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LA ROCHE PERCÉE

au fond du torrent: ce petit tunnel, très effrayant, n'a pas heureusement une longueur de plus de trente mètres. On revoit la lumière avec plaisir.

La vallée, désormais, est plus largo et plus riante; la vue, plus libre, découvre les étages des monts ; on distingue, entre les hauts sommets, une crête supérieure: c'est le Mont- Vallier. Saint- Sernin, que nous traversons, possède une charmante église romane; on n'en peut rien dire de particulier, elle est complète, dans son extrême simplicité, elle a du caractère, et voilà tout. Un kilomètre encore, deux peut-être, et nous entrons à Soueix. Au delà de ce gros bourg, nouvelle bifurcation du chemin; l'une des branches conduit à Couflens par Seix, que nous connaissons, l'autre, par Vie et par Oust, se dirige vers Aulus, sur la rive droite

du torrent. La cime nue du pic d'Ercé se dresse au-dessus des monts verts; au sud-ouest, se dessine désormais, tout entière, toute blanche de neige, la masse du Mont-Vallier.

Vie est un long village interminable ; les maisons courent sur les deux bords de la route. L'église présente une abside romane flanquée de deux absidioles. De l'autre côté, s'élève un vieux

logis, qui fut bien un peu seigneurial, et qui garde encore vme tourelle octogonale intéressante. Vie eut de l'importance autrefois et prima Saint-Girons, qui ne s'appelait alors que Bourgsous-Vic; maintenant, il n'a plus que son heureuse situation en face du confluentdu Salât et du Garbet, autour duquel s'arrondit un petit bassin fertile. A la pointe que forme leGarbet, à son embouchure, est gracieusement assis le village d'Oust, jadis Aoust. En latin, lisez Augusta. Les enfants môme du village savent qu'il y eut là une villa gallo-romaine. L'endroit était bon; la villa fut remplacée par un château, dont on voit la ruine : quelques pans de murs, un reste de tour.

Oust a des scieries de marbre. Je note ce marbre, parce qu'il

donne la physionomie de ce quartier des monts. On s'arrête à l'hôtellerie du bourg pour y déjeuner. Après le repas, on oublie le plan du voyage, on s'en va lentement au bord du Garbet. Aucun torrent n'a cette limpidité extraordinaire. C'est une couleur brillante et légère de cristal bleui, que ce beau Garbet doit à la richesse de son lit. Le Garbet roule sur du marbre blanc. On

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l'église de vie

s'assied à quelque distance du village, et Ton a devant les yeux un grand tableau : au sud, un coteau feuillu s'élevant au-dessus d'Oust, un clocher se perdant dans les branches ; au sud-ouest, le Salât fuyant derrière une ligne de peupliers; le fond du bassin et les premières pentes, couverts de moissons; un deuxième plan de montagnes rondes, boisées; par-dessus ces croupes, une haute ceinture blanche; par deux larges échancrures, un double panorama de neiges et de glaciers.

Entre Oust et Aulus, il n'y a guère moins de vingt kilomètres, jusqu'à Ercé; la route se fait assez rapidement, et tout l'intérêt en est dans la vue lointaine du pic d'Eret ou de Montbéas, qui n'atteint pas 2,000 mètres et n'en est pas moins strié de neige. Les femmes d'Ercé portent des jupes collantes, et par-dessus

le corsage, un tablier montant jusqu'à la gorge; pour coiffure, un morceau de toile blanche coupé en triangle : deux bouts se réunissent et sont noués sous la nuque; le troisième retombe sur les épaules, quelquefois même jusqu'au milieu du dos. Par la froidure ou la pluie, elles se couvrent tout entières d'une mante noire, à gros plis raides, en tuyaux d'orgue. Les hommes ont de longues houppelandes de couleur fauve, par-dessous les culottes courtes et les guêtres, la ceinture rouge à la taille, la veste espagnole; le bonnet phrygien rouge ou bleu recouvert d'un large chapeau. Tout cela s'arrange bien pour peu qu'on ait une bonne mine; ceux qui l'ont mauvaise ressemblent à des bandits d'opéra.

La route, après Ercé, n'est pas située à une altitude considérable; maisles aspects sont bien ceux du cœur delà montagne. Nous traversons un val entièrement tapissé de pâturages, parsemé de cabanes; nous nous rapprochons du pic d'Eret. Le torrent a perdu sa belle couleur bleuâtre et se couvre d'écume ; de vieux sapins descendent sur les berges ravinées; quelques-uns ont été frappés par la foudre et ne présentent plus c[u'un bouquet de feuillage au faite d'une longue tige dénudée; on dirait un mai au bout d'un mât; seulement, le mât est calciné, noirci par le feu du ciel. Nous gravissons une rude montée : c'est le pic de Las Escalas; les crêtes neigeuses reparaissent au bord du chemin; une paroi de roche, forée de toutes parts, lance des jets d'eau brillante qui se réunissent et forment un ruisselet. Le voiturier nous raconte c|ue ces sources grossissent quelquefois, en toute saison, et qu'elles traversent alors la montagne avec des bruits de tonnerre, descendant souterrainement de l'étang de Lhers, situé à l'est, de l'autre côté du pic. Nous continuons de courir à travers les sapinières, au bord du Garbet toujours plus tumultueux. Le triple rideau des monts présente d'abord une longue masse triangulaire, couronnée de quelques sapins; par derrière, une série d'aiguilles nues; au faite, les crêtes blanches, qui n'ont cessé depuis Ercé de former le

couronnement du tableau. Ce sont les monts dont le versant glisse en Espagne, c'est la chaîne frontière. Nous touchons à Aulus.

LE G A n B E T ET LES M O X T S D ' A U L U S

Je ne crois pas que vous rencontriez dans toutes les Pyrénées une seule station thermale — je dis une seule ! — qui consente à n'avoir pas été connue des Romains. Quelques-unes veulent bien accorder qu'elles ont été plus fréquentées au moyen âge

qu'aux temps antiques; ce sont les plus modestes, puisqu'elles se contententde cinq ou sixsiècles de gloire; laplupartne vous passent rien à moins de vingt siècles. J'ai lu dans un Guide très bien fait que celle-ci n'était fréquentée que depuis 1825. Ces vérités-là s'écrivent de loin; sur les lieux, on n'oserait les dire. Le fait est que, me trouvant pour le moment assez loin moi-même, je peux sans risque user d'une sincérité crue : Aulus est tout neuf.

Sa situation, d'un côté, estaffreuse; de l'autre elle est charmante. Au nord, une grande muraille nue, aveugle, écrasante, l'horrible Bertrône, qui a toutes les singularités comme toutes les laideurs. Par exemple, ce grand vilain rocher pourrait avoir ses quatorze cents mètres tout rond; il en a 1,401. Cetteunité en plus était-elle nécessaire ?

Ce Bertrône, que je renonce à qualifier, car tous les adjectifs exprimant les nuances du laid et du pire y passeraient, n'est que le premier étage du pic d'Eret ou de Montbéas. On l'excuse d'être rugueux, rocailleux, et surtout disgracieux, en disant qu'il offre un belvédère commode pour embrasser d'un coup d'œil les trois vallées d' Aulus, d'Arse et du Garbet, et le défilé des cimes jusqu' aux montagnes de la frontière. Je suis allé au Casino d'Aulus^ qui est tout neuf, comme les hôtelleries et comme le reste. J'y ai vu beaucoup de gens rassemblés autour des tables de baccarat ; pas un seul ne songeait à faire l'ascension du Bertrône; je l'ai faite avec mon compagnon de voyage : nous étions deux au belvédère. Pour embrasser les trois vallées et la ligne brisée des crêtes, nous étions deux ! Ce n'est pas que l'ascension soit difTicile ! Vu de près, ce maussade Bertrône estmêmeun peu moins aride ; on y trouve quelques morceaux de gazon jaune et quelques paquets de broussailles que le directeur de l'établissement thermal et la municipalité du lieu appellent des pâturages et des bois. Quant à la vue qu'on promet aux rares grimpeurs, point de supercherie, pas de gasconnade; elle est entièrement belle. Du belvédère j'ai reconnu le Mont-Vallier et les masses qui

l'environnent et semblent être sorties de ses flancs. Je l'ai revu tout diapré de longs plis blancs, et je n'ai pas pensé sans quelque orgueil que j'avais foulé ce grand manteau de neige.

En dépit de ce rempart morne, l'entrée à Aulus, je l'ai déjà dit, a bien du charme. Le Montrouch, couvert d'une végétation magnifique, rachète Taffreuse nudité du Bertrône. Auprès du mont, la fraîche vallée se creuse et ressemble un à fond d'un immense navire; les prairies montent au bordage. Ces grands plis verts se succèdent jusqu'au sommet du pic; des pointes de roches en émergent, revêtues de sapins ; la file de ces silhouettes noires est le spectacle d'en haut.

Le spectacle d'en bas, c'est la route et le village : la route qui traverse la vallée ronde, le village qui sort des gazons. On dirait que les maisons poussent de ce sol herbeux comme des champignons; les prairies glissent jusqu'au bord du torrent. En avant de ces maisons, le Casino s'élève à droite de la route, ses jardins descendent vers le Garbet, une allée ombreuse en suit le bord. Du même côté, les Thermes. De l'autre, les hôtelleries. Inutile de répéter qu'elles sont nouvellement construites ; encore une fois, tout est neuf à Aulus, où, avant 1825, quelques baigneurs envoyés là par une ordonnance bien désintéressée du médecin — (on n'avait pas encore imaginé de syndiquer les eaux minérales) trouvaient dans des cabanes de pâtres le gite et le vivre moyennant un franc cinquante par personne et par journée. Il y a lieu de croire que les prix des hôtels reluisants d' Aulus sont un peu supérieurs en 188i. Les bains, alors, étaient gratuits. L'établissement, à présent, a quelques apparences agrestes, mais elles sont trompeuses : cette rusticité est de la coquetterie.

Au reste, il paraît que les sources d' Aulus possèdent à un degré rare la puissance de refaire des tempéraments.

Les excursionssont nombreuses auxenvirons delà station thermale, qui affiche l'espérance et la prétention d'effacer bientôt les deux Bagnères. La plus ordinaire et la plus facile est celle de

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l'étang de Lhers. On ne saurait la faire en voiture que sur Tinfiniment petite partie du trajet, en suivant la route de Vicdessos, qu il est nécessaire de quitter au-dessous du premier escarpement qui s'élève au nord. Un sentier court, grimpant à travers des cultures d'abord, puis de longs pâturages, et l'on atteint le col de la Laou (1,670 mètres). Nous avons alors à nos pieds une forêt au sud; nous découvrons à droite Massât et la vallée de l'Arac; à gauche, la gorge d'Ercé, levai d'Ustou. Ercé est surtout frappant avec son fond vert, coupé de blocs épars, fuyant, entre des monts boisés, vers la grande vallée du Salât.

L'étang est situé à une altitude de 1,390 mètres, entre de hautes roches verdâtres. Le tonde l'eau est le même: un vert de marais et de croupissure. Le vent, en formant des plis sur cette surface lugubre, dégage des effluves de fièvre et de peste ; un grouillement immonde de bêtes gluantes et de reptiles agite la fange du lit. — On dit que le fond est plein.de sangsues. 11 y a de belles et de vilaines horreurs; l'étang de Lhers n'est point de la première catégorie. On veut oublier la mauvaise impression qu'il laisse, et l'on a hâte le lendemain de prendre le chemin de la cascade d'Arse.

Les premiers pas y sont rudes. Le val monte resserré, plutôt étranglé, entre la montagne de Pouech et le contrefort septentrional du Montrouch. On gravit des roches broussailleuses, on franchit le Garbet furieux. On a devant soi la cime du Pontussan au midi (2,710); à droiteles étages supérieurs de ce beau Montrouch, couverts de pelouses et de bois, et Ton se heurte à une crête de roches qui n'est que le seuil d'un deuxième défilé. La route devient plus douce; on traverse une bande de pâturages pour rencontrer, un moment après, un nouvel escarpement. L'escalade se fait sans qu'on y pense, étourdi qu'on est déjà par la formidable clameur de la cascade.

De plus de cent mètres de hauteur, s'épanchant du bord d'une crête festonnée de sapins, elle roule d'abord en un vaste bras

arrondi, une colonne rigide de cristal. L^n prcniicr ressaut la

LA. CASC.Vi. r. i,' A ..- .

brise, avec un fracas de tonnerre; elle rebondit en un énorme tourbillon, projetant à plus de vingt pieds de haut la fumée de

son écume, puis retombe en sept ou huit nappes superbes, se perd un moment clans un gouffre, reparaît, ne formant plus que deux larges branches, pour se perdre de nouveau et pour reparaître encore, glissant sous un bosquet de sapins. Cette succession de chutes a tant de force, que le sol vacille au bord du torrent, où nous nous sommes placés; on croit voir en haut les roches se disloquer sous le choc et les arbres arrachés descendre avec le flot.

Emerveillé du spectacle qu'on vient de considérer d'en bas, on cède au désir de contempler la belle cascade d'en haut. Nous nous élevons par un sentier qui suit, à gauche, le bord du gouffre. Le plateau, où nous arrivons sans trop de peine, est coupé de laquets et d'étangs. Un chaos de débris granitiques borde les deux rives du torrent, et deux murailles nues et déchiquetées nous enveloppent. Nous franchissons un couloir qui se glisse entre les deux effroyables escarpements, et devant nous s'ouvrent ces bassins mornes, silencieux; pas un pli qui les ride. Au bord du laquet de Cabanas, encadré d'éboulis, voici des cabanes de bergers; même ce sont elles qui lui ont donné son nom; plus loin, il y a des pâturages. Le Hille de l'Etang, ouvert à près de 1,800 mètres, est le plus vaste de ces lacs. La physionomie en est la même. Des ruines l'encadrent ; les glaciers ont glissé entre ces deux croûtes de granit; dans le val d'Ercé, nous avons ainsi rencontré sans cesse les blocs arrachés que poussa devant elle la masse aveugle, creusant ces rainures profondes qui sont devenues des vallées.

La dernière des nappes d'eau du bassin d'Arse est le Mille de la Laouzo. Deux nouvelles cimes se dressent au sud : c'est la Bentefarine et le Turgulla ; entre les deux, un double port : Sounou et Guillou, presque aussi élevés que le port de Vénasque. Les deux échancrures (2,300 mètres environ) sont séparées par un cap de roches (2,000 mètres). Par l'une et par l'autre, nous embrasserions les versants espagnols — la Terre promise.

Mais nous redescendons au-dessous de la cascade, et glissons à l'ouest vers un cirque de pâturages et de forets, où s'étale un bassin inférieur, le petit lac de Guzet. Ce sera la dernière étape du jour. Le chemin du retour est aisé et bientôt contourne le pied verdoyant du Montrouch. Vn ruisseau sort du laquet, gracieusement encadré de pelouses et debocages. Le site est charmant, très alpestre en sa fraîcheur; nous ne sommes plus qu'à 1,460 m.ètres d'altitude, à deux heures seulement d'Aulus, où nous rentrerons pour y diner.

La route carrossable d'Aulus à Vicdessos conduit aux cabanes de Castel-Minicr ; elle monte par une gorge, le torrent gronde au fond ; on domino bientôt les pâturages où s'éleva jadis le « Château des Mines ». — C'est même un très vieux jadis. Des ruines entassées, une tour carrée encore presque tout entière, voilà ce qui subsiste de ces fortifications, qui auraient été élevées pour protéger les travaux des mines. Par qui? par les Romains, n'en doutez pas! La tradition fait honneur de ces constructions mystérieuses aux maîtres du monde, et reproche aux ravageurs du monde, c'est-à-dire aux Sarrasins, de les avoir renversées. Il y a quelques années, comme des ingénieurs s'occupaient de je ne sais quelle opération de captage des eaux du Garbet, ils auraient trouvé des médailles romaines et des marteaux romains.

Il paraît certain que Castel-Minier fut l'emplacement de ce qu'on appelle à présent « une usine métallurgique )),et de ce qu'on appelait autrefois tout simplement des forges. Quant aux ouvrages fortifiés, ils semblent remonter aux premiers temps du moyen âge. Ces débris forment un décor à l'entrée de la vallée supérieure du Garbet, que nous allons suivre désormais. La cascade de la Grue, que nous rencontrons peu après, est plus gracieuse que son nom. A nos pieds, s'étend un bassin rempli de pâturages assez pierreux, qui doivent occuper le fond d'un ancien lac ; létangdeGarbetou, que dominent à gauche les escarpements

maigrement boisés du Pouech, déverse une autre chute d'eau. Tout ce trajet est facile et ne demande vraiment un effort que lorsqu'il s'agit d'escalader un rude barrage de roches du haut desquelles le Garbet roule à grand bruit. Nous ne marchons que depuis deux heures et demie; cette excursion peut donc se faire entre les deux repas du matin et du soir.

Les bords du lac de Garbet, au milieu de pâturages absolument nus, passent pour être le promenoir favori des ours et des isards. Je ne vais pas à l'encontre d'une des prétentions les plus chères du pays d'Aulus, qui tient fort à être le quartier général des ours; seulement, j'avais toujours pensé que maitre Martin aimait les lieux couverts. Le lac n'est entouré que de pelouses.

C'est une grande nappe, de triste mine; elle a la forme d'un ovale irrégulier, légèrement étranglé au centre, s'évasant en pointe vers le nord. L'eau en a la couleur de la mine de plomb, et l'on soupçonne tout de suite qu'elle est stérile. Les truites, en effet, n'y vivent pas; le lac, pourtant, n'est situé qu'à une altitude de 1,650 mètres environ; mais les sources qui l'alimentent descendent de cimes glacées qui se dressent au sud en étages : le Caoumale d'abord, une énorme croupe (à peine 2,000 mètres), le pic rouge deBassiès (2,677), le Pontussan (2,710) ; à l'est, la Lesse (2,463).

Le retour à Aulus se fait sans plus de peine, en suivant, à partir de l'étang de Garbetou, la base du Pouech. Cependant ce chemin a d'abord de méchants airs, courant, comme il fait, entre de sinistres moutonnements de roches. La marche des glaciers a déchiré les crêtes voisines. Bientôt les aspects changent; on entre dans un quartier de pâturages, semés de bosquets. Ces couverts sont agréables, tout remplis de framboisiers et de fraisiers sauvages; ce qui expliquerait la préférence des ours pour les bords du Garbet. Maitre Martin est gourmand de fruits comme un enfant. Il paraît que s'il recherchait la proie vivante, d'autres

larrons la lui disputeraient: il vient des loups dans les broussailles du Pouech; ils se cachent dans des galeries, reste d'anciennes mines de plomb argentifère creusées dans la croûte du mont.

Par un sentier qui monte à Aulus, derrière les Thermes, on aborde le seuil d'une longue gorge sauvage, véritable couloir de glaciers, qui se termine au pic de Mède, le mont inaccessible, la

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