Ibid., p. i75. 1. 9 et suiv
LEUKS DÉPENSES 123
du compte en automne : sous un seul archontat, les textes de Dion, deGiphis et deTheon le prouvent, l'intervalle a pu être considérable entre les deux points extrêmes, le plus bas et le plus haut, où est arrivé rencaisse. Les textes ne nous permettent pas une pareille précision.
On peut du moins grouper les principales dépenses qui sont venues diminuer cet encaisse. D'abord dans cette partie les documents sont mieux conservés, les détails plus abondants ; et puis, nous avons beau ne savoir presque rien sur les années où précisément ces dépenses ont dû être le plus importantes, entre Dion et Caphis : ici nos regrets sont un peu moindres. Tandis qu'il y eut des recettes que nous ne pouvons pas conjecturer d'après celles que nous connaissons, nous sommes sûrs que les paiements, même de ces années chargées, se classaient dans Tune des divisions qui vont être énumérées : il n y a eu qu'une différence de quantité.
Les versements faits aux naopes forment le premier groupe des dépenses que les trésoriers ont eu à acquitter : c'est aussi le plus important, d'abord, autant que nous pouvons juger, par la quantité, puis à cause de l'objet auquel ces paiements étaient destinés, enfin parce que nous saisissons ici sur le fait le rôle du nouveau collège dans ses rapports avec celui des naopes.
Nous ne connaissons avec certitude que cinq de ces versements: Palaios-automne, 15 talents ; Damochares-automne, 5 talents ; Dion-printemps, 3 talents ; Caphis-automne,
18 talents, 40 mines ; Theon-prin temps, 24 talents K Même si l'on n'accorde pas au collège des trésoriers une existence de plus de treize ans, — c'est en tout cas, comme on s'en rendra compte, un minimum, — il est impossible de calculer d'après des données si éparses et si variées tout ce que les naopes ont reçu pendant ce temps. Deux fois, sous Damochares et sous Caphis, ils n'ont touché de l'argent qu'à une session de l'archontat ; mais sous Theon il est certain et sous Dion très probable qu'ils ont touché aussi à l'autre, nous ne savons quelle somme. De même pour les autres années, huit au moins, pour lesquelles ou bien
1. Palaios. à rappcnd., col. I. I. 6.) : Damochares. BCIf, XXI. p. 478, I. 7 : Dion. BCH. XXIV, p. 13rt, I. l'i : Capliis. ibid.. p. J6i, I. 1 i-lj : Theon, îhid.. p. «75, B, 1. li-lj.
124 tES TRÉSORIERS
nous n^avons pas de texte, ou bien il reste des fragments dont on ne peut tirer parti. L'habitude de donner aux naopes des sommes assez fortes chaque année, et le plus souvent deux fois par an, n*a sûrement pas disparu par Tinstitution du collège nouveau, elle s'est régularisée au contraire. Et il est aussi certain que cette dépense-là est, parmi toutes celles des trésoriers, la plus considérable.
Elle était attribuée, on le sait, à un objet précis : avec les fonds que leur remettaient les trésoriers, les naopes devaient payer les travaux du temple. La formule v,q Ta ïp^x Ta £tç tcv vaov accompagne presque toujours la mention de ces versements. Sous Dion *, les trésoriers donnent aux naopes, pour payer des achats de bois de cyprès, trente mines qu'ils portent en compte en dehors de la somme expressément destinée aux travaux du temple. Mais cette mention particulière s'explique par le fait que les bois devaient être payés avec une monnaie exceptionnelle, des philippes d'or : ce bois n en a pas moins été employé dans le temple. Il est moins sûr que, dans le compte de Theon, les vingt-quatre talents remis aux naopes par les trésoriers aient été affectés à ces
mêmes travaux : les mots elçTY;v olxo[SoiJLiav ] admettent
sans doute des restitutions très variées 2 si le temple à cette date était entièrement terminé et que les naopes aient pu, dégagés de leur tâche principale, veiller à la construction d'un autre édifice. Mais la chronologie n'est pas définitivement fixée, et d'autre part, si le gros œuvre était achevé avant Theon, il restait encore beaucoup à faire au temple. On peut d'ailleurs, si Ton veut, comprendre ces 24 talents dans le calcul de ce qu'a coûté l'édifice, sans espérer pourtant d'arriver à une évaluation approximative : on le sait, il y manque trop d'éléments.
Donc sur ces deux points : total des versements, et rapport de ce total au prix du temple, on ne peut apporter des tableaux de chiffres : cette série de textes ne permet même pas d'indiquer des totaux vraisemblables. Du moins on voit nettement qu'à partir de 339, les trésoriers ont donné aux naopes, comme le conseil de Delphes l'avait fait depuis 342, des sommes plus considérables que celles que l'on pouvait consacrer au temple avant l'amende des Phocidiens.