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vivement regrettée par les assemblées côte-d’oriennes ; elles déplorèrent en même temps la disparition des anciens collèges municipaux (1).
Moins brillante encore est la situation de l’enseignement primaire; elle est qualifiée de « déplorable» par le conseil général ; le conseil d'arrondissement de Dijon déclare : « l'instruction est nulle, absolument nulle dansles campagnes ». Les causes en sont le changement apporté dans la condition matérielle des instituteurs et la disparition des congrégations enseignantes. « Que l’on ne perde pas de vue, recommande en germinal an IX le conseil d'arrondissement de Châtillon, que c'était des écoles dites des frères de la doctrine chrétienne que sortaient les bons instituteurs.» Cette opinion n’est pas isolée en Côte-d'Or et l’on sait que Bonaparte la partageait. D'autre part, le maître d'école n’a plus, comme autrefois, la jouissance de quelques terres communales et une part dans le casuel ; le clergé témoigne de l'hostilité à ces intituteurs qui logent dans les anciens presbytères ou refusent de conduire leurs élèves à l’église (2).
L'administration s'efforce de remédier à cette situation. La nomination des maîtres d'école est entourée de sérieuses garanties. [ls doivent obtenir un certificat d'aptitude délivré par un jury nommé par le préfet. Le conseil municipal de la commune intéressée et le sous-préfet donnent leur avis sur les candidats ; le préfet décide. Il règle encore l’indemnité de logement et la rétribution scolaire auxquelles l’instituteur aura droit (3). C’est au préfet qu'incombe la surveillance des maîtres. En prairial an IX les habitants d’Auxey se plaignent
(1) Conseil général, an IX ; conseils d’arrondissement Beaune et Dijon (N/1,1:2,1).
(2) Conseil général, an IX ; conseil d'arrondissement Dijon, messidor an VIII, Châtillon, germinal an IX (N/1, 1 ; N/2, 1}. Aulard, p. 48. Demartinécourt, commissaire près l'administration municipale de Selongey, au Min. Intérieur, 23 ventôse an VII : « qu'enfin l’on suive pour toutes les petites écoles l’excellente méthode, la bonne tenue des frères dits de la doctrine chrétienne » (Arch. Nat. F Ac/Ill, Côte d'Or 8).
(3) Certificat du 7 nivôse pour le citoyen Grandné ; avis du sous-préfet de Beaune, 11 nivôse : arrêté de nomination, 19 nivôse. Le préfet réduit à 120 francs l'indemnité que les communes d’Agencourt et de Boncourt, qui n’ont point de presbytères, avaient primitivement fixée à 160 francs en faveur de Grandné (Arch. dép. T/1, 4).
du citoyen Dard qui réclame une rétribution plus élevée que celle fixée par l'autorité préfectorale et va «aux champs au lieu de tenir école ouverte ». Le sous-préfet de Beaune fait une enquête et conclut que cesaceusations sont l'effet dela calomnie. Guiraudet rejette, en conséquence, les réclamations des villageois d’Auxey (1). L'intervention des autorités administratives s'exerce même en matière de règlement intérieur et d’enseignement. Un arrêté du 4 prairialan X fixe les jours de congé au jeudi et au dimanche au lieu des quintidiet décadi. Le maire d'Auxonne décide de l'attribution des prix sur lerapport d'une commission municipale d'examen (2). Ce sont là des faits qui témoignent de l'intérêt que prennent les fonctionnaires administratifs aux questions scolaires ; ce ne sont point des indices d'amélioration.
(1) Pétition des habitants d'Auxey, 14 prairial an IX ; avis de Frémyet, 12 messidor ; arrêté de Guiraudet, 19 messidor (T/45 4):
(2) Arrêté du 4 prairial an X (T/2, 1). Arrêté du maire d’Auxonne, 2° complémentaire an IX: vote du conseil municipal de la même commune de 350 francs pour faciliter la fréquentation scolaire des enfants indigents, 49 pluviôse an IX (T/1, #).