‹ L'Aérophile (volume 2)Chapitre 106 sur 145 · A. GOUPIL · texte numérisé non relu

A. GOUPIL

À propos de la voilure du cerf-volant Hargrave

J'ai fait ressortir dans un article paru dans l’Aérophile de juillet 1905, page 163, que l'on obtient davantage de stabilité en inclinant les diaphragmes latéraux d’un cerf-volant Hargrave, mais en supposant que le plan vertical contenant le vent relalif passe par l'axe longitudinal du cerf-volant ou aéroplane.

Si le vent relatif subissait une variation brusque de direction, le résultat serait tout différent ainsi qu'on va le voir :

Soit en plan fig. 1, deux points d'attache de l’amarre a et b.

Soit en plan fig. 1, deux points d'attache de

l'amarre «a et b. Soit V la vitesse de l’aéroplane et v celle du é vent contraire, le cas déjà étudié suppose que ue Le V et v ont la même direction.

Supposons une variation subite de la direction du vent, passant de v à v’. Le vent relatif devient sensiblement (V+v’) qui agira sur l’extérieur des faces latérales de gauche et sur Tintérieur des faces latérales de droite, d’où poussée droite de gauche à droite.

Il est visible que l’aéroplane et le câble sont sollicités à se reporter vers la droite pour se mettre en ligne sur le vent nouveau ; mais l’aéroplane résiste par inertie et cela, d'autant plus qu'il est plus pesant ; d'autre part. l’aéroplane ne peut s’obliquer par rapport à l’amarre s’il y a deux points d'attache, car le brin b, qui agirait alors seul, ferait opposition.

Il y aurait donc avantage à n'avoir qu'un seul po‘nt d'attache.

Le vent relatif oblique donne, fig. 2, sur les voilures latérales deux forces, f et f dont les moments au centre de gravité G. du système sont fd et f’d.

Or, les leviers d et d’' sont d'autant plus grands que les faces sont plus inclinées.

Des faces verticales, fig. 3, donnent dd” bien plus faible, il y a par suite moins de tendance au renversement.

Il suffit de quelques degrés de variation de direction du vent pour créer un fort couple de renversement.

Soit 4 plans de 1 m. 75 x 2.00 ; total, 14 m°, soit 8 m. la vitesse de l’aéroplane et 3 mètres celle du vent. Si le vent dévie brusquement de 10°, le vent relatif de 11 mètres fera 3 degrés d'incidence, avec les dites surfaces et on aura f+f=23 kilogr. environ. à

Cette poussée de 23 kilos tend donc : 1° A reporter tout le système et le câble vers la droite ; 2° à obliquer l’aéroplane sur le câble ; 3° à faire faire la pirouette et la pirouette se produira d'autant mieux qu'il y aura plus d'opposition aux deux premiers effets.

Il est probable que c'est à une variation brusque de la direction du vent que fut dû le renversement de l’aéroplane de M. Blériot.

Un aéroplane libre, tracté par ses hélices ne se trouverait pas dans les mêmes de tions ; sa mise en ligne rapide sur le nouveau vent relatif ne serait pas contrariée par une traction d'amarre dans une direction donnée, puisque la traction des hélices s’exercerait toujours suivant l'axe de l'appareil.

On voit que telle disposition qui est favorable à 1a stabilité dans des cas, est défavorable dans d’autres cas.

Fig 2.

Coupe en travers Fg J:

LE

À. GourIL

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