CHAPITRE II
Les derniers mois de l’administration directoriale
À ladate du 18 brumaire l’organisation administrative était réglementée par la constitution de l’an IT et diverses lois postérieures qui avaient accru l'influence du Directoire sur les autorités locales. Le département, divisé en de nombreux cantons administrés par une municipalité cantonale, avait à sa tête une administration centrale. Les cinq membres qui la composent doivent constitutionnellement être élus; en fait, leDirectoire les nomme plus ou moins directement. [ls ont la haute main sur toute l'administration du département; en particulier ils veillent à l’exécution des lois, maintiennent la sûreté et la tranquillité publique, rédigent des arrêtés, disposent dela force armée. Les municipalités cantonales leur sont subordonnées; ils peuvent en annuler les actes ou suspendre les membres. L'administration centrale possède donc de sérieux moyens d'action. Mais elle-même se trouve sous la dépendance du commissaire du Directoire dont les progrès de la centralisation et de l’absolutisme gouvernementaux ont fait le véritable dépositaire du pouvoir exécutif dans le département (1).
Ainsi organisées et armées les administrations centrales étaient capables de soutenir efficacement le gouvernement légal et de résister à un coup d’État ; leur origine, la présence du commissaire leur en inspiraient le désir. De fait, certaines autorités locales, dans le Jura par exemple, n'acceptèrent pas les résultats de la journée du 18 brumaire. En Côte-d'Or, administrateurs et administrés acceptèrent les faits accomplis; ils imitèrent les habitants des Bouches-du-Rhône dans leur adhésion passive sans connaître les hésitations de l’adminis-
(1) Poullet, Zastitutions, p. 160-175. Jaurès, Host. socialiste, NI p.20
tration centrale du Pas-de-Calais ou la permanence du elub
des Jacobins de Toulouse (1).