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Affiche de Taéronaute-acrobate Karll, vers

L'aérostation des fêtes publiques devint, quelquefois, un spectacle de pure acrobatie, bien éloigné de ce qu'elle aurait dû rester : trop nombreux furent au XIX^ siècle, les aéronautes qui crurent devoir agrémenter leurs départs en ballon d'exercices de gymnastique, souvent terminés par de sérieux accidents. Plusieurs d'entre eux, comme Beugnet, dit Karll, aéronaute de Dijon, les frères Beudet, de Mâcon, Glorieux, de Roubaix, et Blondeau, d'Arles, opéraient le plus souvent avec une simple montgolfière fortement chauffée à la flamme de paille et qui s'élevait, sans foyer, montant à quelques centaines de mètres et redescendant doucement, mais à l'aventure, au bout de 15 à 20 minutes. La première ascension de ce genre fut effectuée à Bordeaux, en 1847, par le clown Beckmann; les montgolfières sans foyer étaient employées depuis quelques années par Lartet et Kirsch, mais avec une nacelle.

Les ascensions acrobatiques ont à peu près disparu aujourd'hui.

Collection Paul Tissandier.

32. — Le premier départ du Géant de Nadar, au Champ de Mars, le 4 octobre 1863.

Le grand mouvement en faveur du « plus lourd que Fair » mené par Nadar, La Landelle et Ponton d'Amécourt est relaté au chapitre de FAviation.

Pour gagner les sommes nécessaires à l'établissement du premier hélicoptère, Nadar eut Fidée d'exploiter les ascensions publiques de Fimmense ballon le Géant, de 6.000 mètres cubes, qu'il fit construire pour cela, et dont il a raconté l'odyssée dans les Mémoires du Géant. Les premières ascensions eurent lieu au Champ de Mars : celle du 4 octobre 1863 se termina prématurément à Meaux. Le 18 octobre, le Géant prenait sa revanche et allait, le lendemain, s'abattre dans les landes du Hanovre, où il subissait le plus formidable traînage qu'on ait connu : Nadar et sa femme furent blessés, ainsi que plusieurs de leurs sept compagnons.

Le Géant fit quelques autres ascensions à Bruxelles, Lyon, Amsterdam, et à Paris, en 1867.

Collection Paul Tissandier.

33. — Le premier ballon du siège de Paris, le Neptune de Jules Duruof, sur la place

Saint-Pierre, à Montmartre. Peinture de l'époque.

Les ballons ont rendu, pendant le siège de Paris, d'inappréciables services.

Dès le début de Fencerclement, Nadar, Wilfrid de Fonvielle et Eugène Godard proposèrent et

installèrent des ballons captifs d'observation qui donnèrent quelques résultats. On décida ensuite d'expédier par ballons libres la correspondance. Le premier départ fut donné au ballon le Neptune, qui avait servi de ballon captif à Nadar, sur la place Saint-Pierre à Montmartre. Monté par l'excellent aéronaute Jules Duruof, il descendit sans incident à Cracouville, près d'Evreux. Il fut suivi de 65 autres ballons montés, qui furent lancés de Montmartre, puis, surtout, des gares d'Orléans et du Nord. Les équipages improvisés étaient en grande partie formés par des marins. Les ballons furent construits à la gare d'Orléans, puis à la gare de l'Est par Eugène et Jules Godard, et à la gare du Nord par G. Yon et Camille Dartois.

La plus célèbre sortie fut celle de Gambetta, le 7 octobre 1870, à bord du ballon V Armand-Barbes. De très grands voyages furent accomplis, notamment celui de Rolier et Bézier qui descendirent en Norv^ège. Deux ballons, montés par le marin Prince et le soldat Lacaze, se perdirent en mer. Plusieurs furent faits prisonniers, mais la plupart purent accomplir leur mission et renvoyer à Paris des nouvelles de la province par les pigeons-voyageurs qu'ils emportaient. Plusieurs ballons-postes furent employés à l'armée de la Loire comme ballons captifs d'observation.

Collection Paul Tissandier.

34. — Assiette populaire décorée d'une caricature de Draner relative aux ballons-

postes : (( Mon passe-port, tiens, le v'ià ! »

Collection Léo Nathan.

35. — Numéro du journal Le Ballon-Poste imprimé sur papier pelure.

Un certain nombre de journaux imprimés en caractères très fins sur papier pelure, et dont une des faces pouvait servir de papier à lettre, furent créés pendant le siège pour donner à la province des nouvelles de Paris en plus de la correspondance. La première et la plus célèbre de ces publications est le Ballon-Poste fondé par Villemessant.

Appartient au comte de La Vaulx.

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