REPRODUCTIONS
Les Précurseurs
X. — Dessins originaux de Léonard de Vinci, relatifs à ses études sur le vol artificiel.
L*un des croquis représente des ailes artificielles; Fautre donne le dessin du premier hélicoptère
que le texte, en écriture senestre, décrit parfaitement.
^ Bibliothèque de Vlnstitut
2, — Enseigne en bois sculpté et peint d'un aubergiste, figurant Fappareil de Besnier
«rhomme volant» de Sablé (1678).
Le serrurier Besnier, de Sablé, dans le Maine, fit vers 1678, une série d'essais méthodiques et intéressauts avec des ailes de sa construction. Il portait sur ses épaules deux bâtons, fonctionnant comme des balanciers mus alternativement par les bras et les jambes, et munis à leurs extrémités de châssis articulés, s'ouvrant et se fermant. Essayant cet appareil du haut d'une table, puis d'une maison et d'une colline, il parvint à voler «par-dessus les maisons du voisinage». La description précise parue dans le Journal des Sçavans du 12 décembre 1678 ne laisse aucun doute sur la réalité de ces planements prolongés. L'enseigne de bois sculpté et peint paraît avoir été exécutée pour un aubergiste, parent du serrurier. Des essais comparables à ceux de Besnier avaient été faits au Moyen Age par Olivier de Malmesbury, en Angleterre; par Jean-Baptiste Dante, à Pérouse; par le chanoine Oger, à Troyes; puis, à l'époque de Besnier, par le marquis de Worcester, en Angleterre, Bernoin, qui se tua à Francfort, en 1673, un des frères Alard, acrobates célèbres, à Saint-Germain, ainsi que par Dupérier, acteur de la troupe de Molière. En 1784 un procureur du Dauphiné fit à Embrun des vols avec un planeur qui paraît lui avoir donné les meilleurs résultats. Plus tard, on peut citer les vols de même genre faits à Angoulême, vers 1801, par le général Resnier, qui
se cassa une jambe au cours de ses essais.
Collection du Général Hirschauer.
3. — L'envol du marquis de Bacqueville, au-dessus de la Seine, en 1742. Miniature.
Le marquis de BacqueviUe était un vieil original, « homme un peu fol mais de beaucoup d'esprit », dont les excentricités se retrouvent dans bien des mémoires du temps.
Vers 1742, il se construisit des ailes et en fit Fexpérience, bien qu'il eût alors passé la soixantaine. Monté sur la terrasse de son hôtel, quai des Théâtins, il s'élança, en présence d'une foule considérable, vola quelques instants, franchissant le quai et s'abaissant vers la Seine, qu'il espérait traverser. U tomba sur un bateau de blanchisseuses et se cassa la cuisse.
Un chanoine d'Etampes, l'abbé Desforges, fit en 1772 plusieurs essais à Etampes, avec une « voiture volante » qui fut lancée du haut d'une colline, puis de la tour Guinette, d'où elle tomba, contusionnant le brave abbé, dont ies recherches paraissaient assez sérieuses. Sa voiture, en osier, comportant un véritable parachute et des ailes battantes donnant la propulsion, constituait une sorte d'aéroplane.
Collection Paul Tissandier.
4 — Caricature sur le Vaisseau Volant de Blanchard (1782).
Jean-Pierre Blanchard, « la Gloire de la Normandie », né aux Andelys en 1753, mort à Paris en 1809, ouvrier tourneur mécanicien, doué d'une haute intelligence, d'un esprit inventif et métho#que, passionné dès l'enfance pour la navigation aérienne, essaya vers 1777 un parachute, puis vint à Paris pour y construire, en 1781, avec Tappui de Fabbé de Viennay et le concours financier des frères de Louis XVI, un « vaisseau volant » .
Son appareil était une nacelle recouverte d'une carrosserie portant des ailes battantes, sustentatrices et propulsives, qui fonctionnaient comme celles de Besnier, mais actionnées par le pilote assis dans la naceUe. Blanchard adjoignit, comme Desforges, un parachute à son appareil, avec lequel il avait obtenu des allégements très sérieux, lorsque la découverte des aérostats, auxquels il parait avoir songé de son côté, le détourna de l'aviation.
Pilote excellent et intrépide, il accomplit, à partir de 1784, plus de soixante ascensions, faisant connaître les ballons dans la plupart des pays d'Europe, en AUemagne, aux Pays-Bas. en Pologne en Suisse, en Autriche, puis aux Etats-Unis. En 1785, il fit, de Douvres à la forêt de Guines, près de Calais la première traversée du Pas-de-Calais en baUon, en compagnie du D' JeflFries. Il initia sa femme à l'aérostation, et fit d'elle une aéronaute dont la célébrité n'est pas éteinte.
Blanchard, à l'époque où il essayait son vaisseau volant, construisit pour la première fois un grand hélicoptère avec lequel il obtint de notables allégements.