‹ L'Administration Préfectorale dans le Département de la Côte-d'OrChapitre 52 sur 98 · CRUE · texte numérisé non relu

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moins désintéressés. Un ex-colonel de hussards « en surveillance... comme aide-de-camp de Pichegru » veut témoigner de son loyalisme ; un protégé de la municipalité d'Auxonne espère être récompensé par le grade d'officier (1).

Les 1.000 recrues se réunissent au chef-lieu, s’habillent et s'organisent ; elles commencent leur instruction militaire. Lecoulteux a fort à faire pour leur fournir la solde, les vivres, le costume, l'équipement, les armes. Fouché lui suggère de provoquer l'allocation par les communes d'une indemnité journalière de deux francs à chaque garde; sur ces quarante sous, le département en retiendrait dix pour se rembourser de ses avances. Plus tard l’empereur décida que l’administration de la Guerre fournirait l'habillement et l'équipement (2).

Toute cette correspondance, toute cette agitation demeurèrent inutiles. La longue résistance de la forteresse de Flessingue et les fièvres de l'ile de Walcheren rendirent vaine et désastreuse la grande expédition britannique. Napoléon, surpris de l’activité de Fouché et inquiet de ses véritables intentions, blâäma les mesures prises par le ministre de la Police et, en particulier, l'appel des gardes nationaux de la Côte-d'Or. Fouché s'empressa de donner contre-ordre à Lecoulteux dans une lettre confidentielle du 4 octobre. I] lui recommanda de licencier le bataillon côte-d’orien « sans éclat » et d'achever, cependant, les listes de contrôle, de conserver les divers états dressés, de répartir sur le papier les gardes en compagnies et de prévoir ceux qui éventuellement pourraient devenir officiers ta

En 1812, un Sénatus-Consulte du 13 mars sous prétexte de réorganiser la garde nationale décida la levée de cent cohortes composées de conscrits des classes 1807 à 1812. Les hommes mariés étaient dispensés et ceux qui avaient déjà fourni un

(1) Circulaire du min. police, 25 août 1809; min. au préfet, 26 août. Jowrnal, 3, 21, 24 septembre 1809 (R/£, 9). Sur 44 engagements, 7 seulement émanent de civils (Registres ; préfet au sous-préfet de Beaune, 30 septembre. R/4, 9).

(2) Journal supra. Circulaire 14 septembre; 2e arr. de police au préfet, 25 septembre 1809 (R/#, 9).

(3) Correspondance, XNIIL, 15866, 18883. Cf. Guillon, Complots militaires, p- 154-168. Lettres confidentielles de Fouché au préfet, 4 et 10 octobre 1809 (R/#, 9).

remplaçant étaient placés dans le 2° ban. Les formes de cette levée sont celles des conscriptions ordinaires; les réformés subissent un nouvel examen: on suit l’ordre des numéros tirés au sort en tenant compte des cas de mise au dépôt de droit; les recrues peuvent se procurer un substitué ou un remplaçant. l'uniforme est semblable à la tenue de la ligne. C’est une véritable conscription déguisée par le nom et atténuée par la promesse de n’employer ces troupes qu’à l'intérieur des frontières de l'empire. La Côte-d'Or eut à constituer la 55° cohorte. Le préfet procéda à la désignation des 888 gardes nécessaires et, plus tard, de 88 hommes destinés à servir comme fourriers, tambours et caporaux. Ces recrues semblent avoir répondu à l’appel avec « l'esprit de soumission » habituel des conscrits de ce département. Au mois de juin il ne manque que 26 jeunes gens résidant hors de la Côte-d'Or ; le préfet prévoyait leur remplacement par d’autres gardes. Réunie à Dijon, la 55° cohorte s'organisa ; le sénateur Villemanzy la passa en revue et se déclara satisfait. L'empereur avait d’abord décidé de la comprendredans la 10° brigade et la réserve générale de Paris ; bientôt il en ordonna le départ pour la Hollande, dont la récente réunion à l'empire n'avait pas augmenté les sympathies pour le régime impérial. Dédaigneux, des promesses de son décret du 14 mars, il songea en juin 1812 à renforcer par la 10° brigade de cohortes la garnison de Berlin! Les gardes mobilisés de la Côte-d'Or auraient été ainsi compris dans ces troupes qui furent anéanties en allant à la rencontre des débris de la Grande-Armée détruite par la retraite de Russie. Maïs l’empereur se ravisa et la 55° cohorte demeura à Utrecht (1).

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