‹ L'Adour, la Garonne et le pays de FoixChapitre 73 sur 78 · AX · texte numérisé non relu

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Espagnols Tont pris. La petite cité d'Ax avait un autre ennemi dans le seigneur de la vallée dWscou, descendant des bâtards de Foix. Elle eut des institutions municipales, dont la dépouilla la tyrannie de Jeanne d'Albret, l'atroce reine, si plaisamment transfigurée par l'histoire. Auparavant, quand elle était attaquée, les soldats lépreux reprenaient peut-être leurs armes pour la dé-

AX — LE PIC DE BP.ASSEIL

fendre. Revenu au Couloubret, je retrouve la colonnade grecque parant les vieux Thermes, où Raymond-Roger de Foix fît creuser, en 1212, pour les débris des Croisés, ce fameux « bassin des ladres ». Le profit le plus clair des expéditions en Orient fut la lèpre. Le mal honteux devint si commun dans toute la France, qu'au commencement de ce xiii" siècle, il y avait plus de deux mille léproseries dans le royaume.

Ax fut de bonne heure ville royale ; elle en mit les signes dans ses armes : cVazur, à une tour crénelée d'argent maçonnée de sable, sommée d'une autre tour d'argent surmontée d'une fleur de lysd'or, posée à dextre sur une terrasse d'argent eniiointe, et unlion

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dor rampant contre la toiu\ à senestre. Les rois, pour prix de leur protection^ saisirent une part des revenus des moulins municipaux. En 1587, Ax brûla. Ses murs s'écroulèrent, il fallut les rebâtir, et la pauvre ville incendiée demanda que la couronne lui fit remise de ce lourd tribut. Cette supplique ne venait pas à son heure : Henri III ne régnait plus qu'à grand'peine, et l'on n'avait jamais vu un roi si pauvre.

L'heure passe, mes yeux s'accoutument à ce cadre austère de la belle station^ — car, après tout, elle est belle, — étranglée entre ces hauts monts noirs : le Saquet ou Tute de l'Ours au sud; le groupe des monts d'Orlu et le pic de Brasseil, au sud; au levant, le Tarbezou. Je crois saisir le caractère de ce pays vraiment très particulier ; la sensation de l'ombre éternelle ne me quitte point, et je me demande comment les bains d'Ax devinrent si fort à la mode, au siècle dernier, dont le goût était loin des aspects sévères. Le beau monde d'alors y venait pourtant en foule. Je vois arriver dans des cacolets, sur des mules, par le terrible chemin de montagne, ces poupées pensantes qui furent nos aïeules. Moulues et ravies, battant des mains, elles crurent avoir découvert la nature. Un grand docteur, qui s'appelait Pilhes, voulut leur plaire et créa le premier établissement moderne : ce fut celui du Couloubret. Depuis le commencement de notre siècle, à nous, plusieurs autres ont été fondés : les bains du Teich, du Breilh, le Modèle, etc. De nos jours, l'affluence des baigneurs est toujours considérable; les divers établissements thermaux fournissent déjà plus de cent vingt baignoires et songent à s'agrandir. La ville jouit d'un climat assez doux ; on attribue à la chaleur souterraine produite par les sources, l'activité de la végétation : les arbres fruitiers fleurissent ici deux fois l'an.

Ax est d'ailleurs un lieu tranquille : pas encore de casino; il y a des fêtes musicales au grand parc. Sur le Couloubret, voici une estrade rustique enguirlandée de fleurs etde drapeaux. Quant à moi, j'ai toujours pensé que l'autorité prenfh\ait une mesure

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