DE LA GUERRE
BÉFO*
Chef du Serpice de tAérostaimn Militaire,
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Le Triomphe de l'Aéronautique
67. — Livre de bord du grand voyage du Centaure, piloté par les comtes de La
Vaulx et Georges de Castillon de Saint- Victor, de ¥incennes à Korostychev (Petite Russie, 1.925 kilomètres en 35 h. 45), ces 941 octobre 1900.
L'Aéro-Club de France a été fondé en 1898, par la fusion de deux groupements d'hommes jeunes, actifs et enthousiastes du ballon libre, notamment d'une part les comtes de La Vaulx et Georges de Castillon de Saint- Victor, le -baron Langsdorf, Jacques Faure, élè¥es en aérostation de M. Maurice MaMet; d'autre part M. Ernest Archdeacon, le comte Henri de La Valette, le marquis de Dion, qui devint le premier président du Club.
De remarquables voyages furent exécutés, dès les débuts de la Société, notamment sous la direction de M. Mallet. Le sport du ballon prit toute son extension par la série des grands concours de distance, durée, altitudes, atterrissage, .organisés à Vincennes pendant FExposition de 1900, Cette série de concours, où se distinguèrent les comtes de La Vaulx, de Castillon, Jacques Balsan, Jacques Faure, Juchmès, Maison et Hervieu, se termina par le célèbre voyage du Centaure, où les records du monde de durée et de distance furent battus, ce dernier restant debout pendant 12 ans
Appartient au Comte de La Vaulx.
68. — Le Méditerranéen et le croiseur Du Chayla, au-dessus de la Méditerranée.
Aquarelle exécutée par un des officiers du Du Chayla.
D'intéressantes expériences d'aérostation maritime organisées par le comte de La Vaulx, ont été exécutées sur la Méditerranée de 1901 à 1904, avec un grand ballon de 3.500 mètres cubes, le Méditerranéen, Ces épreuves, qui eurent un grand retentissement, avaient pour but de démontrer qu'il était possible d'équilibrer des journées entières un ballon au-dessus de Teau et de le diriger sous un certain angle variant de 80 à 120\
La première expérience eut lieu le 12 octobre 1901; le ballon monté par les comtes de La Vaulx et de Castillon de Saint-Victor, M. Henri Hervé et le lieutenant de vaisseau Tapissier, se maintint au-dessus de la mer pendant 41 h. 5 et, ramené vers les côtes françaises par un vent contraire, il atterrit finalement sur le pont du croiseur Du Chayla, Les appareils déviateurs et stabilisateurs utilisés avaient été construits sous la direction de M. Hervé, qui en avait expérimenté les premiers modèles sur la mer du Nord, en 1886.
Appartient au comte de La Vaulz.
69. — Affiche d'un des départs de la Coupe Gordon-Bennett des ballons libres (Zurich,
La grande épreuve créée en 1906 par James Gordon-Bennett est un concours annuel de distance, sous forme de challenge international, couru dans le pays gagnant l'année précédente. Les différents tenants furent successivement les Etats-Unis en 1906 (F.-P. Lahm), FAÎlemagne en 1907 (Oscar Erbsloh), la Suisse en 1908 (colonel Schaek), les Etats-Unis en 1909 (E. Mix) et 1910 (Allan R. Hawley), FAIlemagne en 1911 (Hans Gericke), la France en 1912 (Maurice Bienaimé), les Etats-Unis en 1913 (R. Upson), la Belgique en 1920 (Ernest Demuyter), la Suisse en 1921 (Armbruster) et la Belgique en 1922 (Ernest
Demu3^ter). ^ ^ . * •
De remarquables voyages furent exécutés à l'occasion de cette épreuve, notamment en Amérique, par MM Erbsloh et Leblanc, 1907, Hawley en 1910, Demuyter en 1920, et en Europe, en 1912, par xMM Bienaimé et Leblanc qui battirent tous deux le record du monde de distance, parcourant plus de
2.000 kilomètres. Le précédent record appartenait à M. Emile Dubonnet. Les records mondiaux actuels sont : altitude : 10.800 m., Berson et Sûring, allemands, 1901; distance : 3.000 kilomètres, Berliner, allemand, 1914; durée : 87 heures, Kaulen, allemand, 1913.
Collection Paul Tissandier.
70. Chasse à courre en dirigeable. Caricature d'Albert Guillaume, inspirée par les expériences de Santos-Dumont (1901), parue dans Y Assiette au Beurre.
Alberto Santos-Dumont, né à 5ao-Paulo (Brésil), en 1873, fils d'un des plus grands négociants en café, fut, dès Fenfance, intéressé par la navigation aérienne. En 1898, il fit construire par Lachambre le premier dirigeable d'une longue série : ce premier ballon, muni d'un petit moteur De Dion-Bouton, donna de faibles résultats. Il fut suivi des modèles n°« 2, 3 et 4. En 1901, le Santos-Dumont n** 5 commence à connaître le succès et évolue sur Paris, en vue du Prix Deutsch de 100.000 francs (trajet Saint- Cloud-Tour Eiffel et retour en moins de 30 minutes). Santos-Dumont ne se laissa pas décourager par les nombreux incidents et par un atterrissage mouvementé sur les toits, à Passy. Le Santos-Dumont n** 6 gagne, le 19 octobre 1901, le Prix Deutsch. Parmi les nombreux ballons qui suivirent, il faut citer le n** 9, minuscule dirigeable qui vint plusieurs fois évoluer avenue du Bois ou aux Champs-Elysées, et qui acheva de rendre populaire le brillant pionnier du dirigeable. Le ji^ 14, en 1905, fut suivi par un aéroplane, le premier qui ait effectué officiellement un vol en Europe, ainsi qu'il est dit par ailleurs. Santos- Dumont se consacra ensuite presque entièrement à l'aviation. Il a le très grand mérite d'avoir été un constructeur des plus habiles, doublé du plus audacieux et du plus sûr des expérimentateurs. Il a su donner à Faérostation, puis à l'aviation, une popularité qui a grandement contribué à leur développement, et, premier titulaire des trois brevets de pilote, Santos-Dumont a largement mérité de l'aéronautique.
Musée de V Aéronautique, à Chalais-Meudon.
71. — Feuille jetée du dirigeable Pax par Severo, publiée par Deplanche.
Le député brésilien Augusto Severo, qui s'occupait depuis longtemps d'études aéronautiques, fit construire à Paris et essaya un ballon dirigeable, le Pax, qui présentait de multiples innovations. Dès la première ascension, le gaz vint s'enflammer au contact d'un àes moteurs : le ballon embrasé vint s'abattre avenue du Maine, ensevelissant sous ses débris les corps de Severo et de son mécanicien Sache (13 mai 1902). Le même accident était arrivé à Wolfert et son mécanicien Knabe, à Berlin, le 12 juin 1897, lors de l'essai du premier dirigeable muni d'un moteur à essence.
Appartient au comte de La Vaulx.
72. — Anges purs. Anges radieux. Caricatures de Mich, parues dans la « Vie Pari-
sienne » . ,
73. Une soirée à F Aéro-Club. Caricature de Mich parue dans la « Vie Parisienne)).
Une soirée à V Aéro-Club,..
Nous avons dans ces deux gravures les silhouettes de tous ces convaincus qui depuis 20 ans luttent sans répit pour la victoire de Fidée aérienne. Aujourd'hui, en plein triomphe de l'aviation, la chose par^t simple, mais que de sarcasmes, que de difficultés ont dû subir ces apôtres pour vaincre l'air et maintenir la France à la tête de l'Aéronautique.
D'abord des très vieux, les « avant-F Aéro-Club » comme Besançon, l'apôtre des ballons-^ndes qui, non content de payer de sa personne, voulut défendre FIdée par la Plume et créa VAérophile où depuis 25 ans, aux temps heureux et malheureux de la conquête de Fair, les croyants venaient puiser le feu sacré.
Archdeacon, r Agitateur, second Nadar; ses manifestes ont secoué la torpeur générale, ont électrisé les chercheurs, ont fait surgir les mécènes. A payé de sa personne et de sa poche et ne s'est calmé que lorsqu'il vit triompher son idée.
Tatin, chercheur infatigable, ami de Penaud, collaborateur de Marey, a su faire voler des modèles propulsés par des moteurs dès 1879 et 1897.
Comte de La Vaulx, Balsan, Comte de Castillon de St-Victor et Mallet, un mMtre avec ses élèves. Car si Mallet a su inculquer à ces fondateurs de FAéro-Club de France Famour du ballon, il fut vite dépassé, de La Vaulx et Castillon devinrent recordman du monde de distance et de la durée, Balsan de la hauteur.
SoREAU, président de la Commission d'Aviation de FAéro-Club.
Depuis des années sur la brèche ! N'a-t-il pas écrit sur FAéronautique dès 1893 ? A su avec une énergie farouche, par de saines directives, maintenir l'aviation dans la voie du progrès et de la science,
!l !i* r ^""^ ^^! concours d'aviation ne tournent an spectacle forain. A la naissance de chaque progrès .en^amation, on trouve un prix, un règlement de la Commission d'Aviation de rAéro^Ciub de FranJe, prix qui maintiennent ou dirigent les chercheurs dans la bonne voie. L'aviation lui doit beaucoup.
^ PEYEEY, le chantre de l'Aéronautique, cherchait son inspiration en planant au^essus des mortels, ne craignait pas e^ combat pour la bonne cause; a cessé lui aussi de chanter quand tous les ennemis du plus lourd que 1 air furent à terre. ,
Pense441 encore parfois aux soirées d'Auvours ou aux matins de BagateEe et d'Issv4es.Mouli. neaux f © j
Alfred Leblanc, aéronaute^aviateur; lui ne s'est lassé de combattre qu'à la mort, après Favoir vue de si près au circuit de FEst et à la Ck>upe Gordon-Bennet.
Blanchet, aviateur, mais aéronaute avant tout; est aussi un des vieux lutteurs pour Fidée aérienne, au temps où Faéronautique sommeillait. A fait un nombre incalculable de grands voyages et aœomplit le tour de force de gagner trois fois de suite le Grand Prix de FAéro-Club.
Enfin, à cette pléiade de convaincus, il fallait un président convaincu; ils le trouvèrent en Deutsch DE LA Meurthe, Fiulassable mécène, qui ne voulait pas que l'aviation se re^se; dès qu'un prix était gagné il en créait un autre : les chercheurs se remettaient au travail et l'aviation progressait.
Il ne se contentait pas d'être Mécène, mais donnait aussi l'exemple, et fut un des premiers à se servk pratiquement du dirige^able et de l'avion pour se rendre, soit à ses rendez-vous de chasse, soit dans ses propriétés. ,
Anges purs, anges radieux... n'avaient des anges que la patience, mais possédaient cette quahté à
haute dose. ,
Ne devait-on pas à cette époque travailler des heures, des journées pour voler quelques minutes î
De Lambert, un précurseur. Il faut être son ami intime pour le savoir, car à la patience, il a ajouté une autre qualité toute céleste elle aussi, la modestie. A été le premier disciple de Lilienïhal, lui acheta un de ses appareils en 1894 et accomplit en Normandie de nombreux vois planés. Il fut le collaborateur de Phillips et construisit avec lui, en 1897, un aéroplane multipian ; prit part à plusieurs expériences de Sir Hiram Maxim, à bord même de l'appareil Ce précurseur devait fatalement voler parmi les premiers; il le fit av^ Wilbur Wright et devint son élève.
Dans sa carrière d'aviateur, a accompli l'inoubliable vol sur Paris en passant au-dessus de la Tour Eiffel à une époque où le record de la hauteur en avion n'était que de 15Û mètees.
TissANDiER, fils et neveu d'aéronautes, a puisé l'amour de Fair dès son berceau. A 20 ans, se consacrait à Faéronautique et fit de nombreux voyages aériens. Pris d'un culte pour Wilbur Wright, devint son élève; dès qu'il eut des ailes, s'empressa d'accomplir quelques belles performances et ramena en France les records détenus par son maître.
Voisin, à une conférence d'ARCHDEACON à Lyon reçut le coup de foudre; après des essais de vol plané, sur les dunes de Berck ou remorqué par un canot, fut des premiers en France à construire un avion. Le succès répondit presque de suite à sa hardiesse, puisque c'est sur un Voisin que Farman gagna en janvier 1908 le prix du kilomètre bouclé. 11 eut l'audace, avec son frère Gabriel, de fonder la première maison de construction d'avions. Une industrie nouvelle venait de naître !
RouGiER, FouRNiER, DE Gaters, champions de Fautomobile, devinrent champions de Fair et accomplirent dans de nombreux meetings de remarquables performances.
Delagrange, sculpteur de grand talent, se fit construire par les Voisin un appareil bi-plan propulsé par un Antoinette de 40 HP et en mars 1907, accomplissait un vol d'une dizaine de mètres. Continuant ses performances, il concourait avec Farman pour le prix Deutsch-Archdeacon ; il fut même le premier aviateur qui réussit à boucler le pylône des 500 mètres, quand un accident grave vint l'immobiliser quelques jours; entre temps Farman gagnait le prix. Ayant monté, Fannée suivante, un 40 HP Gnome sur son appareil Blériot-Anzani 20 HP, il vit à Croix-d'Hins, près de Bordeaux, ses ailes s'effondrer sous lui et se tua dans la chute, le 4 janvier 1910.
CuRTiss, presque contemporain des frères Wright, gagna la première coupe Gordon-Bennett d'aviation au premier meeting de Reims en 1909, et est devenu depuis un des plus grands constructeurs des Etats-Unis.
De La Vaulx. Beaucoup le croient exclusivement aéronaute : il est cependant un des premiers qui ait fait des tentatives pour voler. Dès 1907, pilotant un appareil du précurseur Taïin, il fit une chute amortie heureusement par un savant capitonnage.
Paulhan, mécanicien du dirigeable Ville de Paris, a construit d'abord son propre appareil puis, sur un Voisin, accomplit de belles performances au premier meeting de Reims. Il gagna par un très mauvais temps, la première course de ville à ville : Londres-Manchester.
Lâïham, un héros de légende ! Impassible, la cigarette aux lèvres, il partait pour les plus téméraires tentatives. Est tombé deux fois dans la Manche, en essayant d'en réaliser la traversée avant Blériot, en juillet 1909. Le 7 juillet 1910, conquit le record du monde de hauteur en montant à 1.000 mètres et
s'immortalisa avant d'être tué en Afrique par un buffle, par de nombreuses et remarquables performances. ^^^^^^ heure de célébrité dans l'automobile et atteignit le premier le 120 à l'heure à
Nice avec une toiture Serpollet; se consacra ensuite à l'aviation; ami de Delagrange, il transforma son appareil comme lui et se tua, comme lui, à St-Sébastien, le 2 avril 1910.
Esnault-Pelterie, placé le dernier sur ce vitrail, devrait occuper après Wright la première place Champion de l'Ecole française, disciple de Penaud, comme le génial américain, Esnault-Pelterie construisit et l'appareil et le moteur; s'il volait, il pouvait donc dire qu'il ne le devait qu'à lui-même. Son premier vol date du 22 octobre 1907 où il accomplit un parcours de 150 mètres; il en fit un autre de 1.500 mètres le 8 juin 1908. Son monoplan, le plus rapide de l'époque, offrait de nombreuses particularités très remarquables. Depuis, Esnault-Pelterie a présidé longtemps les destinées de la Chambre Syndicale des Industries Aéronautiques. Il fut, avec MM. Granet et Tissandier, le créateur de la première Exposition de Locomotion Aérienne.
74. Le dirigeable République, construit par les établissements Lebaudy (1909).
Les frères Lebaudy, industriels bien connus, ont, depuis 1901, entrepris de faire construire sur
les plans de M. JuUiot, ingénieur, plusieurs dirigeables, dont le premier, le Lebaudy, surnommé le Jaune, a été un prototype des dirigeables souples en étoffe caoutchoutée et à nacelle métallique. Les voyages très heureux du Lebaudy et ses débuts comme ballon militaire ont beaucoup contribué à avancer, en France, le problème de la direction des ballons. Le Lebaudy fut suivi des dirigeables Patrie, enlevé par une tempête, après une superbe carrière, République, malheureusement détruit en une catastrophe qui entraîna la mort de tout son équipage, Liberté, Marchai, Selle de Beauchamps, Morning-Post, etc., qui furent tous des ballons militaires destinés aux gouvernements français, anglais, russe et autrichien.
75. — Lettre du comte Ferdinand de Zeppelin au comte de La Vaulx (1908).
Le comte Ferdinand de Zeppelin, né en 1838, mort en 1917, est une des plus hautes figures de l'aéronautique, et il faut loyalement reconnaître qu'il est un de ceux qui, par une persévérance inlaslassable et la réalisation géniale de ses conceptions, ont le plus contribué au progrès de la navigation aérienne. Son ballon dirigeable rigide, tel qu'il l'a conçu dès 1895 et exécuté en 1900, restera pour bien longtemps, pour toujours peut-être, le prototype du grand aéronef de transport. Malgré des vicissitudes sans nombre. Zeppelin est arrivé à mettre au point des dizaines de dirigeables rigides, de volume et de vitesse toujours croissants, jusqu'aux grands ballons qui ont accompli pendant la guerre les bombardements trop connus, les longues randonnées maritimes et les raids si remarquables au point de vue aéronautique, comme celui de Bulgarie à Khartoum et retour, soit 7.200 kilomètres en 96 heures sans escale, presque constamment en pays hostile ou inconnu.
ZeppeUn, qui montait lui-même ses ballons et qui a battu ainsi le premier record de 35 heures en 1909, suivi d'une performance extraordinaire — amputation de tout Favant du ballon à la suite d'accident et retour au point de départ, croyait essentiellement au progrès des transports aériens civils.
Appartient au comte de La Vaulx.
76. Tableau de la navigation aérienne, publié en Allemagne en 1910, donnant les
portraits des principaux pionniers de la navigation aérienne et Faspect des principales constructions aéronautiques. On remarque notamment les dirigeables de Wolfert, le premier qui ait porté un moteur à pétrole, de Schwartz, entièrement métalliques, les Santos-Dumont, Zeppelin et Lebaudy.
Appartient au comte de La Vaulx.
77. Atterrissage d'un ballon libre. Estampe de Pierre Gatier.
Cette planche, publiée vers 1903, donne sous un aspect comique, l'idée assez exacte de Fatterrissage d'un ballon libre, la fm d'une de ces innombrables promenades sportives entreprises au parc de r Aéro-Club à Saint-Cloud. Au fond, on remarque le Santos-Dumont n^ 9.
Appartient au comte de La Vaulx.