‹ L'Administration Préfectorale dans le Département de la Côte-d'OrChapitre 2 sur 98 · CHAPITRE. PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE. PREMIER

La Côte-d'Or pendant la Révolution

Créé par la loi du 22 décembre 1789, lors de la grande réforme administrative de l’Assemblée constituante, le département de la Côte-d'Or se compose de la presque totalité des contrées. « d'Auxoïis, Auxonnais, Beaunois, Châtillonnais et Dijonnais, d’une partie du Charolais et du Morvan ; d’une petite partie de la province de Champagne et de quelques communes de l'Isle-de- France, de la Franche-Comté et du Nivernais (1). » Sa superficie territoriale ne s’est pas modifiée depuislors ;elle atteint 871.191 hectares. Le 9 février 1790, les 427.333 habitants que comptait alors ce département furent répartis entre 7 districts, 88 cantons et 762 communes. Le chef-lieu fut établi à Dijon que désignaient le chiffre de sa population et sa situation de capitale de l’ancienne province de Bourgogne. Les autres chefs-lieux de district furent Beaune, Châtillon, Semur, Arnay-le-Duc, Is-sur-Tille et Saint-Jean-de-Losne. Les districts disparurent,

(1) Vaillant, I, p. 2. Cf. Kleinclausz, Æist. Bourgogne, p. 362, La formation du département de la Côte-d'Or et le choix de ce nom ont été particulièrement étudiés par G. Dumay, Géographie historique du département de la Côte-d'Or (Mém. Société bourg. de Géographie et d'histoire, XVII, 1902) p. 1-42. On trouvera une description géographique et économique dans Vaillant, 1, p.35 ss., utilisée par Simon, Les subsistances à Dijon de 1789 à1 794 (Hist. économique de la Révolution. Comité départemental de la Côte-d'Or. Enquêtes sur la Révolution en Côte-d'Or, 1), p. 211-215.

on le sait, avec la constitution del’an Ill et ressusciteront, moins nombreux, en l’an VIII sous le nom d’arrondissements (1).

Il n’est pas encore possible de retracer avec brièveté et précision l’histoire administrative de la Côte-d'Or pendant la Révolution. La législation, très compliquée, se modifie constamment; son application dépend de multiples circonstances locales et ne saurait être étudiée en faisant abstraction de l’histoire politique, religieuse et économique. Cette époque, si mouvementée et sitouffue, si riche en idées eten événements, demeure insuffisamment connue (2). À l’aide des travaux déjà publiés, de sujets et de valeur historique fort variables, on peut, toutefois, se représenter dans son ensemble l’état de l'esprit public des populations côte-d’oriennes pendant la période révolutionnaire. Pour qui veut étudier dans ce département l’histoire du gouvernement impérial, c’est la question essentielle. Avec le Consulat, les formes administratives changeront ; le personnel administratif sera renouvelé et soumis à une direction nouvelle et uniforme ; les lois religieuses, militaires, financières recevront des modifications plus ou moins profondes ; un esprit différent animera les assemblées législatives et le pouvoir exécutif. Mais les sentiments primordiaux, les habitudes de pensée, les désirs politiques ou économiques des habitants de la Côte-d'Or demeurent les mêmes et constituent le milieu moral dans lequel anciens et nouveaux administrateurs ont vécu et agi, vivront et agiront.

Les caractères généraux de cet esprit public sont très simples et très constants. La Côte-d'Or accueillit avec enthousiasme la Révolution de 1789 : elle se montra inébranlablement fidèle au régime nouveau mais sut éviter les excès et les violences révolutionnaires. C’est un département franchement patriote, mais d’hommes au tempérament modéré (3).

(1) Kleinclausz, op. et loc, laud. Dumay, p. 36, 37.

(2) Le meilleur tableau d'ensemble est celui de M. Kleinclausz, Mist. de Bourgogne, p. 347-395, auquel il conviendra de se reporter souvent.

(3) Cf. L. Hugueney, Les clubs dijonnais sous la Révolution ; leur réle politique el économique, 1905, p. 6: «le bon sens, la placidité d'esprit de ses habitants y ont rendu les exécutions plus rares et la terreur moins tragique ». D. Perrenet, La Terreur à Dijon ; la conspiration des prisons (Mém. Société bourg. d'histoire et de géographie, XXIII et tirage à part, 1907) D reRS

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