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| L'adoption dans le Coran
Le. a) et dans la Doctrine Musulmane a
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A Pépoque où Mahomet commence ses premières prédications, les conditions sociales de l'Arabie ne sont déjà
Ê plus celles que nous avons hâtivement ésquissées dans la *». L partie-pré écédente, L'ordre publi c est mieux assuré, la réè partition des richesses mieux faile ; les guerres de tribu 5 à tribu ont par contre coup perdu de leur bestiale âpreté.
. Les causes de cette transformation sont simples à démé- Ré Jer A: cette époque, les communications sont devenues plus faciles. L'Arabie échappe insensiblement à l’isole- ‘ment dans lequel elle était plongée au temps de la Djahil-. : : : ». *. -lya: Les échanges devenant plus nombreux, le cercle de |
ses relations commerc: ‘ales s ‘étendant, elle entre peu à peu en-contact avec les civilis ations méditerranéennes beau- - coup plus raffinées et mobiles. Elle en subit à son insu - les influences. Des aspirations, un peu confuses il est vrai, ie font jour dans l'élite de la société arabe qui sent comme (de. vague besoin de mettre en harmonie les institutions avec les. habitudes nouvelles. Des réformes s'imposent. NE Et cependant, l'organisation politique et sociale à cette eur époque s'y prête mal..De l'év olution normale des institu- | ie e y a peu à attendre. Comme souvent, en pareille
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occurence, un homme apparaît qui précipitera cette évo-. lution et réagira sur les circonstances : c'est Mahomet:
Son œuvre fut énorme, les transformations qu’elle détermina dans la société arabe considérables. Et s'il ne rentre pas dans le cadre de cette étude d'en faire une analyse même sommaire, du moins n'est-il pas indifférent” pour nous de rappeler en quelques mots les modifications. que subirent sous son influence les institutions familiales préislamiques. L'organisation de la famille, telle que nous en avons indiqué Cite haut les principaux caractères, fut, en effet. l'objet de réformes essentielles de la part du Prophète. Sans doute, jugea-t-1l opportun de n'en pas briser le moule el eonserva-l-il l'ancien régime dû patriarchat ? Mais, il s'efforça d'en atténuer les prérogatives monstrueuses qui s'étaient fait jour sous la conception trop rigoureusement € äcébique » —— qu'on nous pardonne ce néologisme —— de l'ancienne famille arabe. C’est ainsi qu'il sapprima le droit de vie el de mort qu'avait au temps de la Djahillya le père de famille sur ses enfants ; qu'il su- -bordonna la répudiation à l’accomplissement de certaines formalités destinées à en atténuer la fréquence ; qu Al-rera au mari le droit qui lui avait appartenu jusqu'alors de mettre sa femme à mort en cas d’ adultère ; et qu’enfin il accorda certains droits successoraux à des femmes, tellos que la mère et la fille qu’il admît aux successions de ieur époux et père en qualité d’héritières à fardh. Autant de réformes -qui rompent avec les. anciennes conceptions et sont inspirées d’un esprit. nouveau.
Parmi toutes ces innovations modificatives delà fa: mille musulmane, quel fut le sort réservé à l'adoption ? Trois versets lui ét été consacrés par le Prophète dans le
Coran. Ce sont les versets 4, 5 et 37 du PAPE vers ainsi conçus
Verset IV, « Dieu n’a pas s donné deux cœurs à l'homme : il n’a pas fait que vos épouses que vous pouvez répudier
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ie soient pour vous comme vos mères, ni que vos enfants adoptifs soient comme vos propres enfants. »
Verset V, « Appelez vos fils adoptifs du nom de leurs
É pères, ce Sera plus équitable devant Dieu. Si vous ne conhaisez pas leurs pères, qu'ils soient vos frères en religion et vos clients. » 5
Verset XXXVIL « Tu as ait un 1 jour à cet homme que
Dieu a comblé de ses faveurs et envers lequel tu as été
plein de bonté : Garde ta femme et crains le Seigneur.
AD tu cachais dans {on cœur ce que Dieu devait bientôt.
mettre au grand jour. EL lu as craint les hommes. Al eût
été plus juste de craindre le Seigneur. »
« Lorsque Zeïd prit un parti et résolut de ne sa femme, nous l'unîmes à loi par le mariage afin que ce
ne soit pas pour les croyants un crime d'épouser les femmes de leurs fils adoplifs après leur répudiation. » (1).
Ges Versets, comme nous avons déjà eu l'occasion de le remarquer, n'ont été l'objet que de rares commentaires de la part des jurisconsulles musulmans dé époque classique. de RE
Parmi ceux qui les ont étudiés Le louis ouvrages, les.
__ plus connus et les mieux documentés sont El Kbazin et
bhenchouri =; © ; L'un et l’autre, le premier de son commentaire du
Coran, le deuxième dans son livre intitulé « Charah Ei Tertib », concluent catégoriquement. à l'abolition de
os par les versets en question.
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Voici ce que dit à ce sujet El Khazin, en expliquant le
verset 4 :
€ Il est dit ie 16 Coran « ‘Dieu. n’a pas donné deux « CœUrS à l'homme ; it n'a pas fait que vos épouses, que
(4) KasimiRsx1, Le Coran (traduction).
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vous pouvez répudier, soient pour vous comme vos mêres, ni que vos enfants Sn soient comme vos pro-. pres enfants. »
c Ce passage contient l'abrogation a l'adoption. . — antéislamiques, c'était un usage reçu qu'un homme en adoptât un autre, qui était considéré comrhe son propre fils, qui portait son: nom ef héritait de lui. Le Prophète avait affranchi Zeïd ben Haritha ben Che-
rahil El Kelbi et l’aVait adopté, avant la révélalion de la
XXXIIT sourate. Il en avait également fait le frère adop-
Zineb ben Djahch, qui était mariée à Zaïd ben Haritha,
“ses ennemis dirent : « Mohammed a épousé la fille de
son fils, bien qu'il interdise aux autres les mariages de ce genre. » C'est alors que Dien révéla au. Prophète le. verset ci-dessus, et abolit l'adoption.
« Ces mots ne sont que dans votre bouche », ajoute Je à
ras, c’est-à-dire ne représentent pas la ne Zeïd, qu'on désignait sous le nom de Zeïd ben Mohammed, n'étant pas le fils cu Prophète. »
« Dieu seul dt: 1 a “vérité et dirige vers Te don che-
min. »
tif de Hamza ben Abd el Mottaleb. Lorsqu'il épousa |
« Appelez vos fils adoptifs du nom de leurs pères »,
verset V, c'est-à-dire du nom de leurs véritables auteurs, et dites Zeïd ben-Haritha au lieu de Zeïd ben Mohammed. » Ce sera plus équitable devant Dieu.
ns rapporte que Omar disait: « Nous n ‘appdlions. qué du nom de Zeïd ben Mohammed l'affranchi du Prophète, Zeïd ben He jusqu'au jour où furent révélées ces paroles : :« Appelez vos fils adoptifs dit
nom de-léurs pères, ce sera plus équitable devant Dieu ne
«Si vous ne connaissez pas leurs pères, qu'ils soient vos frères en religion el vos clients », c'est-à-dire, ils
seront libres.et ne seront pas considérés comme vos
enfants, mais. comme vos frères en Han. et vous ne devez pas. leur donner le titre de fils.
«€ Il n'y a pas de péché dans l'erreur que vous avez
commise », avant l'interdiction prononcée, en désignant les fils adoplifs par d'autres noms que ceux de leurs pères: « Mais ce sera un péché si vous le faites de propos délibéré », et si vous les ed ainsi après l'interdiction qui vous est faite.
«Suivant une autre, interprétation, le sens . la ae mière partie de ce passage du Coran serait celle-ci :, « Il |
n'ÿ à pas de péché dans l'erreur que vous avez fait commettre », en désignant les enfants adoptifs sous d'autres noms que ceux de leurs pères, et en leur faisant croire: ainsi qu ils étaient les fils de leurs pères a
« Sad ben Abou Ouakas et Abou Bekra ne affirmé que
. Prophète avait prononcé les paroles suivantes : « L'en-
fée du Paradis sera interdite à quiconque portera
sciemment le nom d’un autre que son père, »
« Verset 37 : « Tu as dit un jour à cet homme que Dieu
« t … « « «C « « « Et «
a comblé de ses faveurs, et envers lequel tu as été plein
de bonté : Garde ta femme et crains le Seigneur. » Ces
mots ont été révélés à propos de Zineb. Le Prophète se rendit un jour pour affaires chez Zeïd, et vit Zineb très légèrement vêtue ; elle était très belle, et très blanche : c'était l’une des femmes les plus remarquables de la tribu de Koreïch. Le Prophète, émerveillé de sa beauté, conçu pour elle une vive passion, et s'écria :,« Merveilleuse puissance de Dieu, qui retourne les cœurs ! » Puis il se retira. Lorsque Zeïd rentra chez lui, et que sa
femnre lui eût tout raconté, il comprit ce qu'avait
éprouvé le Prophète, et ressentit immédiatement une gêne à ee de sa femme. Il alla trouver le Prophète, et: lui dit: « J'ai l'intention de me séparer de Zineb.
& — Pourquoi ? demanda le Prophète, T'a-t-elle donné
quelque sujet de plainte ? — Nullement, répondit-il ï je rends justice à sa conduite qui est parfaite ; seule-
ment elle est trop fière dé la noblesse de son origine, 2t
son langage me froisse. — Garde ta femme, lui dit le Prophète, et crains le Seigneur. » Zeïd répudia ensuite sa femme. C'est à cela qu'il est fait allusion dans le passage du Coran reproduit ci-dessus. Les mots « que Dieu a comblé de ses faveurs » en l'admettant dans la religion musulmane « et envers qui tu as été plein de bonté » en prononçant son affranchissement, s’appliquent à Zeïd ben Haritha, affranchi du Prophète.
« Et tu cachais dans ton cœur ce que Dieu devait bien-tôt mettre au grand jour », c'est-à-dire, suivant les uns, l'intention qu'avait le Prophète d’épouser Zineb au cas où Zeïd la répudierait ; suivant Ben Abbès, son amour pour elle ; suivant d’autres, son désir que Zeïd la répudiât. | Fe :
« Et tu as craint les hommes », c’est-à-dire, suivant Ben .Abbès : Tu as eu honte ; suivant d’autres : Tu as craint d'être blâmé par les hommes et d'entendre dire : Mohammed a obligé quelqu'un à répudier sa femme, pour l’épouser lui-même. ee 5 «Il eût été plus juste de craindre le Seigneur ». Omar et Ben Messaoud, ainsi qu'Aïcha, affirmèrent que de toutes les révélations que Dieu envoya à Mohammed, aucune ne produisit sur lui une plus forte impression que celle-ci. Aïcha aurait dit encore : « Si le Prophète avait caché quelque chose des révélations qui lui étaient envoyées, il aurait certainement caché celle-ci. »
« On! pourrait dire, ajoute El Khazin, que les explications données sur ce passage du Coran et sur les causes de sa révélation, à savoir : que le Prophète s’éprit de
-Zineb quand il la vit, et qu'il éprouva le désir de la
voir répudiée par son mari, établiraient que le Prophète commit un acte très blâmable, ‘et peu compatible avec
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on
>. , . AC , É ; gs sa MISSION, en se permettant, malgré sa propre défense à
cet égard, de regarder une femme. Exprimer une pareille opinion, ce serait faire preuve d’une audacieuse impiété, et oublier le respect dû au Prophète. Pourquoi dire qu'il
vit Zineb et conçut pour elle une vive passion, puisque
c'était sa cousine, qu'il la voÿait constamment depuis qu’elle était née, que les femmes ne se voilaient pas
« devant lui, et qu'il l’avait mariée lui-même à Zeïd. Il «est Cortair qu'en recommandant à Zeïd de garder sa
femme, le Prophète était sincère , Contrairement à ce
. qu'ont affirmé quelques onieute du Coraw. La
meilleure explication qui ait été fournie à ce sujet est celle qui a été rapportée de Sofi4 ben Ayina, qui la tenait d'Ali ben Zeïd ben Djedaan : « Je fus interrogé, dit ce dernier, par Zin El Abidin Ali ben El Hosseïn en cès termes : « Comment EI Hassen explique-t-il ce passage du Coran : « Et tu cachaïs dans ton cœur ce que Dieu devait bientôt mettre au grand jour ; tu as craint «les hommes ; il eût été plus juste cépondent de craindre le ee ? » El Hassen, répondis-je, les explique en disant que, lorsque Zeïd vint annoncer au Prophète son intention de répudier Zineb, le Prophète en fut heureux, et cependant lui conseillé de la garder. » Al ben El Hosseïn me dit alors : « Cette explication n’est pas la bonne. Dieu avait déjà fait connaître au Prophète que Zineb deviendrait sa femme, et qu’elle serait répudiée par Zeïd. Lorsque Zeïd lui fit part de son intention, il Jui répondit: Garde ta femme; et le Seigneur lui adressa à cause de celà des reproches, lui disant : Pourquoi astu conseillé à Zeïd de ne pas répudier sa femme, alors que je t'avais prévenu qu'elle deviendrait la tienne ? » « Cette version est la seule acceptable. Elle est d’ailleurs la seule qui s'accorde avec le texte du Coran, puisque Dieu y, annonce qu'il mettra au grand jour ce que le Prophète avait caché ; or, il ne met au grand jour que le mariage du Prophète avec Zineb, par les
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: | « mois : « Nous l'unimes à toi par le mariage. » Si ce
qui avait été caché par le Prophète eût été son amour. pour Zineb, ou son désir de la voir répudiée, Dieu l'aurait mis au grand jour, car il n'est pas admissible qu'après avoir annohcé qu ‘il ferait connaître le secret du Prophel e, Dieu ait négligé de l'indiquer.
€ Il résulte de ce qui précède que les reproches adressès au Prophète ont eu pour unique cause sa négligence à
faire connaître ee qu'il avait appris de Dieu, c'est-à-
dire que Zineb deviendrait sa femme. Or, s’il n’en parla pas, c'est parce qu'il n’osa pas dire à Zeïd : « Ta femme deviendra Ja mienne. » C’est là une explication aussi satisfaisante que juste. :
En décidant la répudialion de Zineb par Zeïd, et son union avec le Prophète, Dieu a voulu abroger l'interdiction spéciale résultant de adoption au point de vus du mariage, et l'usage même de l'adoption. C'est pour cela qu'il est dit également dans le Coran : « Mohammed n'est le père d'aucun homme parmi nous. Nous. l’unîmes (Zineb) à toi par le mar:age, afin que ce ne soit pas pour les croyants un erime d’ épouser les femmes de leurs fils adoptifs, après leur répudiation. »
Voici maintenant le passage de Chenchouri, duquel il
semble ressortir que l'adoption n'est pas autorisée par la loi musulmane
« Les règles successcrales se divisent, au point de vue chronolog que, en quatre catégories, dont les trois premières ne sont l’objet d'aucune controverse :
1° Les unes admises dans les temps antéislamiques et abrogées depuis la fondation de l'Islam : telles sont l'admission exclusive des parents mâles à la succession, et l’exhérédation absolue des femmes ; la préférence accordée aux aînés sur les puinés, ou droit de primogéniture ; le droit accordé au frère où au neveu d’appré-
hender la succession de la femme du frère ou de l'on-
“adies
« 2° Les autres qui n'existaient pas avant Mahomet, qui
ont été admises depuis et sont encore en vigueur. Ce sont les règles indiquées dans les différents versets de la IV* sourate du Coran, et celles qui y ont été ajoutées par la Sounna, ou par suite de. l'accord survenu entre les quatre écoles orthodoxes ;
«-3° D'autres ont été en vigueur aux premiers temps de la religion musulmane et ont été abrogées ensuite ; ce sont celles qui concernaient la successibilité des enfants
ou des frères adoptifs, la successibilité réciproque des
individus qui suivirent Mahomet dans sa fuite de La Mecque à Médine (Sourate VIII, p. 73) et les successions testaméntaires obligatoires (Sourate IT, v. 176) ;
«4° Enfin une quatrième catégorie comprend les règles successorales dont le maintien en vigueur après la fondation de l'Islam est controversée ; à l'égard de celleci, et pour les partisans de l'affirmative sur ce premier point, y a encore controverse sur la question de savor si, après avoir été admises du temps du Prophète, elles n'ont pas été abrogées ensuite. Telles sont les règles relatives à la successibilité dérivant du patronag» conventionnel (ouala el moualat). Suivant les uns, cette successibilité n'a jamais été admise par la religion musulmance ; suivant d'autres, elle fut admise aux débuts de l'islaihisme pendant un certain temps et abolie ensuite ; c’est l'opinion enseignée par Ben Abou Leila, ainsi que par-les chefs des écoles malékite, chaféite et
hanbalite. Enfin, un troisième système veut que le:
patronage conventionnel soit encore en vigueur el confère la successibilité ; c'est l'avis adopté par les hanéfites, avec cette réserve toutefois que le successible appelè à l'héritage en vertu du patronage conventionnel n'ait
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