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Le clergé impérial

L'initiative des mesures réorganisatrices du diocèse avait appartenu à Me Reymond ; Guiraudet se borna à contrôler et à stimuler l'activité de l’évêque de Dijon. Pendant toute la durée du régime impérial les préfets exercèrent cette surveillance et l'étendirent aux actes des divers membres du clergé (3).

Le premier soin des représentants du gouvernementfutd'assurer le respect des lois de police ecclésiastique, assez négligées en Côte-d'Or comme dans les Bouches-du-Rhône etl’Aude. Dans

(1) Préfet à sous-préfet de Beaune 5 fructidor an X : « dans ce département. les citoyens sont assez éclairés... pour juger que tout signe extérieur d’un culte. est une atteinte indirecte à la liberté des autres » (V 28). Cf. en

ce sens Fournier et Saint-Yves, p. 864.

(2) Règlement 29 prairial an X ; circulaire 16 messidor an XI; Evêque au préfet 4 vendémiaire an XII ; réponse 10 vendémiaire (V 18).

(3) Préfet au conseiller d'Etat Portalis 25 thermidor an X (V 1). En 1809, on procéda à une nouvelle circonscription des paroisses. (Préfet au Min. Intérieur 43 mars 1809, F/7, 3668). Cf. AF/IV, 1416.

les campagnes, les desservants marient à l’église sans exiger des parties le certificat de l'officier de l’état-civil ; ils enterrent sans autorisation municipale. Parfois la matérialité des faits est discutable (1); plus souvent la bonne foi du délinquant est manifeste : il ignore la loi ou a cru le maire qui lui affirme l'inutilité de la pièce réglementaire (2). Dans certains villages, les habitants persistent à célébrer les fêtes récemment supprimées. Quelques prêtres cèdent aux désirs de leurs paroïssiens; ils sont dénoncés au préfet qui les signale au Directeur-général des Cultes (3). Beaucoup se refusent à participer à la cérémonie. Leurs ouailles se passent du pasteur. Le maire ordonne de sonner les cloches ; « des paysans... osant prendre les places (des) curés... remplissent de la manière la plus scandaleuse et la plus dérisoire les fonctions du sacerdoce.….. récitent les prières de la messe, chantent les vêpres ». Le desservant de Lamargelle se plaint au préfet que l’on a « célébré... par des offices divins, sans la participation d'aucun prêtre » la fête de la Nativité (4). Ces manifestations n’ont souvent de religieux que l’occasion: Molé, d'accord avec Mer Reymond, interdit un apport qui avait lieu traditionnellement dans un bois près de Bard-le-Régulier parce que, d’après Frémyet, «on n’y voit accourir que des désœuvrés qui ne” viennent [à que pour manger et pour s’enivrer ». La population tient avec constance à ces excursions gastronomiques. Le maire de Bard enlève la serrure apposée sur l’ordre du préfet et de l'évêque ; celui-ci demande au sous-préfet de Beaune de

(1) Préfet à desservant de Beire-le-Chatel 28 frimaire an XII (V 20). — En dehors des sanctions ecclésiastiques, ces délits sont punis de peines civiles ; le tribunal de Dijon infligea dix jours de prison au desservant de Lantenay qui avait inhumé sans autorisation un enfant mort de la petite

vérole, le danger de contagion atténuant sa culpabilité (Préfet au Min. Cultes 44 avril 4810. V 24).

(2) Richard, desservant de Beire-le-Chatel au préfet 16 frimaire an XII; les mariés déclarent que le prêtre les à unis « après lui avoir certifié que M. le maire avoit dit qu'il pouvait le faire » (V 20) ; sous-préfet de Châtillon au même 23 octobre 4809 (V 21).

(3) Sous-préfet de Beaune au préfet 19 pluvidse an XI: préfet au conseiller d'Etat Portalis 21 pluviôse an XII (V 19).

(4) Desservant de Lamargelle au préfet 12 septembre 1807(V 24). Maire de Trouhans au même 24 nivôse an XI {(V 28) ; desservant de Massingy au même 10 messidor an XI (V 18).

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la faire replacer (1). Ailleurs on continue à sonner les cloches comme par le passé; maires et desservants s'accusent mutuellement de provoquer cette contravention au règlement épiscopal et préfectoral (2).

L'autorité civile entend que le clergé concordataire interprète les lois canoniques dans un esprit moderne de large tolérance. Riouffe s'étonne que le curé de Saint-Seine n'accepte pas pour parrain et marraine deux de ses paroissiens auxquels il reproche de ne pas accomplir leur devoir pascal. Renseignements'pris, les parrain et marraine ont bien quitté l’église mais de leur plein gré, parce qu’ils estimaient trop longs les rites baptismaux. Dans cette même commune un prisonnier prussien meurt ; le curé lui refuse une place au cimetière parce que le défunt est sans doute luthérien ; le préfet approuve le maire d’avoir passé outre à cette opposition. À Saint-Remy, le curé ne veut pas participer aux funérailles d’un habitant décédé sans avoir reçu les sacrements. A l’hôpital d'Arnay-le-Duc, un chirurgien « à l’instigation d’un vicaire » pratique une opération afin de permettre le baptême d’un enfant dont la mère est en danger de mort. Lecoulteux attira l'attention du ministre de la police sur cet acte « d’un fanatisme outré (3) ». Onrencontre de fréquentes plaintes contre des prêtres qui du haut de la chaire adressent de publics reproches à certains de leurs paroissiens, blâment les décisions ou la conduite des autorités municipales ou ne veulent pas admettre à la première communion les enfants de leurs adversaires locaux ; le desservant d'Aubigny « vitupère à l'autel » contre l’état de délabrement où se trouve le mur du cimetière communal. Les préfets

(1) Sous-préfet de Beaune au préfet 28 octobre 1807 ; arrêté préfectoral 19 août 1808 ; évêque au sous préfet 6 septembre 1813 (V 20).

(2) Circulaires aux maires 30 nivôse an XI; 16 messidor an XI (V 18); préfet au maire de Lamargelle 12 septembre 1807 ; réponse 27 septembre (V 24). Cf. sur l’inobservation des lois civiles ecclésiastiques Fournier et Saint- Yves, p. 374. Bourdon, Statistique de l’Aude, Révol. franç., 1912, LXIIT, p- 125.

(3) Préfet à l'Evêque 1er messidor an XIII ; réponse du 8 (V 27) ; maire de Saint-Seine au préfet 44 mars 4807, réponse 20 mars (V 27). Maire de Saint-Remy au préfet 42 mai 4808 (V 27). Bulletin de police 17 janvier 1842 (Arch. Nat. KF/7, 3374).

admonestent les inculpés ou sollicitent leur changement d'office (1).

Cette adaptation des règles ecclésiastiques aux présentes conjonctures provoqua à deux reprises l’intervention des chefs civil et religieux du département contre l’abbé Arvier. En l’an X, il excommunie deux habitants d'Uncey leur interdisant « lentrée du temple » et défendant « au nom de la religion » à ses paroissiens d’avoir « aucune liaison même sociale avec eux ». L'abbé Arvierinserit son ordonnancesur l’un des registres municipaux. Les coupables auraient, semble-t-il, négligé depuis longtemps de se soumettre à divers commandements de l’Eglise. Cette initiative alarma Guiraudet et Mer Reymond. Celui-ci suspendit immédiatement Arvier de ses fonctions curiales ; celui-là déclara comme d’abus la décision du desservant d’Uncey et demanda de plus amples instructions au conseiller d'Etat Portalis. Il lui fut répondu d'envoyer des renseignements détaillés et de prendre toutes mesures urgentes, au besoin d'ordonner l'arrestation de l’abbé. Guiraudet, bien que peu convaincu de la légalité du procédé, envoya les gendarmes se saisir d’Arvier ; le détenu par voie administrative ne fut libéré que trois mois après en vertu d’une lettre du ministre de la Justice estimant que le « citoyen Arvier a suffisamment expié ses erreurs (2) ».

Portalis avait averti Guiraudet que «le vrai moyen de contenir ce prêtre. sera de ne point l’employer dans la nouvelle organisation » du clergé de la Côte-d'Or. Préfet et évêque oublièrent cette recommandation ; l'abbé Arvier fut nommé desservant d’Aubigny-les-Sombernon. En mars 1810, il fulmina de nouvelles excommunications. Pour toute soumission aux blâmes qu’il avait encourus en l’an X, Arvier consent à graduer les mesures de rigueur. Pendant la première année, il se bornera à des exhortations à l’usage des habitants qui n’accomplissent pas le devoir pascal. Durantune seconde, il les avertira

(1} Maires de Chevanay, Saint-Hélier et Champrenault au préfet 7 octobre 1808 (F/7, 8533). Préfet au sous-préfet de Beaune 41 avril 4807 (V 27). Souspréfet de Beaune au préfet 8 avril 1808 (V 25). Maire d'Aubigny au préfet 1808 (V 20); maire de Saint-Rémy au même 12 mai 1808 (V 27).

(2) Arrèté 6 messidor an X ; Portalis au préfet 7 et 17 messidor ; Préfet à Min. Police 6 messidor ; Min. Justice au préfet 6 vendémiaire an XI (V 28).

que leur endurcissement les expose à être privés « de l'entrée de l’église pendant leur vie et de … la sépulture ecclésiastique après leur mort ainsi que l’ordonnent les saints canons ». Enfin, à partir de la troisième année, il mettra ses menaces à exécution. Afin d’en assurer le succès il annonce qu’il « aura recours... à la puissance civile ». Arvier avait aggravé son cas en consignant la nouvelle ordonnance sur les registres de l’état-civil de la commune. Il s’en était mis en possession à la suite de manœuvres assez obscures qui avaient induit le maire en erreur sur les véritables intentions du desservant. À ces délits, Arvier joignit bientôt une résistance opiniâtre et longtemps heureuse contre l’évêque, le préfet etle ministre des cultes. Le fait mérite d’être conté.

L'abbé Arvier écrivit sa déclaration le 28 mars 1810. Dès qu'il en fut informé Lecoulteux lui prescrivit de quitter sur le champ le village d'Aubigny ; sinon il le ferait arrêter « par mesure de süreté publique ». Ms Reymond, mis au courant, s’empressa d'écrire au desservant pour luiinterdire «d’exercer aucunes fonctions dans le département de la Côte-d'Or » et l'inviter à se rétracter. Le ministre, également averti parle préfet, ne prit pas l'affaire aussi au tragique qu’en l'an X Portalis l’avait fait. Bigot de Préameneu pense que«ce prêtre n’a pas la tête bien saine »; il juge cependant nécessaire sa révocation. Pendant ce temps le maire Décailly était suspendu de ses fonctions par Lecoulteux pour avoir gravement manqué à ses devoirs professionnels en se dessaisissant des registres municipaux. La sanction ne parut pas suffisante au ministre de la Police qui invita, sans donner d'ordre formel, le préfet à demander au maire coupable sa démission. Lecoulteux profita de cette latitude ; il ne changea pas le maire d’Aubigny parce qu'il ne savait qui lui trouver pour successeur et que le sieur Décailly avait été surtout victime de sa confiance en l’abbé Arvier.

Cette mesure facilita la résistance du desservant. Le 6 août Décailly demande au préfet la « grasse » de laisser le prêtre coupable dire la messe dans l'église d’Aubigny; sinon la paroisse sera privée de tout service cultuel. Lecoulteux répond par l’ordre de faire partir de suite l’ex-desservant. Le maire en

-avertit Arvier dont le 20 août il annonce le départ pour le

lendemain. La nouvelle était prématurée. Arvier ne songeait nullement à quitter Aubigny. ll eut soin de préparer la justification de sa résistance en concluant un accord avec le desservant de la commune voisine de Saint-Anthot. Celui-ci viendrait à Aubigny dire la messe et serait remplacé dans sa propre paroisse par l'abbé Arvier. Cette ingénieuse combinaison était manifestement contraire à la décision prise par l’évêque le 19 avril 1810 et rappelée à l'intéressé par Msr Reymond le 30 juillet ; canoniquement Arvier ne pouvait remplir aucune fonction ecclésiastique dans toute l'étendue du département, L'ex-desservant usa en outre de manœuvres dilatoires. 11 fit solliciter par le vicaire général Colin une audience préfectorale ; elle lui fut refusée par Lecoulteux qui répondit à l'intermédiaire : « je l'accorderai… lorsque mes ordres auront été remplis ».

Arvier attendit meilleure occasion d'expliquer sa conduite. Bien que le préfet ait menacé de prévenir le ministre de l'Intérieur de ces agissements, il demeura à Aubigny et continua de célébrer les offices. En avril 1811, l’évêque signale au préfet cette persistante désobéissance à leurs communes défenses et lui demande d’agir avec vigueur contre ce prêtre « fanatique ». Lecoulteux avertit le 6 mai Décailly d’avoir à expulser l’exdesservant. En cas de refus, le maire sera destitué et les gendarmes iront appréhender l'abbé. Ce ne sont là que des paroles dont Décailly et Arvier s’émurent fort peu. L'été se passa. En septembre le maire expliqua au préfet que l’ex-desservant ne pouvait quitter plus promptement le village parce qu'il avait auparavant à achever de récolter le chanvre de son jardin ; Décailly affirmait son intention bien arrêtée de laisser l'abbé Arvier tranquille de crainte d’exciter « une révolution en ver les habitants ». Lecoulteux, cette fois encore, recula devant l'emploi de la force. 11 pria Mer Reymond d’user de toutes les mesures coercitives que les canons mettaient à la disposition de l'évêque. Arvier fut menacé d’être interdit. IL semble que le tenace desservant se résigna à obéir. Le 13 janvier 1512, il demande au préfet de certifier à l'évêque qu'il a été autorisé par lui à se rendre à Aubigny pour affaires (1)

(1) Copie de la déclaration d’Arvier 28 mars 1810 ; Préfet au Min. Cultes 16 avril 4810 (F ib/IT, Côte-d'Or 3). Evêque au préfet et à Arvier 19 avril <

Pendant près de deuxans, un simple desservant de campagne a tenu en échec le préfet de la Côte-d'Or, l'évêque de Dijon, les ministres des Cultes, de l'Intérieur et de la Police. Lecoulteux ne passa jamais des paroles aux actes. Plus circonspect qu'un préfet du Consulat décennal, un préfet de l’Empire autoritaire s’est laissé berner par un prêtre opiniâtre et par un maire de campagne. Il n’a pas osé destituer l’un et arrêter l’autre. Un tel respect de la liberté d'action des fonctionnaires et de la liberté personnelle des sujets de S. M. est bien fait pour surprendre {1}.

Le cas si suggestif de l'abbé Arvier témoigne de l'importance que présente pour le clergé paroissial l'appui de J'autorité municipale. Cette concorde entre la mairie et la cure est rare. Volontiers les administrateurs municipaux se font les inspirateurs ou les soutiens des pétitions envoyées au préfet pour demander le changement du curé on du suceursaliste. Parfois il s'agit de dénonciations sans qu’il se soit produit auparavant de querelles entre le prêtre et les habitants ou de conflits avec les autorités locales. On signale par exemple des desservants dont la moralité apparait comme suspecte ; d’autres fréquentent les cabarets, témoignent de trop de penchants « pour la table et le vin »; certains oublient de célébrer les offices religieux. C’est au préfet de désigner un juge de paix, un maire voisin, un citoyen notable pour aller sur les lieux réunir les renseignements nécessaires ; c'est à lui de provoquer de la part de l’évêque une peine disciplinaire proportionnée aux faits établis (2).

Min. Cultes au même 20 avril ; 2e arr. de Police au méme 44 mai: Préfet au maire d’Aubigny 197 août, 14 août ; réponses 6 et 19 août ; vicaire-général Colin au préfet 30 juillet et 22 août : Arvier au même 30 août et note du préfet ; Evêque au même 29 avril 4811 ; Préfet au maire d’Aubigny 6 mai et 20 septembre ; réponses 10 mai et 28 septembre ; préfet à l'Evêque 8 novembre ; Evêque à Arvier 10 novembre 1811 ; Arvier au préfet 13 janvier 4812 (V 28).

(1) D'ordinaire un préfet n'aurait pas reculé devant l'éventualité, que rien ne confirme, d'une émeute de quelques habitants. Arvier aurait-il eu de puissants protecteurs ? Cette hésitation du préfet Lecoulteux et l'oubli des recommandations de Portalis rendent le fait vraisemblable.

(2) Maire de Létang-Vergy au préfet 24 floréal an XI (V 24) ; préfet à l’Evèque 2 avril 1813 (V 23) : pétition de Savigny janvier 1808 (V 27) ; souspréfet de Châtillon au préfet 21 novembre 1810 (V 20).

D'ordinaire ces accusations se produisent au cours des querelles qui divisent le village. Le conseil municipal de Marigny-le-Cahouët attribue «la discorde de la commune » à des «bruits sourds » qui se répandent sur la conduite de la « salariée » du curé. Celui-ci prend la défense de sa servante ; « fille sage et vertueuse », elle a obtenu récemment condamnation contre un calomniateur insinuant « qu’elle libertinoiït avec le maître d’école ». En réalité, si l’on en croit le desservant, le complot serait organisé par un « grand aboyeur » mécontent de voir la salariée aller se faire soigner à Saulieu et de meneurs avides de « découvrir l'église » et de « casser la chaire ». Les conseillers municipaux se réunirent d'office en session extraordinaire et votèrent l’ordre au suceursaliste de congédier sa servante. Lecoulteux se montra fort irrité de cette séance tenue sans autorisation préfectorale ; il cassa la délibération et invita l'abbé Gaudot à surveiller la conduite de sa salariée (1). Semblables accusations, d’exactitude tout aussi discutable, se rencontrent à peu près dans toutes les affaires de ce genre (2).

Quelques-unes de ces fréquentes querelles sont caractéristiques. À Gissey-sur-Ouche en 1808 les appareils d'éclairage ont été retirés de l'église ; le maire s’approprierait le produit de la location des bancs et refuserait au desservant les pièces utiles au paiement de son traitement. Ms Reymond chargea le curé de Sombernon de réconcilier les adversaires. Le délégué épiscopal ne put décider les habitants à dire si l’instituteur avait ou non le droit à une rétribution pour chanter à l’église. Il confronta le desservant Pellieux et l’instituteur Vallot qui se disputèrent aigrement. Il semble que l'abbé mit les rieurs de son côté car tout le village est « égayé » du récit des querelles de ménage Vallot. Les partisans du desservant racontèrent que le maïître d'école cumule ces fonctions avec celles de garde-champêtre et de secrétaire de mairie ; le maire étant complètement illettré, Vallot est le véritable maître des

(1) Desservant Gaudot au préfet 6 janvier 4809 ; arrêté du sous-préfet de Semur (V 25).

(2) Par exemple Gissey-sur-Ouche, infra, — Juge de paix Decamps au

prelel 4 vendémiaire an XI (V 27) ; maire d’Argilly au préfet 10 novembre 1812 (V 20).

affaires communales. Il en profite pour infliger à ses élèves des fustigations sur lesquelles le procès-verbal donne des détails circonstanciés. Le curé de Sombernon revint sans avoir réussi dans sa mission. Bientôt le maire Mutin tendit un piège à Pabbé Pellieux. [luiaffirmaqu'il pouvait procéder aux obsèques religieuses sans permis municipal d’inhumer et s’empressa de le dénoncer pour avoir suivi ce conseil. Le préfet Molé preserivit la réfection de l'acte de l'état-civil correspondant et demanda à l’évêque de changer de paroisse le desservant coupable. Devant l’incrédulité de Ms Reymond, Molé poursuit son enquête et découvre la trame ourdie parles adversaires de l'abbé Pellicux. Il annonce au ministère de la police son intention de sévir contre le maire et contre l’instituteur. L'année suivante, les ennemis du succursaliste recommencent leurs attaques ; ils se saisissent des clefs de l’église sous prétexte d'éviter le tumulte qu’occasionnerait la célébration des offices par l'abbé Pellieux dont la servante est devenue enceinte. Lecoulteux les approuve et obtient de M#Reymond le déplacement du desservant de Gissey (1).

A Cessey-la-Côte, maire et succursaliste sedisputent le droit de choisir le fossoyeur. Le prêtre refuse de participer aux funérailles avec le titulaire municipal de cet office. Malgré ses doléances au préfet, Riouffe donna raison au maire en décembre 1806. Le desservants’adressa à l’évêque. Ms Reymond estima que la nomination du fossoyeur, n'ayant été réservée à l'autorité civile par aucune loi, appartenait au curé. Cette opinion fut combattue par Riouffe qui argumenta du droit de propriété de la commune sur le cimetière et de l'obligation imposée au maire par l’article 19 de l'arrêté consulaire du 23 prairial an XII (12 juin 1804) relativement au transport du corps des défunts. Bientôt le maire Barthet accusa l'abbé Masson de ne pas réciter «la prière ordonnée par le concordat pour la conservation de l'Empereur » et d’avoir révoqué un vieux sacristain qui « en est mort de chagrin ». Par contre,

(1) Préfet à l'Evêque 12 février 1808 ; procès-verbal 45 mars 1808 ; Préfet au maire et à l’Evêque 8 juin ; le même à l'Evêque 1er juillet ; au 2e arr. de Police 7 août. — Maires de Gissey, Barbirey et Jaugny au préfet 16 juillet 4809 ; réponse 17 juillet ; préfet à l'Evêque 17 juillet ; Colin au préfet 12 août (V 23).

les fabriciens soutiennent l'abbé. Ils font intervenir dans le débat les autorités judiciaires. Le juge de paix de Genlis « à la réquisition des fabriciens » enjoint au fossoyeur municipal de cesser de creuser les fosses ; Charbonnel, magistrat de sûreté près du tribunal de Dijon, lui défend d’entraver les actes du sacristain. Le préfet tance vertement juge de paix et magistrat qui s’immiscent ainsi dans les affaires administratives. Il provoque une entrevue des deux protagonistes ; elle parut ramener la paix. Mais loin du préfet la querelle recommence. Barthet refuserait d'ouvrir la grande porte de l’église, retrancherait au desservant son indemnité communale de 200 francs et sa portion d’affouage ; du moins, Masson le prétend dans une lettre au préfet du 13 mai 1807. Agacé, Riouffe décida « que cette affaire demeurerait assoupie ». Cette décision déplut aux deux adversaires. Le préfet dut intervenir pour calmer le fossoyeur municipal qui en octobre cherchait noise au sacristain (1). L'abbé Masson quitta Cessey et le maire Barthet fit place à Calignon. En 1811, le nouveau maire obtint le déplacement du desservant Bricker suspendu par l'évêque à cause de sa conduite « poussée au dernier degré ». Bricker s’obstina à demeurer dans la cure. Le maire Calignon prie le préfet d’ordonner son expulsion. Lecoulteux reçoit par contre” les doléances du succursaliste auquel la commune de Cessey n’a point payé l’indemnité promise et qui se dit exempt de contribution mobilière (2).

À Thoste, le maire ne remet pas au curé les clefs de l’église. A Daix, il en est de même et le desservant ne peut obtenir les ornements nécessaires aux cérémonies cultuelles. À Remillysous-Sombernon « une insurrection de femmes » menace d’expulser du presbytère le locataire actuel pour faire place au curé. Le préfet ordonne aux administrateurs municipaux de

(1) Maire au desservant 29 octobre 1806 ; desservant au préfet 8 novembre ; réponse 2 décembre ; conseil de fabrique au fossoyeur 24 février 1807 ; juge de paix et magistrat de sûreté au même, mars 1807 ; Préfet à Charbonnel, 21 mars ; le même à l'Evèque, 26 mars ; Masson au préfet 13 mai et note marginale ; préfet au maire 26 octobre 1807 (V 21).

Fr. Maire au préfet 5 et 28 avril 1811 ; réponses 15 avril et 15 mai PA L)}E

cesser ces agissements et rend eux et les communes respon— sables des troubles et de leurs suites (1).

Ces querelles entre l'autorité municipale et le clergé des Campagnes dont il serait aisé d’allonger la liste (2! ne suscitèrent point de conflits entre la préfecture et l'évêché. L’attitude du préfet et celle de l'évêque sont, il est vrai, différentes. L'administrateur civil est enclin à croire à la culpabilité des desservants et à requérir contre eux des mesures de rigueur; il semble bien ne considérer le chef du clergé diocésain que comme un subordonné. Sans doute Guiraudet, Rioufte, Molé, Lecoulteux, Cossé-Brissac laissent, en diverses circonstances, à Mer Reymond l'initiative des décisions ; mais les termes qu'ils emploient réduisent leur acte à un simple témoignage personnel de politesse. Riouffe lui écrit : « La considération juste et méritée que j'ai pour vous... me fait désirer que vous preniez l'initiative dans cette affaire. » Par contre il biffe dans une lettre relative à la même affaire cette phrase : « Je m'en rapporte entièrement à votre sagesse pour prononcer sur son sort. » Cossé-Brissac dit de son côté le 2 avril 1813: « Je n'ai voulu faire aucun rapport à S. E. le ministre des Cultes avant... de m'être entendu avec vous. » Il ordonne cependant une enquête administrative dès le 5avril. Les préfets affirment par là l’indépendance de l’action des autorités civiles (3). [ls suggèrent à l'évêque la sanetion qui leur paraît utile. Si Mér Reymond tarde à y adhérer le ton devient plus pressant. Le 8 juin 1808, Molé demande à Mgr Reymond son avis au sujet de la requête à lui adressée aux fins de déplacer le desservant de Gissey-sur Ouche: le 4% juillet, il lui déclare : « Je vous prie de (lui) retirer sur le champ (ses) pouvoirs. » A l'occasion la prière devient un ordre

(1) Préfet au maire de Thoste 27 brumaire an XIV (V 27) ; au maire de Daix, 7 et 16 juillet, 11 et 21 septembre 1810 (V RUE sb autres maires se plaignent que le curé ne veuille pas leur offrir l’eau bénite ou les expulse du banc seigneurial que le conseil de fabrique a désigné comme siège des autorités, — Sous-préfet de Beaune au préfet 8 avril 1808 (V 26). Maire de Remilly au même 12 prairial an XI ; réponse du 14 (M/6, 93/a).

(2) Cf. Recey-sur-Ource 1811 (V 26); Chaumont-le-Bois 1809 (V 21); Darcey 1808 (V 21). A Bligny-sur-Ouche le curé Taisand est à nouveau en butte à l’hostilité de quelques paroissiens (Pétition 5 ventôse an XII, V 13).

(3) Préfet à l’évêque, 2 frimaire an XIL (V 24); 9 février 1806 (V 26);

2 avril 1813, au sous-préfet de Châtillon 5 avril (V 23).

à peine déguisé. Riouffe menace de provoquer l'intervention du gouvernement si l’évêque ne se hâte de prononcer le déplacement d’un desservant. Molé invite l’évêque à changer de paroisse le succursaliste de Saint-Remy et ajoute : « Je prendrai... les mesures administratives convenables » pour éviter le retour des faits incriminés. Les préfets écrivent directement aux prêtres accusés ; ils les interrogent et statuent ; ils chargent les maires de commettre « un autre ecclésiastique » ou «quelque individu que ce soit » pour procéder à des obsèques ou à un baptême urgent (1).

M: Reymond se montre prudent et ferme. S'il acquiert la certitude de la culpabilité du desservant, il s’empresse de donner satisfaction au préfet (2). Mais il sait combien il faut se défier de la prose municipale et se refuse à traiter provisoirement ses prêtres comme des coupables. Il lit les dénonciations, les pétitions, les rapports que lui communiquent les préfets ; il s’en sert peu et leur préfère le témoignage de ses propres enquêteurs. Il prend hautement la défense d'un «prêtre horriblement calomnié, dit-il; dont je suis le protecteur naturel ». Faisant ressortir les inconvénients de ces changements répétés qui diminuent la confiance des fidèles pour le prêtre, il s’efforce d'assurer aux succursalistes dont le séjour est devenu impossible une paroisse plus avantageuse. Par la plume du vicaire-général Colin, il rappelle au préfet que les curés de chef-lieu de canton sont inamovibles, sauf le cas de forfaiture régulièrement constatée (3).

L'attitude de Mer Reymond ne déplut pas aux préfets de la Côte-d'Or. Ils continuèrent de lui témoigner la même déférence et la même confiance; ils tiennent le plus grand compte de ses observations et n'hésitent pas à réformer d’après elles leurs

(1) Préfet à l'Évêque 8 juin 1808 {V 23). Gissey : V 23. Préfet à l'Évique G janvier 1806 (V 26) ; 18 mai 1808 (V 27). Préfet au desservant de Beire-le-

Châtel 28 frimaire an XII (V 20); au curé de Saint-Seine 17 messidor an XII.

(V 27); arrêté 10 juin 1808 (V 27); préfet au sous-préfet de Châtillon 18 nessidor an X (V 21).

(2) Évêque au préfet #vendémiaire an XIV : « j'ai terminé... conformément à votre vœu... » (V 18). Cf. suprà le conflit de Gissey en 1809.

(3) Évèque au préfet 16 mars 1808 (V 24) ; enquête de Gissey par un curé assisté d’un notaire. Evèque au préfet 6 janvier 1806 (V 26); 13 septembre 1808 (V 24); Colin au préfet, 27 août 1811 (V 26).

propres sentiments. Molé, par exemple, qui aurait si volontiers déplacé l’abbé Pellieux, avoua son erreur ; il reconnut que le desservant à été « méchamment induit à cette faute parle maire qui cherchait un prétexte pour le dénoncer » et punit le trop adroit conspirateur. Les préfets sont d’ailleurs animés d'un vif désir d’impartialité et à plusieurs reprises tancent les maires trop pressés de louer les banes ou de faire la police de l’église «cet objet étant absolument étranger à l'administration de la commune |{1) ».

De cet accord entre les deux pouvoirs Ms Reymond après l'exemple donna à son clergé la théorie. Il affirma sa « volonté constante de maintenir la bonne harmonie. entre l’autorité civile et les pasteurs pour le bien de la religion et la paix intérieure ». En frappant l'abbé Arvier, il adresse au « fanatique » une dissertation en règle sur la nécessité de la tolérance : « Les règlements de discipline doivent toujours s'adapter aux circonstances et aux mœurs actuelles dans la juste crainte de manquer le bien pour vouloir faire le mieux. C’est d’après ce grand et incontestable principe que du xin° au xvi° siècle la discipline a été adoucie par les conciles généraux ;.. s’il s’en fut tenu un depuis le concile de Trente et surtout dans le dernier siècle, elle aurait été restreinte aux actes religieux nécessaires au salut de droit divin (2). » En dépit de ces dispositions toutes de conciliation et de soumission à l'autorité civile, Mer Reymond ne fut pas bien en cour. En nivôse an AIT, il est classé parmi le « peu d’évêques dont on puisse se plaindre ou dont on n'ait pas lieu d’être content »; son nom est ainsi annoté : « n’est qu'étourdi ;.. d’ailleurs bon homme ». En 1808 on dit que Msr Reymond « va mieux à présent (3) ».

Le jugement ainsi porté par le gouvernement provient probablement des reproches de négligence et de lenteur administratives que les préfets n’ont pas ménagés au prélat. II fut également

(1) Molé constate que le maire de Perrigny-sur-Ognon n’a agi que par esprit de vengeance (au Min. des Cultes janvier 1808. V 26) ; préfet au maire de Labergement-les Auxonne 19 ventôse an XII (V 24); de Prenois, germinal an XI (V 26).

(2) Évêque au préfet 18 pluviôse an XI (V 18); à Arvier 49 avril 4810 {Y 20).

(3) Arch. Nat. AF/IV, 1045 &1046.

inspiré, on peut le supposer, par les prêtres hostiles au premier évêque concordataire de Dijon. L’insermenté Colin continue sa discrète campagne. Le patriote Girarde proteste auprès du ministre de l'Intérieur contre le projet conçu par l’évêque de réunir les fonctions de curé de la cathédrale à une prébende canoniale et d’assigner le nouvel office à un archiprêtre révocable, « ce qui ne peut me convenir » déclare Girarde ; le curé de Saint-Bénigne ajoute: « Je suis obligé d'être continuellement en guerre avec lui parce qu'il s'empare de tous mes droits (1). »

Girarde, on le voit, fait appel à l'intervention ministérielle dans ses démêlés avec son chef ecclésiastique. Cette conception est celle du vicaire général Colin qui estime que la forfaiture d’un curé doit être déclarée « par l'autorité supérieure, le conseil d'État (2) ». Très imbu des principes gallicans, le clergé du diocèse de Dijon résout le problème de l'union pratique des deux pouvoirs, religieux et civil, en subordonnant celui-là à celui-ci. Volontiers Girarde aurait fait mieux et supprimé la question. Successivement vicaire épiscopal et commissaire du Directoire, il ne voyait aucun inconvénient à réunir en sa personne et le fonctionnaire du gouvernement et l'administrateur ecclésiastique. À la mort du conseiller de préfecture Dubard, il adressa au ministre de l'Intérieur une lettre très franche et fort instructive de l’état d'esprit du clergé impérial. IL sollicite la place vacante ou celle d’inspecteur de l'Université car son traitement de curé est, à lui seul, insuffisant. Le bon curé n’a pas de préférence entre la carrière pédagogique et les fonctions administratives : « la place dont je jouiraile plus tôt est celle qui me fera le plus de plaisir » confesse-t-il à Crétet. Ce projet séduisant ne put se réaliser ; une note ministérielle déclara que l'office de curé et les postes convoités « ne sont pas compatibles ». Girarde dut renoncer à son désir de servir à la fois l’État et l'Église (3).

(1) Girarde au Min. Intérieur 14 septembre 1807 (Arch. Nat. F 1b/II, Côte-d'Or 3). L'archevêque de Besançon eut également à lutter contre certains membres de son clergé (L. Pingaud, Jean de Bry, p. 257-262).

(2) Colin au préfet 27 août 1811 (V 26). Le vicaire-général Claudon tient le préfet pourle « protecteurné des prêtres » (8 messidor an XIII. V 27). . (813 mars 1809 (F 4b/II, Côte-d'Or 3) : « Monseigneur, la place que j'occupe ne me donne pas de quoi vivre. M. Dubard, conseiller de préfecture,

CFP

Mais l’Église et l'État se rendent de mutuels services. Dans le discours qu’il prononça lors de la prestation de serment par le premier clergé concordataire, Guiraudet insista sur laide efficace que le « tribunal aussi puissant que sacré » du prêtre peut apporter aux lois pénales. Telle est également la pensée inspiratrice d’une circulaire du ministre de la Police en l'an XII. Le clergé, collaborateur des tribunaux répressifs et de la gendarmerie, le sera encore des juges civils en arrêtant « dans leurs principes, une foule de querelles juridiques eten ramenant la concorde entre les plaideurs (1) ». Napoléon en fit un auxiliaire de la police et de l’administration politique. Les curés et les desservants sont invités à lire en chaïre les bulletins des armées impériales ou les décrets impériaux ; les victoires et les anniversaires des grandes dates de l’histoire impériale sont fêtés par des Te Deum ; le clergé des campagnes est sollicité de remontrer aux paysans les inconvénients de la désertion ; les autorités diocésaines célèbrent en chaire la gloire de Napoléon ou publient des mandemenis pour exhorter les conscrits ou justifier la politique de l'empereur à l'égard du pape et l'annexion de Rome (2).

En échange de cet appui moral, le clergé obtient des fonctions, des honneurs et de l’argent. Nous aurons l’occasion de relever la part importante accordée en Côte-d'Or comme dans le Doubs par le gouvernement et ses préfets aux prêtres et aux congréganistes dans les écoles ou les œuvres de bienfaisance. A la satisfaction de la municipalité dijonnaise les « respectables filles » de Saint-Lazare reprennent leur costume, « nouveau moyen d'ajouter à la considération publique » ; le

vient de mourir. En réunissant les émoluemens de cette place à ceux de la mienne mes ressources seroient suffisantes. Je recours à votre bienveillance et à votre crédit pour me procurer cette place. Les fonctions qui y sont attachées ne me sont point étrangères ; j'en ai déjà rempli d'analogues. J'aurais désiré d'être inspecteur de l’Université mais la place dont je jouirai le plus tôt est celle qui me fera le plus de plaisir. »

(4 Bibl. mun. Dijon, fonds Delmasse 4173 (11 floréal an XI). Circulaire

du Min. Police aux évêques 5 fructidor an XII (V 20).

(2) Min. Cultes au préfet 17 octobre 1806 (V 19); Evêque au même 14 thermidor an XI(V 19); Directeur de la Conscription au même 11 avril 1811 (R/1, 24); mandement de Colin analysé par le président Guillemot pour le secrétaire d'Etat (6 août 1809. Arch. Nat. AF/IV, 1046). Portalis à l’empereur, 47 brumaire an XIV (AF/IV, 1045).

maire Ranfer de Bretenières souhaite que celles de l'Hôpital les imitent. Riouffe choisit même des curés comme maire de leur village : son initiative ne fut pas approuvée parce que, lui rappelle le ministre, «les curés etles desservants sont soumis à la surveillance des municipalités » (1). Le ton de la correspondance des préfets avec l'évêque et des rapports présentés au conseil général sur les affaires cultuelles est particulièrement courtois. Des détachements de la compagnie de réserve départementale ou de garde nationale escortent les processions, rehaussent et troublent à la fois les cérémonies solemnelles ; les autorités civiles et militaires assistent aux offices religieux

avec empressement (2). Enfin et surtout, le budget des cultes se crée et s'accroît.

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