TARBES. — LA CATHÉDRALE
menade : il y a des bancs ; on peut s'y asseoir sous de vieux ormes rongés et mutilés. En face s'ouvre une large rue, l'artère principale du quartier neuf, qui aboutit à un terre-plein ombragé de plusieurs rangées de beaux arbres, au-devant des casernes decavalerie. Le Maubourguet, duquel sedétachC;, à droite et à gauche, deux autres rues, mais tortueuses celles-là, est fort animé ; au bruit intermittent des chariots et des voitures s'ajoute une clameur sourde, qui ne cesse point : c'est le chant de Teau vive sous le pavé.
Les monuments ne sont pas nombreux : du château com-
tal, il ne reste qu'une tour coiffée d'une lourde poivrière, et qui est un des quartiers de la prison. La cathédrale, qui a été plantée sur remplacement du premier logis fortifié des comtes, au temps des Donat-Loup et des Raymond, est un édifice du xiv^ siècle, laborieusement raccommodé sous Louis XIII ; les rudes caresses des huguenots de Montgommery avaient rendu ce raccommodement nécessaire. Les habitants de Tarbes n'en sont que médiocrement fiers et accordent que ses proportions ne sont point gracieuses. Ce qui est vrai, c'est qu'elle n'a point du tout de proportions.
Extérieurement, l'église semble d'un côté avoir été coupée en deux ; on n'a point rajusté la coupure. De l'autre elle est flanquée d'une sorte d'abside pataude et ventrue, ce qui n'est d'ailleurs qu'une apparence, car, intérieuremet, elle n'a qu'une nef et un chœur à deux chapelles latérales. Le maître-autel est surmonté d'un baldaquin, dont la chute écraserait lourdement le prêtre officiant et le tabernacle. Tout ce morceau est très somptueux ; l'autel est soutenu par des colonnes de marbre qui offrent plus de richesse que de goût. Les verrières sont modernes.
Une autre église, ancienne seulement dans une de ses parties, une tour carrée, très pesante, a été bâtie tout en marbre. Celle-ci, surchargée d'ornements et de dorures, a la disposition d'une salle de concert. L'aspect en est donc assez profane; mais l'Esprit souffle où il veut: le sanctuaire est rempli, bien que ce ne soit point l'heure des offices. — A chacune des deux églises, s'appuyait un couvent. Du premier, un dôme subsiste, au-dessus d'un hôtel privé; du second, la partie la plus considérable, qui était le palais épiscopal, sert à loger le préfet. Dans le jardin de la préfecture, on rencontre encore les ruines d'un cloître, sous de superbes platanes.
En face des halles, dans la rue qui se détache à gauche du Maubourguet, est l'ancienne église des Carmes. Le clocher duxiv^ siècle supporte une jolie aiguille de pierres à huit pans. L'intérieur est