‹ L'adultère et l'amourChapitre 9 sur 35 · CHAPITRE Vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil

Un Cocher curieux et bavard

Pendant que la Perle et sa mère, après avoir conclu le marché auquel nous venons d'assister, cherchaient, en réunissant les efforts de leur imagination, les moyens de s'emparer des papiers tant convoités par M. de Bleutz, Benjamin Jacob avait gagné le faubourg Saint-Germain et il avait été sonner, discrètement, à la maison d'Ambroise Beaupuy.

Un vieux domestique, attaché depuis longues années au service du maître, vint lentement ouvrir la porte et montrer son visage triste au visiteur matinal.

Avant que Benjamin Jacob eût eu le temps de prononcer, en entier, la phrase sacramentelle : — Monsieur est-ii visible? le vieux serviteur l'avait 'introduit dans la maison, en lui disant :

— Oui, oui. Monsieur, nous sommes visibles, et nous le sommes maintenant, à toutes les heures de la nuit, aussi bien qu'à toutes celles du jour ; hélas ! on ne dort plus chez nous ; depuis quelques jours, on n'a plus dans la maison, nijoie, ni repos ; tout est bien changé dans notre existence ; voyez-vous. Monsieur, quand le chagrin se glisse chez les vieilles gens — et le domestique en cheveux blancs se retournait vers Benjamin qu'il précédait pour ouvrir les portes — oui, quand le chagrin s'abat sur les vieillards, ça ne met pas tout en déroute, brusquement et avec tapage, comme chez vous qui êtes jeune, mais ça nous vieillit encore davantage, si bien qu'on croirait qu'il n'y a plus rien qui nous sépare de la mort.

Ah! c'est bien triste d'avoir du chagrin quand on est vieux; bien triste, je vous assure, bien triste!...

Et le valet s'appliquait à s'essuyer les yeux avant d'ouvrir la dernière porte

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