‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 69 sur 138 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

w^ ,, l Sur le fonds de dépôt. 105 dr. ) .f.oc\ i m i

Recettes L . , , , , , , { 1982 dr. 5 ob.

jSur le fonds de réserve. 1877 . dr. 5. ob.V

Dépenses 1845 dr. 3ob.ch.

Donc, ici encore, aucune concordance.

Sous Archon-automne, les naopes ne retirent rien de leur fonds de dépôt. Mais, comme leurs dépenses montent à 199 dr. 3 ob., il faut bien qu'ils aient eu recours à leur réserve. Il leur restait de la pylée précédente un peu plus de 132 dr. *, mais ils ont dû empruntera leur fonds de réserve (3404 — 1877) les ô7 dr. nécessaires pour compléter le total de leurs versements. Ici il y aurait concordance ; mais nous n'en savons rien. Il paraît probable, d'après l'exemple de la pylée précédente, qu'ils ne se sont pas contentés de ces 67 dr. parce que leurs prévisions, comme il est naturel, devaient aller au delà des paiements qu'ils auraient à faire.

Sous Archon-printemps, nous ignorons encore ce qu'ils ont pris à leur fonds de réserve et même s'ils y ont pris quelque chose. Mais le compte sur le fonds de dépôt porte la mention de 14.400 dr. versées par le conseil aux naopes, et le total de leurs dépenses pour cette session, on l'a vu, monte à 406 dr. 1 ob. 1/2. C'est donc, une fois de plus, et sans qu'il soit nécessaire ici de posséder tous les éléments de calcul, l'impossibilité d'établir l'accord entre les recettes et les dépenses que nous constatons formellement.

Mais la question qui se présente alors est bien plus grave ; ce que l'on met en doute, c'est le compte sur le fonds de dépôt tout entier. Il semblait que les indications en étaient précises et exactes : « Le conseil a donné aux naopes telle somme, là-dessus toutcu eSdôr^ à un tel, pour tel ouvrage, tant; etc.. » La régularité de la transmission paraissait incontestable. Or pour une même session, voici d'un côté 14.400 dr. données par le conseil aux naopes, de l'autre 406 dr. 1 ob. 1/2 effectivement payées par les naopes ; non seulement il n'y a aucune concordance entre les chiffres, de plus on ne retrouve, dans les dépenses du collège, rien qui rappelle les mentions du compte sur le fonds de dépôt.

Ici nous avons affaire, il est vrai, à un cas exceptionnel.

1. En admettant qu'ils aient ajouté au total des dépenses payées sous Damoxenos-printemps les i dr. 3 ob. 1/2 de Damoxenos-automnc.

. jt . .

92 LES NAOPES

Dans le compte du conseil, au lieu du mot qu'il emploie d'ordinaire, TcÙTcu iSiÔY;, on en trouve un tout autre : les naopes ont fait Tavance £)fprjO"av*, aux entrepreneurs Tégéates, de trois talents pour le transport de matériaux destinés à la colonnade. Mais cette expression ne change rien à la réalité des versements faits des deux parts, par le conseil aux naopes, et par les naopes à leurs créanciers de cette session. Ces deux séries de versements ne concordent pas, voilà le fait. Comme elles correspondent toutes deux à des paiements réellement effectués, il s'ensuit forcément que Tune a été antérieure à l'autre : il faut donc de toute nécessité, dans le cas particulier qui nous occupe, ou que le versement du conseil aux naopes ait précédé le versement des naopes aux Tégéates, ou qu'il Tait suivi.

M. Homolle est arrivé à la première solution d'une manière très ingénieuse : « La dépense, dit-il 2, n'est pas consommée, et par conséquent la somme n'a pas lieu de figurer encore dans les états des paiements effectués... elle ne sortira réellement que par déductions successives sur les avances... elle sera donc provisoirement inscrite en recettes, et si elle est reportée en sortie, ce sera au compte des prêts : elle ne passera en dépense qu'à mesure des paiements effectifs pour travaux faits. »

Cette théorie explique ce qui nous a paru très étrange dans cette comptabilité^ à savoir le fait certain que la mention du compte sur le fonds de dépôt ne répond à aucun versement réel pour cette même session dans les comptes de dépenses. Elle l'explique par un prêt à intérêt, et il ne servirait à rien de répéter encore ici que, si l'administration sacrée a probablement fait la banque au iv* siècle comme à d'autres époques, nos comptes n'ont pas conservé le moindre souvenir de ces opérations. Il est sur en particulier que les comptes des naopes ne parlent jamais de prêts : leurs fonds, dépôt ou réserve, devaient toujours être immédiatement disponibles. Mais, encore une fois, nous ne possédons pas tous les textes, et s'il n'y avait aucun autre moyen de rendre compte du cas extraordinaire que nous étudions, il faudrait bien supposer qu'il nous manque, entre autres, une stèle où les naopes

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