LE CLOCHER D'EN CAMP
Mais l'Andorre méritait bien de prendre place dans l'opéra : c'est le pays des changements à vue. Une large échancrure s'ouvre soudainement dans le rempart du mont, et voici que la terre promise décidément nous apparaît. Des arbres, des bocages; c'est la Basse Vallée. Par exemple, la descente est encore effrayante ; il semble que le lit de roches s'affaisse sous nos pieds; nous glissons avec lui. Les chevaux sont emportés sur cette pente folle, les cavaliers sentent venir le vertige. Je crois pourtant que
nous aurions consenti à arriver la tête en bas dans ce bassin vert. Au milieu d'une plaine ronde, opulente et très fraîche, les deux Yalira se joignent : le Yalira oriental que nous avons suivi depuis la frontière, et le Valira del Nort, sorti des flancs du Puig de Fangassés, voisin du pic du Port de Signer, dans le haut comté de Foix, qui descend par Ordino et la Massana. Au delà du confluent, sur un mamelon verdoyant, voici Andorra-Vieilla, le chef-lieu des Vallées. Mais notre chemin nous porte d'abord, à travers des roches et de grandes ronces, aux Escaldas^ que baigne encore le rameau oriental de la rivière Andorrane