delphiens, les -w/xr^Tfipî; Tav îsxaTav.
On ne connaît pas d'ailleurs leurs attributions. Leur nom permet de croire que, comme les polètes athéniens, ils mettaient en adjudication la ferme des impôts. 11 est très naturel qu'auprès d'un sanctuaire un collège ait eu pour fonctions d'affermer les dixièmes, probablement assez nombreux, que le dieu pouvait percevoir. D'eux aussi a dû dépendre l'adjudication des domaines sacrés, confiée chez les Athéniens à l'archonte-roi ^ En effet vers 320, date où nous voyons les polètes en fonctions, le collège des trésoriers internationaux a cessé d'exister. Les TrwXrjTfJpeç n'apparaissent pas dans les comptes de fermages et locations qui n'ont été conservés que pour une époque antérieure d'environ douze ans.
Ils sont six, et restent en charge plus d'une année puisqu'ils reparaissent, tous les six avec un seul changement dans l'ordre de leurs noms, sous deux archontats successifs. Leur collège tenait à l'administration du san(;tuaire, et il est certain qu'ils ne font à aucun titre partie du conseil. Pourquoi le remplacent-ils deux fois, ou plutôt pourquoi leur autorité s'interpose-t-elle entre celle du conseil et l'activité définie du bureau payeur ?
M. Francotte a récemment ^ rendu compte de leur intervention ainsi qu'il suit : « Certains paiements sont faits par les 7:a)XY)TfJp£ç Tav îsxaTav... au moyen des sommes que leur ont versées les fermiers. L'Etat aurait donc usé pour ses propres dépenses du dépôt des naopes. » J'avoue que cette solution me parait doublement invraisemblable.
D'abord, en deux endroits, au début de la seconde partie de ce compte '\ le total de ce qui reste en dépôt à la ville au nom des naopes est ainsi énoncé : -irip Tav ;:iXtv Xonrbv toi; vaszototç TûtXavTa $£xa, etc.. et : oTkkix on:s,l6^ri '/pii\L2':ot iizo twv oéxa TaXavTwv, etc.. Ces formules, ainsi que les oXXa répétés en tête de tous les versements, même des deux versements auxquels ont présidé les TrwXr^-fJpsç, attestent de la manière la
1. Cette hypothèse que j'avais indiquée en passant BCH, XX. p. 230, me semble avoir été confirmée par le fait que le collège des trésoriers a disparu en 326, j'essaierai de le démontrer, ch. iv, §4. Cf. ci-dessus, p. 30.
2. L'adminisir. fînanc. des cités gr., p. 20. M. Dittenberper. Syll. insct^. (jr.. 1 iO, n. 10(>. a au contraire admis ce (|uc j'avais proposé BCll, XX, p. 230.