La 18e division militaire
Ils ont, il est vrai, des collaborateurs dépendant des ministères de la guerre (1). Toute une organisation militaire à été instituée par la Révolution et perfectionnée par Napoléon pour fournir aux armées sans cesse en campagne les hommes, les vivres, les habits, les armes, les munitions, les chevaux, les voitures dont elles ont besoin. Le territoire de la France a été divisé en divisions militaires. Dijon est le chef-lieu de la 18° qui comprend sous le régime impérial les départements de la Côte-d'Or, de l'Yonne, de la Haute-Marne et de la Saône-et- Loire. Cette circonscription militaire est commandée par un général de division qu’assiste un état-major assez nombreux (2). Le général Meynier fut remplacé au commencement de l'an XII par le général Montchoisy, ancien commandant des troupes françaises en Helvétie (3). Celui-ci demeura peu de temps à Dijon ; il alla prendre le commandement de la division de Gênes et fit place au général Sionville. A la mort de ce dernier, survenue en juillet 1808, Napoléon envoya dans la 18° division un Piémontais passé au service de la France, le général Frésia (4). Frésia devint bientôt inspecteur-général de la cavalerie. Un ancien compagnon de Bonaparte en Italie et en Égypte, le général Vial, lui succéda et ne quitta ce poste que pour rejoindre l’armée de Saxe en 1813 et mourir à Leipzig (5).
(1) U y avait alors le Ministère de la guerre et celui de l'Administration de la Guerre. La situation géographique de la Côte-d'Or explique que les services de la marine y aient été réduits à un détachement de trois hommes chargés des fournitures en bois de construction que le département produit assez abondamment (Vaillant, 1, p. 380).
(2) Il comprend 3 aides-de-camp, un adjudant-commandant et deux adjoints, un inspecteur et un sous-inspecteur aux revues. Le général commandant la Côte-d'Or dispose de deux aides-de-camp, 2 commissaires de guerres, un capitaine du génie. Résident encore dans le département un payeur divisionnaire et un payeur particulier, un directeur des vivres, un agent-général des transports, des employés et gardes-magasins (Vaillant, 1, p. 366).
(3) Journal, 30 vendémiaire an XI ; 15 vendémiaire an XL. Correspondance de Napoléon, NII, 5831.
(4) Correspondance, XI, 9163, 12 fructidor an XIII (30 août 1805). Sionville au préfet, 10 frimaire an XIV (Arch. dép. R/#, 9); préfet au capitaine de la compagnie départementale, 15 juillet 1808 \R/1, 13).
(5) Capitaine commandant la place de Dijon au préfet, 15 décembre 1808 (R/1, 13). Journal, 16 avril 1809. Chuquet, Ordres et apostilles de Napoléon, I, n° 986, 1049, p.191 n, 1. Correspondance, 1, 353.
Le dernier commandant de la division de Dijon fut également un vieux soldat des armées d'Italie et d'Égypte, le général Veaux. Veaux était né à Seurre ; depuis longtemps il commandait le département de la Côte-d'Or qu’il n'avait quitté que pour diriger de 1806 à 1808 une brigade des troupes d’occupation de la Poméranie suédoise. Son origine côte-d’orienne et son long séjour lui avaient acquis les sympathies des populations ; malgré ses états de service et sa brillante campagne des bords de la Baltique, Napoléon fit attendre longtemps à son ancien compagnon la place qu’il désirait (1).
Le général dedivision et, sous sesordres, le général commandant le département de la Côte-d'Or s'occupent des multiples détails de l'administration militaire. Ils assistent le préfet au conseil de recrutement, répartissent les conscrits entre les divers corps de troupes, ont la haute direction des garnisons locales. Celles-ci furent extrêmement faibles en Côte-d'Or. Une compagnie de vétérans séjourna à Dijon, puis à Auxonne, et fut enfin supprimée; des bataillons piémontais ou suisses passèrent peu de temps à Auxonne ou à Beaune. Auxonne, l'unique place forte du département, demeura longtemps délaissée ; toutefois son arsenal et son école d'artillerie motivèrent en 1810 la venue du dépôt du 1* régiment d’artillerie ‘à cheval et plus tard du dépôt du 23° de ligne (2). Général divisionnaire et général départemental sont assistés d’un commandant spécial pour les villes de Dijon et d’Auxonne et d’un commissaire-ordonnateur chargé de l’intendance, des étapes et des réquisitions. On constate encore la présence d'officiers détachés par les corps actifs afin de veiller à leur recrutement (3). À l’administration militaire se rattache le commissariat des salpêtres auquel la raffinerie de poudre sise à Vonges donne en Côte-d'Or une certaine importance (4).
(1) Correspondance, I, 1919. Journal, 30 vendémiaire an XI, 10 juin 4807, 20 juin 1811. Chuquet, I, no 912; 4535. Capitaine-commandant de Dijon au préfet, 29 novembre 1806 (R/1, 23 bis). Cf. Vaillant, I, p. 240, 241 ; Mémoires Société bourguignonne de géographie et d'histoire, XNII, p. 364.
(2) Vaillant, I, p. 368, 369. Journal, 5 brumaire an XII, 25 nivôse, 5e complémentaire an XII; Chuquet, III, 4312, 4425 ; Correspondance, XX, 16352 ; général Meynier au préfet, 27 germinal an XI. (Arch. dép. R/1, 24.)
(3) Vaillant, I, p. 368. Journal, 20 août 1807, 11 avril 1808.
(4) Vaillant, I, p. 369-371.
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