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c'est surtout Tétude de quelques institutions : plusieurs collèges, Tun delphien, les autres internationaux, manient les fonds destinés à la reconstruction du temple et à Tentretien des deux sanctuaires fédéraux. 11 faudra préciser le rôle et la gestion de ces collèges, les rapports qu'ils entretenaient, c'està-dire comment s'exerçait le contrôle des uns sur les autres. Nous pouvons nous les représenter en fonctions, à des moments différents d'une période assez peu étendue. S'il est des détails, s'il est même des parties importantes de cette administration que nous devons nous résigner à ignorer, les traits les plus généraux en sont assez nettement dessinés. Mais précisément cette étude risque de rester à l'état de contour schématique, de forme vide, parce que les textes ne sont pas complets et que les séries en sont discontinues. Si nous en avions les suites intactes, le tableau même de cette administration eût d'abord gagné en précision et en ampleur, et surtout cette étude abstraite et sèche d'institutions eût été vivifiée par le chapitre d'histoire économique qu'il était possible d'écrire du même coup.
Tel texte a pu nous apprendre en effet le prix de l'orge ou de l'ivoire, tel autre nous renseigner surquelques salaires, sur les prix des transports pour les pièces d'architecture, sur les conditions des marchés d'entreprise ou sur la persistance en certains pays du vieux système métrologique de Pheidon ^ Mais ce sont des détails isolés, qu'il est diiRcile de grouper, et il en faudrait un bien plus grand nombre pour que l'on fût en mesure de connaître vraiment la vie économique de Delphes à cette époque. C'est tout au plus si nous pouvons apprécier les rapports mutuels des trois monnaies d'argent qui, à partir de XiS, ont été concurremment employées, ou le rapport de l'or à l'argent. De plus, les chiffres d'ensemble, totaux de recettes ou de dépenses, manquent trop souvent. On connaît par hasard les sommes maniées pendant un an ; puis on ignore tout des opérations financières qui ont été effectuées sous les archontats suivants, et on ne ressaisit un autre anneau de la chaîne qu'après une lacune. Si les séries étaient ininterrompues, c'est pour trois quarts de siècle (|ue l'on établirait le total (les sommes entrées dans les caisses du Dieu et
1. Prix de l'oiK^. BCII, XX^'I1. p. IK: ivoire, XXVI. p. 71 : transports, p. ex. ibiti.. 56-57. Pour le système de Pheiclon. XXVII, p. IN, et la courte note que j'ai publiée Rev. archëol., lOO:^. Il, '2b.
ÉTUDE ABSTRAITE d'iNSTITUTIONS
le total de celles qui en sont sorties. D'exercice en exercice, on suivrait les recettes et les dépenses, les variations de l'encaisse : le budget du sanctuaire eût pu être dressé. Nous sommes loin de pouvoir prétendre h des résultats aussi sûrs et aussi complets. Si nous voulons savoir par exemple ce qu'a coûté la reconstruction du temple ou ce que les contributions des fidèles ont rapporté au trésor sacré, nous serons obligés d'avoir recours à un calcul de moyenne : on voit déjà tout ce que la tentative de fixer un minimum et un maximum peut avoir de dangereux, avec les éléments trop peu nombreux et trop épars dont nous disposons.
Voilà les inconvénients qu'a pour nous l'état actuel des textes. Sur ces deux points, il est possible de conjecturer le résultat où les documents nous permettraient d'atteindre, s'ils étaient complets, et de voir aussi à quelle distance ils nous en laissent.
Tels quels, ils nous donnent le moyen d'esquisser un chapitre de l'histoire financière du sanctuaire pythique. Les limites de notre sujet sont du moins tracées avec assez d'exactitude, et les caractères propres de cette étude peuvent être marqués avec précision.
Des restes de listes, qui contiennent des noms de naopes internationaux ', et deux fragments de comptes - nous font descendre jusque dans le iii^ siècle ; mais ce sont des morceaux isolés. L'ensemble de nos textes groupés en séries nous reporte au siècle précédent, et d'/Eschylos à Megacles et à Damocrates, ce sont environ cinquante années de ce iv® siècle sur lesquelles, strictement •'^, porte notre travail. (]omme il