REC
sous-préfet le citoyen Gillotte ; je n'ai pu préciser si ce bruit était fondé (1).
A Châtillon fut envoyé Nicolas Martin, commissaire près de la municipalité cantonale, sur la recommandation de Crétet et de la députation côte-d’orienne. C'était un fonctionnaire travailleur et parfaitementintègre mais possédant « peu de brillant et aucun usage du monde », dira plus tard l’un des successeurs de Guiraudet. Il ne semble pas qu'il aiteu de sérieux concurrents autres qu'un citoyen Cléry, appuyé par le général Marmont (2).
La sous-préfecture de Semur fut, elle, vivement disputée. Des agents municipaux demandèrent au ministre de l'Intérieur comme sous-préfet le citoyen Detalencourt qui « ne fut jamais l'apôtre d'aucune faction ». Un rival de Berthet, plus redoutable, se présenta en la personne du citoyen Laurenceot (ou Laurenceau) « particulièrement recommandé par la citoyenne Bonaparte » et par un chef de division au ministère de l'Intérieur. Le Premier Consul était fort bien disposé à l’égard du protégé de Joséphine. Il écrivit à son frère Lucien le 3 ventôse : «Je vous prie, citoyen ministre, de comprendre dans la liste des sous-préfets le citoyen Laurenceot (3).» Malgré de si puissants soutiens, Laurenceot n’obtint point la place qu’il sollicitait. Il serait curieux de connaître quelles influences furent assez efficaces pourtriompher des bureaux, de la citoyenne Bonaparte, du Premier Consul lui-même. Nous savons seulement que Berthet, ancien moine de Saint-Bénigne de Dijon, eut comme appuis la députation côte-d’orienne et Crétet; une note contemporaine le qualifie de «très-doux,.. bon républicain (4) ».
(1; F 1b/II, Côte-d'Or 2, notes. Journal, 30 pluviôse.
(2) Dossier Martin (Arch. Nat., F. 1b/I, 167/10). F Ab/II, Côte-d'Or 2 notes.
(3) F 4b/II, Côte-d'Or 2 et 3, notes ; Napoléon Bonaparte à Lucien Bonaparte, 3 ventôse an VIII. Laurenceau à Guiraudet, 30 ventôse (Arch. dép., M/L, 9/1).
(4) F 4b/IL, Côte-d'Or 2. Laurenceau se contente d'écrire à Guiraudet, le 9 germinal an VIII : «il est bon que certains hommes et leurs intrigues soient connus, bien convaineu que celui qui me succède à des talents supérieurs à Ceux que j aurais pu apporter » (Arch. dép., M/T. 9/1). Le protégé de la citoyenne Bonaparte devint sous-inspecteur des forêts à Dôle (Kuscinski, Les conventionnels fonctionnaires après le 18 brumaire, Révol. franç. XX VII, 1892, p. 203).
Abe
Outre les sous-préfets le préfet reçoit de la loi de pluviôse l'aide d’un conseil de préfecture. Le rôle de ces magistrats attire peu l'attention de la foule et l'historien a peine à le reconstituer; il est cependant de la plus haute utilité pour la bonne marche de l'administration et l'examen des questions contentieuses ; souvent ses membres seront appelés à remplacer le préfet défunt ou absent. Ces auxiliaires importants furent choisis en majorité parmi les membres de l’ancienne administration centrale. Un arrêté du 25 ventôse nomma en effet les citoyens Parigot, Piette, Dubard et Laurenceot. Ce dernier, mécontent de n’avoir pas obtenu la sous-préfecture de Semur, n’accepta point cette insuffisante compensation. Il fut remplacé, le 29 thermidor an VIII (47 août 1800) par Royer. Ces diverses nominations semblent avoir été en grande partie l’œuvre du tribun Chauvelin. Des quatre conseillers de préfecture, seul Parigot ne faisait point partie de l'administration centrale lors du 18 brumaire ; mais on le signale comme ancien président de directoire de district, « patriote pur dans ses principes... entendant les affaires. très circonspect dans sa vie politique ». Ces qualités, sans doute, le firent préférer à l'administrateur Godard qui dut se contenter d'un siège au conseil général (1).
Une place restait à pourvoir. La préfecture devait être dirigée dans sa vie journalière par un secrétaire général. Vaillant, qui remplissait des fonctions analogues depuis 1790, fut chargé d’être l’exécuteur des ordres du préfet ; en fait, il en fut souvent l’inspirateur ou même l’auteur principal. Le Journal de Carion se félicita de voir maintenir à ce poste de confiance un révolutionnaire avéré. Le préfet vanta «sa probité, son intelligence et son exactitude, son attachement au gouvernement, ses connaissances en administration (2)».
Vaillant fut secondé par les employés des bureaux de la préfecture dont le travail ignoré permet le fonctionnement régulier de toute l’organisation administrative et transforme en
(1) F 1b/II, Côte-d'Or 2.
(2) Journal, 5 prairial : « nomination... agréable à tous les administrés. » Préfet au Min, Intérieur, 21 floréal an VIL (K 1b/II, Côte-d'Or 2). Par mesure générale, tous les secrétaires généraux des administrations centrales avaient été maintenus en fonctions (Regnier, Les préfets du Consulat..., p.41, n. 1).
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actes les pensées des chefs de l’administration (1). Guiraudet fut obligé de se contenter de deux bureaux consacrés l’un aux finances, l’autre au reste des matières administratives. Le personnel se composa de deux chefs, deux sous-chefs, un archiviste et un certain nombre d'employés, d’expéditionnaires et d'hommes de peine. Pendant le reste de l'an VIII fonctionnera encore le bureau des domaines, chargé de la vente des biens nationaux ; d'après les prévisions budgétaires la modicité des crédits alloués par le gouvernement nécessiterait ensuite sa réunion avec le bureau des finances et le renvoi de plusieurs surnuméraires. Guiraudet dut à plusieurs reprises stimuler le zèle et régulariser les méthodes de travail de ses « collaborateurs (2) ».