‹ L'administration financière du sanctuaire pythique au IVe siècle avant J.-CChapitre 97 sur 138 · Cf. BCH, XXIV, p · texte numérisé non relu

Cf. BCH, XXIV, p

La KÉFORME de L^ADMIMSÏKATION 12î)

La grande nouveauté que les trésoriers ont réalisée peut se résumer ainsi qu'il suit. x\vant 339, Tunitéde caisse n'existait absolument pas : que Ton considère l'ensemble des finances sacrées ou la gestion particulière des naopes, chaque revenu du trésor aussi bien que chaque recette du collège était versé séparément dans une caisse distincte. Et, pour les dépenses, jamais on n'indique dans laquelle de ces caisses telle somme destinée à tel paiement était prise. Les naopes ont pu payer un entrepreneur en prenant Targent, partie sur leur ancien fonds de dépôt, partie dans les caisses de revenus ordinaires ou extraordinaires. Mais ils ne le disaient pas, et il faudrait posséder tous les textes de toutes les séries pour arriver, en additionnant les données qu'ils fourniraient, au total des entrées de caisse pour ce collège et pour pouvoir le comparer avec celui de ses sorties. — De plus l'identité du bureau receveur et du bureau payeur n'existait qu'au point de vue de la cité qui garde le trésor sacré : c'est la même commission financière des prytanes qui encaissait les revenus, quels qu'ils fussent, et qui payait, sur mandat des amphictyons ou, dans quelques cas, des naopes, toutes les dépenses du sanctuaire. On ne peut pas dire au contraire que les naopes fussent à la fois payeurs et receveurs. D'abord, pour les revenus du Dieu, si le collège international assiste à l'arrivée de l'un d'eux, il ne l'encaisse pas. Puis il reçoit des sommes qui sont ses entrées de caisse et qui lui permettent de payer ses dépenses, mais la balance n'est jamais établie. Les naopes ont donc surtout un rôle de transmission, ils font passer aux entrepreneurs du temple le montant de leurs commandes, de même qu'ils faisaient passer aux prytanes le produit des souscriptions et des collectes.

La réforme de 339 consista essentiellement à établir l'unité de caisse et à créer un bureau receveur et payeur international. On a déjà vu que cet effort vers la centralisation n'eut pas un succès total.

Les versements des Phocidiens avaient été expressément assignés comme recette à la caisse nouvelle. Mais les autres revenus du sanctuaire furent, après comme avant, versés chacun dans la caisse spéciale qui devait le recevoir. Même le revenu ordinaire, le produit des locations et des fermages, à la rentrée duquel les trésoriers assistaient, n'était pas porté par eux en recette. L'unité de caisse n'est donc pas réalisée

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entièrement. Elle lest au contraire en ce qui concerne les dépenses.

En effet, c'est du fonds primitif accru par les recettes que nous voyons les trésoriers déduire les paiements qu'ils effectuent et tout d'abord les verse.nents aux naopes. Pour la première fois dans cette comptabilité on assiste à un calcul de rencaisse, à une évaluation de toutes les recettes et de toutes les dépenses, puis à l'établissement du reste en caisse, — d'habitude au début de l'exercice suivant — , une fois la somme des dépenses soustraite. Donc, les trésoriers ne pouvaient ignorer qu'à côté de la caisse qu'ils géraient d'autres recevaient régulièrement des fonds, mais ils étaient sûrs en même temps que toutes les dépenses du sanctuaire étaient réglées par eux. Au collège delphien, qui seul auparavant les acquittait toutes, se trouvait associé un collège international : les prytanes, on Ta vu, furent commis à la garde de la nouvelle caisse, comme à celle des autres, et ils assistèrent à toutes ses opérations ; mais tant qu'exista le collège des trésoriers, ce ne fut plus la commission iînancière du conseil qui paya ce qu'elle remettait autrefois directement aux naopes, aux entrepreneurs des travaux autres que ceux du temple, et d'une manière générale à tous les créanciers des deux sanctuaires.

Ce sont ces autres dépenses, acquittées maintenant par les trésoriers, que nous avons à énumérer.

Elles se divisent en deux groupes : l'un comprend tous les travaux accomplis k Delphes en dehors de ceux du temple ; l'autre, tous les travaux accomplis aux Pyles.

A Delphes, l'effort principal se portait sur la reconstruction du temple, mais on ne négligeait pas les autres bâtiments du sanctuaire et de ses abords. 11 semble même que, dès les premières années où ils ont été en fonctions, les trésoriers aient dressé un plan d'ensemble pour de grands travaux dont quelques-uns ont été exécutés au moins en partie. Je ne parle pas du palais de l'amphictyonie qui se serait élevé à l'endroit que nos textes nomment 0uîai * et qui s'est appelé beaucoup plus tard lljXaia. La mention de cetédilice ne se trouve en effet que

1. (^cst le niêmi' (luEschiiie (Iésifj:ue sous lo nom de ©jitiov, comme je lai indiqué dans les Mélanges Perrot^ p. 25 et sui\ .

dépenses: travaux a DELPHES l27

dans un texte, celui de Palaios ^ qu'il est impossible de compléter sur ce point d'une manière certaine. On n'est guère mieux renseigné sur la maison de la Pythie ', tandis que quelques détails précis nous font voir que le gymnase existait déjà dans ses parties essentielles : la canalisation qui devait amener leau de Castalie à la terrasse inférieure était construite sous Caphis -^ et quelques années avant, sous Damochares, les trésoriers avaient mis en adjudication les travaux du portique supérieur ''. Enfin le gymnase a un épimélète dont le traitement est payé tous les six mois •*.

On a vu que les travaux exécutés au stade en vue des Pythia pouvaient donner lieu pour le collège à quelques recettes. C'est donc qu'il avait la charge de ces travaux, mais il ne semble pas qu'ils aient été à cette époque très importants *'. Au contraire, le texte de Dion et un fragment non daté qui doit être rapporté à un compte des trésoriers nous renseignent exactement sur Thippodrome pythique qui s'étendait au pied des Phédriades, à Tendroit même où vient finir la plaine de Kirrha ^ : une [zTzi^taiq y a été construite, pour remplacer Tautel ou la simple borne qui, aux temps plus anciens, divisait en deux groupes les chars concurrents.

Toutes ces dépenses, il faut le redire, purent être payées grâce à l'argent que les Phocidiens devaient restituer au Dieu. Mais il était naturel qu'une partie de leur amende fût

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