Levées d'hommes et réquisitions de fournitures
Une autre preuve de la prépondérance des préoccupations militaires en cette même année se rencontre dans l'emploi des journées du préfet. Il déclare aux ministres ne pouvoir leur fournir les renseignements demandés sur l’état des collèges ou de l'esprit public parce qu’ilestconstamment occupé à désigner, à rassembler et à mettre en route de nouveaux groupes de conscrits. Dans un rapport trimestriel au duc de Rovigo, il assure que « le conseil de recrutement... a passé les jours et les nuits à l'examen des conscrits (1) ». Cette phrase est à peine une exagération : en 4813 on ne compte pas moins de cinq conscriptions outre l'appel des gardes d'honneur; la préfecture de la Côte-d'Or eut encore à diriger la levée des cavaliers offerts par les communes et à préparer la formation de gardes nationales mobiles.
La première mesure prise par Napoléon pour reconstituer la Grande Armée ensevelie en Russie présente un caractère particulier ; il s'agit d'engagements volontaires et d’offrandes en nature. L'empereur avait un pressant besoin de cavalerie pour arrêter les incursions des Cosaques et, bientôt, des parti-" sans prussiens. Dans le dessein de stimuler l'enthousiasme de ses sujets et de donner à la guerre l'apparence de l’approbation populaire, il imagina de se faire offrir par les villes et par les corps administratifs des chevaux montés et équipés. Dès la fin de 1812 des municipalités belliqueuses ou avisées votent des crédits destinés à l'achat de montures et d'équipements et à la prime promise aux cavaliers de bonne volonté. Cet élan, plus ou moins spontané, fut stimulé et réglementé par un décret du 48 janvier 1813. Ce même jour le préfet de la Côte-d'Or adresse une circulaire à ses sous-préfets. Il leur annonce que «toutes les offres doivent être libres et volontaires ». Mais si le conseil municipal se montre hésitant ou trop économe des deniers communaux « il (leur) appartient... de donner l’impulsion ». Accentuant encore l'intervention administrative, Cossé-
(1) Rapport 21 mai (Arch. Nat. F/7, 3590). Rapport au Min. Intérieur 27 décembre (Arch. Nat, F 1c/IIl, Côte-d'Or 7) ; 15 juin (F 1c/IlI, Côte-d'Or 9).