Projet de Louis Panafieu
Nombreux furent, au moment du renouveau aéronautique de 1850, les projets de ballons dirigeables publiés alors, et dont le plus célèbre est celui, formé de quatre ballons immenses de Pétin, qui parvint à construire son appareil sans pouvoir l'expérimenter.
Ce mouvement aboutit à la création, par Dupuis-Delcourt, le plus ardent, le plus dévoué apôtre de la navigation aérienne, de la Société Aérostatique et Météorologique de France, constituée à la date du 22 juillet 1852. Cette première société scientifique a compté parmi ses membres le comte d'Orsay, Ed. de Verneuil, Georges Cailey, Andraud, Emile de Girardin, le comte de Gama-Machado, Jacques Arago, Armengaud, Henri Giffard... Plusieurs concours furent ouverts, notamment pour le meilleur moyen d'élever un ballon sans perte de gaz ni de lest, qui a fait l'objet du dessin de Panafieu. Les principaux projets d'appareils aériens soumis à la Société furent ceux de Prosper Meller, Bazin, Gire, Vau:ssin- Chardanne, Joseph Pline. La Société publia en 1852 et 1853, un bulletin : les Annales d' Aérostation et de Météorologie.
Collection Paul Tissandier.
63. — La nacelle du ballon dirigeable de Dupuy de Lôme, pendant l'expérience du
2 février 1872.
Le gouvernement chargea, pendant le siège de Paris le grand ingénieur naval Dupuy de Lôme d'établir un ballon susceptible de sortir de Paris et d'y rentrer. La construction en fut interrompue par l'armistice et terminée à la fin de 1871. Un seul essai en fut fait, le 2 février 1872.
L'aérostat, rappelant par sa forme celui de Giffard, était très bien étudié : sa suspension, son ballonnet à air, les détails de sa construction ont longtemps été un modèle; mais Dupuy de Lôme n'osa pas placer un moteur dans sa nacelle, et l'hélice était actionnée par huit hommes travaillant sur une manivelle. Les résultats furent nuls à l'égard de la direction, mais d'utiles constatations purent être faites au cours de l'ascension qui fut dirigée par les aéronautes Yon et Dartois, Dupuy de Lôme et son gendre, l'ingénieur Gustave Zédé.
Vers la même époque, Haënlein faisait, en Autriche, un essai incomplet avec un grand aérostat allongé portant un moteur à gaz, alimenté par le ballon, et actionnant une grande hélice.
Collection Paul Tissandier.
64. — L'aérostat électrique des frères Tissandier. Expérience du 26 septembre 1884.
Dessin d'Albert Tissandier.
Gaston et Albert Tissandier ont appliqué pour la première fois l'électricité à l'aérostation. Après quelques essais en petit, ils construisirent et expérimentèrent à leurs frais un ballon dirigeable de 1.060 mètres cubes, muni d'un moteur électrique Siemens de 100 kilogrammètres, actionné par des piles au bichromate de potasse imaginées par Gaston Tissandier.
La première expérience fut faite par les frères Tissandier à leur atelier aérostatique d'Auteuil, le 8 octobre 1883. Malgré le vent, le ballon put tenir tête pendant un certain temps et donner des déviations sous Faction du gouvernail.
Une seconde expérience, faite le 26 septembre 1884, donna des résultats plus précis encore. Le ballon traversa tout Paris, remontant par instants le courant aérien assez vif.
. Collection Paul Tissandier.
65, Le ballon dirigeable La France, de Renard et Krebs, revenant à son point de
départ, le parc de Ghalais-Meudon. Dessin à la plume par De Myrbach.
Le 9 août 1884, pour la première fois, un aéronef revenait, sous la conduite de ses pilotes, atterrir à son point de départ : le ballon dirigeable La France, parti de Chalais-Meudon, monté par les capitaines Charles Renard et Arthur Krebs, et qui, après un tour au-dessus de Vélizy, descendit, 23 minutes plus tard, sur la prairie d'où il s'était élevé.
Charles Renard, né à Damblain (Vosges), le 23 novembre 1847, mort à Chalais-Meudon en avril 1905, est un des plus purs génies de l'aéronautique. Physicien, mécanicien, ingénieur incomparable, il est véritablement le créateur de Faéronautique militaire en France et l'homme à qui l'on doit les plus remarquables conceptions en matière d'aéronautique. Appelé en 1874 par le colonel Laussedat à la formation d'un premier centre d'études aérostatiques, il a créé en 1876 le parc d'aérostation de Chalais, à Meudon. C'est de là que sont sortis tous les travaux théoriques et toutes les réalisations pratiques — ballons captifs, treuils, ballon dirigeable, moteurs, appareils de mesure — du colonel Renard.
Le ballon La France, qui avait un volume de 1864 mètres cubes, 50 m. 40 de long et 8 m. 40 de diamètre, portait au centre de sa longue nacelle un moteur électrique de 8 chevaux, construit par le capitaine Krebs, et qui utilisait le courant produit par une batterie de piles légères chloro-chromiques imaginées par Charles Renard.
La première ascension fut suivie, au cours des années 1884 et 1885, de six autres sorties au cours desquelles le ballon put être ramené quatre fois à son point de départ. Les ascensions de 1885 furent effectuées par Charles Renard, accompagné de son frère et fidèle collaborateur Paul Renard et de Duté-Poitevin, l'aéronaute civil attaché à rétablissement de Chalais.
Musée de V Aéronautique, à Chalais-Meudon.
66. — Lettre autographe de Charles Renard à Gaston Tissandier (1886).
Collection Paul Tissandier.
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