‹ L'Administration Préfectorale dans le Département de la Côte-d'OrChapitre 84 sur 98 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La décadence du régime impérial; 1813.

Durant le Consulat et les belles années de l’Empire, les préfets de la Côte-d'Or s'étaient également préoccupés des diverses parties de l'administration de leur département. Les questions militaires, religieuses, financières, économiques ou politiques avaient retenu leur attention au même degré que l'administration civile, le recrutement du personnel administratif ou la police. Ils avaient été effectivement ces organes de centralisation et de commune impulsion que la loi du 28 pluviôse an VIIT avait entendu créer. En 1813 cet équilibre entre les objets variés de l’activité préfectorale se rompt. Devenu un administrateur militaire Cossé-Brissac se préoccune avant tout de pourvoir en hommes, en chevaux, en vivres et en argent les armées de l’empereur. L'histoire administrative de la Côted'Or se transforme et se réduit presque en un chapitre d’histoire militaire.

Cette prépondérance de l’une de ces attributions normales du préfet n’est que logique. Il est le représentant d’un gouvernement qui pendant longtemps a su à la fois conduire la guerre au dehors des frontières et s’intéresser à toutes les manifestations de la vie nationale au dedans. Napoléon ne fut pas seu: lement un général en campagne ; il sut réaliser le Code Civil,

rétablir la tranquillité publique, réorganiser les finances et se préoccuper de stimuler l'industrie et l'agriculture, d'améliorer les voies de communication et de satisfaire les besoins religieux et intellectuels de ses sujets. Les préfets avaient fidèlement copié le Maître. Ils l’imitent encore en 1813. Après la désastreuse retraite de Russie, il ne s’agit plus pour l’empereur de perfectionner les institutions de la France ou d’en accroître la richesse ; il lui faut reconstituer son armée et par de nouvelles victoires reconquérir la puissance matérielle et le prestige moral qui lui assureront la soumission de l’Europe et de ses propres États. Par suite et tout naturellement, ses représentants locaux doivent subordonner la marche de l'administration de leur département aux besoins des armées et aux vicissitudes de la guerre.

Recruter des soldats, fournir au Trésor de l'argent, surveiller l'effet produit sur les sentiments politiques des populations par les ordres de l’empereur et par les résultats des combats, telles seront désormais les principales préoccupations de Cossé- Brissac. Cependant les armées se battent loin encore des frontières de l'Empire ; de nouvelles et fructueuses victoires sont attendues d’un empereur que seule la rigueur d’une saison prématurée a pu vaincre, on le dit du moins dans les jour-° naux et les discours des fonctionnaires (1). Aussi bien le fonctionnement des autres branches de l’administration n’est pas suspendu ; il se ralentit seulement et s'adapte aux soucis militaires de cette année 1813.

Page 1