‹ L'Administration Préfectorale dans le Département de la Côte-d'OrChapitre 71 sur 98 · RE ER ER AS NP · texte numérisé non relu

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naires n'ont retiré que les deux tiers du principal de leurs actions (1) ».

La municipalité dijonnaise sentit le besoin de remplacer la manufacture disparue. Par arrêté du 16 décembre 1807, le maire Durande classa les mendiants en deux catégories ; les invalides recevraient de lui permission de mendier et les valides devaient se rendre à l’atelier établi dans la prison municipale ; les contrevenants infirmes seraient traduits en police correctionnelle comme vagabonds et les autres, incarcérés et contraints au travail. Plus tard Durande régla les heures de travail, la composition des rations, la quotité et l'emploi des salaires. Il s’agit non plus d’un établissement privé et philanthropique mais d’une sorte de workhouse muni- “cipal, tel que celui de Strasbourg. Après quelques mois durant lesquels on augura bien de l'initiative prise par Durande, le petit nombre des travailleurs forcés et la hausse des denrées rendirent onéreuse l’exploitation de la nouvelle filature. Le maire en proposa la suppression ; les mendiants dignes d’intérêt seraient secourus par le bureau de bienfaisance ou les sœurs de charité ; quant aux autres ce sont de « mauvais sujets .. à tenir enfermés... plutôt par mesure de sûreté publique que par la suite de la mendicité (2) ».

Aux institutions créées par la bienfaisance privée ou par la police municipale succédèrent les dépôts de mendicité établis par le décret impérial du 5 juillet 1808. Le préfet vit étendre ses pouvoirs et ses attributions. Ordre était donné aux mendiants de se rendre au nouvel établissement ; en cas de résistance ou de fuite « les mendiants vagabonds seront arrêtés et traduits dans les maisons de détention »; en d’autres termes, ils seront emprisonnés sans jugement, par une simple décision de l'autorité administrative dont le préfet est le chef. C’est à lui de préparer l’organisation, de diriger le fonctionnement, de recruter le personnel, de dresser le budget du dépôt de mendicité dont les dépenses incombent au département et

(1) Etat supra, préfet au commissaire des guerres 11 janvier 1806; min. Finances au préfet 11 janvier 1806 (M/14, 12): commissaire des guerres au préfet, 6 novembre, réponse 8 novembre 1806 (R/1, 4); Vaillant, Il, p. 55, 65.

(2) Arrêtés des 16 décembre 1807, 4er février 1808. Durande au préfet 28 mars 1808, 2 février 4809 (X/15, 1). Darmstädter, XIX, p. 307.

aux communes. En Côte-d'Or, latâche du préfet nécessita une correspondance active et assez vaine: lors de la chute de Napoléon le dépôt de mendicité n'était pas encore construit. La première cause de ce retard fut la difficulté de trouver un local convenable et facile à aménager. Au bout detreize mois et de multiples propositions, préfet et ministre se mirent d'accord en faveur de l’ancien couvent des Ursulines de Semur (1). Vint ensuite la rédaction des plans et devis; les hommes de l’art prirent leur temps ; les bureaux les imitèrent tout en remaniant leurs propositions (2). Enfin le 30 août 1813 on procéda à la mise en adjudication des travaux pour le prix présumé de 150.000 francs. L’adjudicateur se mit à l'ouvrage mais bientôt l'invasion et le changement de gouvernement paralysèrent son activité; les travaux ne furent repris qu’en septembre 1814 (3).

Pendant ee temps les mendiants attendirent en liberté Fasile que leur préparaient la volonté impériale et la lenteur administrative. Seuls les contribuables et quelques nouveaux fonctionnaires s’aperçurent de la réalisation progressive du décret du 5 juillet 14808. La vente des bois communaux mis en réserve devait fournir les frais de premier établissement ; les prélèvements ordonnés par l’empereur sur l’affouage et les ressources communales disponibles représentaient 70.000 francs auxquels le conseil général dut ajouter 30.000 par le vote de centimes additionnels afin d'assurer les dépenses annuelles courantes. Ces ressources étaient amplement suffisantes pour les minces dépenses de l'établissement encore en projet. Cependant il fallait payer directeur et receveur dont la nomination avait été rapide. Lecoulteux présenta des candidats qui plurent au ministre de l’intérieur. Le médecin Rémond, qui avait à diverses reprises suppléé le sous-préfet de

(1) On avait songé à l'ancien couvent des Capucins de Dijon, à un bâtiment analogue à Flavigny et même au Palais des Etats de Dijon! (Min. Intérieur au préfet 27 décembre 1808,9 mai 4809, 24 octobre 1809, 16 janvier 4810. (X/15 1e 29). Dans le Bas-Rhin le dépôt de mendicité fonctionna dès 1812 mais le conseil général en approuvait peu l’organisation (Darmstädter, XIX, p. 308).

(2) Par exemple, préfet à l'architecte Saint-Père 3 février 1812 (X/15,2). (3) Min. Intérieur au préfet 5 janvier 1813; préfet au Min. Intérieur, 30 août 1813, 1% août 1814 ; à l'architecte 26 septembre 1814 (X/15, 2).

ne à

Semur, devint directeur par arrêté du 11 octobre 1809. Le receveur, Lestre-Gautherin choisi en avril 1811, postulait cette fonction depuis deux ans; il avait eu plusieurs concurrents recommandés par le sous-préfet Gueneau d’Aumont, par le général Junot où par la délégation envoyée par Dijon au baptême du Roi de Rome. Les fonctions plus modestes de chirurgien, de pharmacien, de préposé aux entrées, de gardemagasins, de surveillant furent ardemment sollicitées ; les candidats firent intervenir des membres de l'Institut et du Conseil d'État que préfet et ministres ont peine à ne pas tous mécontenter (1).

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