L'instruction publique
Sous la Révolution, la direction générale de l’enseignement avait appartenu aux autorités administratives. {l en fut ainsi jusqu’à la création de l’Université. [ei encore le préfet a hérité des fonctions des anciennes administrations centrales et aucun
(4) Joly au Min. Justice, 9 prairial, 43 messidor an X : Min. Justice à Berlier, 26 vendémiaire an XI ; Frochot au Min. Justice, 4 er fructidor an X : réponse du #7 (F Ac/III, Côte-d'Or 2).
(2) Proteau au préfet, 6 prairial an X : Amanton au préfet, 42 prairial: Meynier, Veaux et Lecourbe au préfet, 2 prairial ; général Lucotte au même, 12 prairial : Préfet au Min. Justice, 11 messidor (U/3, 17).
biais tie
ne
état ls
changement grave ne fut apporté dans la législation scolaire avant la loi du 11 floréal an X (1° mai 1802) (1).
Pendantle Consulat décennal, il n'existe pas en Côte-d'Or à proprement parler d'établissement d'enseignement supérieur. Le plus haut degré de l'instruction est représenté dans ce département comme ailleurs par l’École Centrale. Le programmé de celle-ci affectait en effet un caractère encyclopédique et comprenait des matières depuis réservées aux Facultés de droit, des lettres et des sciences. Les cours de médecine y faisaient défaut. Continuant les traditions des États de Bourgogne, l'administration centrale avait subventionné des professeurs d'anatomie et d'accouchement. Le Conseil général vota les sommes habituelles dans « l'intérêt de l'humanité (2). »
L'École Centrale fait également office d’école secondaire. Conseil général, conseils d’arrondissements, fonctionnairessont d'accord pour proclamer l'excellence de l’enseignementde celle de Dijon « dont la réputation attire une foule d’élèves des départements voisins ». Parmi ses professeurs on parle surtout des deux Jacotot dont l’un, inventeur d’une méthode alors estimée pour enseigner les langues, devait devenir recteur de l’Académie de Dijon (3). En l’an X, 395 élèves fréquentent l'École Centrale alors que celle de Lille n’en compte que 160. Cet effectif lui assurerait un rang extrêmement honorable parmi les établissements de ce genre si l’on pouvait affirmer que certains de ces auditeurs ne sont pas inscrits à plusieurs cours simultanément. Les langues anciennes intéressent 80 jeunes gens, la géographie et l’histoire 78, les belles-lettres 31, les mathématiques 41 et la physique 38 ; les cours les moins suivis sont ceux d'histoire naturelle et de législation qui n'ont que 20 et 21 auditeurs ; par contre, on compte 154 élèves de grammaire et 177 de dessin (4).
Entre cette école et les écoles primaires il n'existe pas de collèges ou d'établissements intermédiaires. Cette lacune fut
(1) Aulard, Napoléon et le monopole universitaire, pp. 5,7, 8. (2) Vaillant, I, p. 582. Conseil général, an VIII (Arch. dép., N/1, 1). (3) Conseil général, an IX (N/1, 1). Aulard, p. Son
(4) Etat, an X (Arch. dép. T/2, 1). Peter, £nseignement secondaire Nord, p. 178.