‹ L'Aérophile (volume 2)Chapitre 130 sur 145 · kil. Durée : 18 h. G · texte numérisé non relu

kil. Durée : 18 h. G

— 2° M. J. F. Duro (El- Cierzo, 1.600 m'), descendu le 16 octobre, à 6 h. 30 du matin, à Lindenau, près Neu-Titschein (Moravie).

Cliché de l’Zllustratiou

Distance : 1.080 kil. Durée : Les Karpathes (2,500 m.), vus d'une allitude de 4,900 mètres à bord 13 h. 56. — 3° M. Edouard “6 La Kabylie. PDroto du comte Antoine Rozan.) Boulenger (L’Eden, 800 m'), descendu le 16 octobre, à 1 h. 40 du matin, à Konigswalde (Saxe), à 5 kil. au $S. de la ville d'Annaberg, à 1 kil. de la frontière de Bohême. Distance : 792 kil. Durée 10 h. 26. — 4° M. Edmond David (Le Cambronne, 800 m'), descendu à UE Deggendorf, près Plattling (Bavière), non loin de la frontière autrichienne. Distance 751 kil. 500 m. Durée : 11 h. 56. — 5° M. Léon Maison (La Concorde, 1.600 m‘), descendu le 16 octobre 1905, à minuit 40 du matin, à Neustadt-sur-Saale (Bavière) Distance 571 kil. 500 m. Durée : : 8 h. 20. — 6° M. A. Vonwiller (Le Centaure : 1.600 m'), descendu le 16 octobre à minuit 30 du matin, à 3 kil. de Darmstadt. Distance MAJ KI Durée G h. 12. — % Le comte Hadelin d'Oultremont (La Belgique, 1.600 m°), descendu le 15 octobre à 9 h. 15 du soir, à Kirn, principauté de Birkenfeld (Oldenbourg). Distance : 378 kil. Durée-:,5"h" 11

8° M. Alfred Leblanc (L'Albatros, 800 m°), descendu le 16 octobre à minuit 45 du matin,

à Densborn (Allemagne). Distance : 320 kil. Durée : 6 h. 41. — 9° M. Georges Blanchet (L'Archimède, 900 m°), descendu le 15 octobre à 9 h. du soir, à Beaufort (Grand- -Duché de Luxembourg). Distance : 306 kil. Durée : 5 h. 22. — 10° M. Erik Tollander de Balsch

(La Finlande, 1 600 m‘), descendu le 15 Gotopre à 11 h. 15 du soir, à Koœnigsmarchen, entre Thionville et Metz. Distance: 276 kil. Durée : 3 h. 27. — 11° M. René Gasnier (L'Eole, 1.200 m°), descendu le 15 octobre à 9 h. 15 du soir, à Rulles, près Arlon (Luxembourg belge). Distance : 259 kil. Durée : 4 h. 1. — 12° M. Edouard Bachelard (Phæbé, 800 m') descenqu le 15 octobre, à 10 h, 20 du soir, à Engreux, près Bastogne (Belgique). Dance MOTS UK Durée : 5 h. 40. — 13° M. Alfred Duprat (La Belle- Hélène, 1.600 m'), descendu le 15 octobre

Zn ee een rm en es à 9 h. du soir, dans la commune dOsnes, canton de Carignan (Ardennes). Distance : 214 kil. Durée :

3 D. 17. — 14° M. Justin Balzon (Académie aéronautique, 900 m‘), descendu le 15 octohre à 9 h. 20 du ssir dans la forêt de Le Chesneie le-Populeux (Ardennes).

É Distance : 182 kil. Durée :

î Ces résultats se trouvent : figurés et mis en évidence d'une facon très ingénieuse dans le tableau que nous reproduisons et qui est dû à l'un des commissaires sportifs, M. Edouard Surcouf.

Notons, pour être complets, que M. Louis Godard, parti, comme nous l'avons expliqué, à bord du Radio- Solaire, sans prendre part au concours, a effectué sa descente à Coulombs {S.-et- NS à 4 h. 27. Parcours, 64 kil. environ, en 39 minutes.

Les prix Ont étés alt bués de la façon suivante :

1 prix :: M Jacques Faure : un vase de Sèvres, offert par le ministre qe l'Instruction publique ; médaille d’or du Conseil Municipal de Paris ; diplôme de l'Aéra-Club de. France ;

a ‘ médaille de vermeil offerte SEE : par l’Aéro-Club du Sud- ChaeNeneraes Ouest au premier classé

Le village de Szepesvaralja, photographié durant la descente de La Kabylie, effectuée à 600 metres à la minute. (Photo du comte Rozan.)

des pilotes de l’Aéro-Club de France; médaille de

- vermeil, grand module, offerte par la revue l'Aérophile ; médaille de vérmeil, grand module, offerte par l'Echo de Paris, au pilote du ballon qui aura accompli le meilleur voyage, à la décision du jury, en tenant compte du cube du ballon ; médaille d'argent offerte par le journal Les Sporls, au premier des concurrents français ; une prime de 1.000 francs offerte par la Ville de Paris. — 2° prix : M. J. F. Dur : un baromètre enregistreur et un statoscope offerts par S. A°T le prince Roland Bonaparte ; médaille de vermeil ofterte par l'Automobile-Club de France ; médaille d'argent offerte par le journal l'Auto, au premier des concurrents étrangers ; une prime de 500 francs, offerte par l’Aéro-Club de France. — 3° prix : M. Edouard Boulenger : médaille e-vermeil offerte par le Touring-Club de France ; une prime de 300 francs offerte par M. Henry Deutsch de la Meurthe. — 4° prix : M. Edmond David : plaquette d'argent, offerte par le Syndicat des journaux et publications périodiques : une prime de 200 francs. — 5° prix : M. Léon Maison : médaille de bronze, offerte par la Société du « Nouveau Paris » : une prime de 100 francs. — 6° prix : M.'A. Vonwiller:: une prime de 100 francs. — DIE M. le comte Hadelin d'Oultremont : une prinre-de 50 francs.

Nous aurions été heureux de mettre sous les yeux de nos lecteurs, le récit détaillé des traversées accompliés : toutes ou presque toutes présentent quelques particularités intéressantes et souvent instructives. Cela nous eût, malheureusement, entrainé trop loin. Essayons cependant d'esquissér la physionomie générale de ce remarquable concours.

De l'avis unanime, l'épreuve fut particulièrement dure. A part le vent, élément essentiel de succès, pour une course de distance, les circonstances atmosphériques furent des plus défavorables. Les nuages fuyant près du sol, rendaient difficile le repérage de la

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route suivie ; la pluie lorrentielle, des tempêtes de neige, assailli rent les concurrents. alourdissant inexorablement les ballons, épuisant leur provision de lest el les obligeant parfois à des atterrissages prématurés en pleine nul, sous les rafale.

A noter aussi l'impression de viesse fantastique ressentie par la plupart des pilotes. aéronaultes aguerris cependant, et dont beaucoup sont familiers avec les grandes allures en automobile

« À peine avions-Nous rCCONNI aux grondements du vent dans les arbres, l'approche d’une forêt, di le comte Hadelin d'Oultremont, mis trop vite à bout. de lest par une pluie diluvienne, la forêt avait disparu. Une lumière, une ville à peine, distinguées en avant, s'escamotaient en arrière, avec une rapidité prestigieuse. »

Même impression de MM.

Gasnier, descendu en forèt ; Vonwiller et Ch. Levée, atterris à Darmstadt, alors qu'ils se croyaient en vue de la mer : ne dont le passager M. Guy de la Brosse, orand amateur de vachting à voiles, étail enlhousiasgmé de celle fuite éperdue devant la tempête.

MM. Leblanc et Martin, avec ll Albatros, succombèrent sous une trombe de neige. Allerrissage réussi à l’aide de l'ancre et du panneau de déchirure, au creux d'une vallée abritée.

La plupart des aéronautes qui se sont tenus à faible hauteur.

constatent que le guiderope toucha plusieurs fois, dans les re-

Cliché de l’2 lustrulion

sions montagneuses des Arden-

SR de oo ne ae nr M. Jacques Faure descendant de l'arbre sur lequel La Ne. SN is D hs Kabylie s'arrêta à Kirchdrauf. (Photo du comte Anromètre indiquait 600 et 700 mè- toinc Rozan )

lres d'altitude. É M. Blanchet, par exemple, eut son guiderope embarrassé dans les pins d'un haut sommet, alors qu'il se maintenait à 600 m. d'altitude. Le ballon fut rabattu sur les arbres eh un choc violent au cours duquel furent perdus deux sacs de lest suspendus à ee de la nacelle. L’aérostat ainsi délesté, réussit à se dégager et fit un bond à 2.500 m d'altitude où le froid ranima l’aéronaute à demi-étourdi. Quelques instants après, M Blanchet écœuré de l'aventure et sans aucun point de repère, soupapait et regagnait le sol k Par un malentendu regrellable, M. Léon Maïson ne put avoir à temps les vêlements de voyage qu'il comptait emporter. Son passager el lui, ruisselants d’eau et greloltants, tinrent cependant jusqu'à minuit avec une remarquable endurance, dans “ces conditions | pénibles. M. Maison reconnut dans la brume le ballon El Cierzo et put échanger Des vœux de succès avec les aéronautes espagnols. À la descente, très peu de vent. ; De même, pour M. Edmond David, l'excellent pilote nantais, classé quatri ième, avec un ballon de 800 m° seulement. A l'atterrissage, au lever du jour, le 16 octobre, le vent était à peu près tombé et tendait à ramener le Cambronne en arrière. Le vaillant ilote que M. Jacques Faure félicita très sportivement eut encore sans cela ajouté de nonbrete kilomètres à un parcours déjà remarquable, et pénétré fort avant en territoire autrichien. C'est M. Edouard Boulenger, déjà titulaire, avec son ami M. Janets, des plus longs voyages accomplis à bord d’un 800 m°, qui s’adjuge, toujours avec l’£Eden, la troisième place Il eut fait mieux encore sans une malechance qu'il raconte ainsi avec une sincérité et

une modestie à laquelle nous sommes heureux de rendre hommage : « J'avais cru bien de me maintenir pour la nuit à une altitude moyenne, mais c'était à tort, sans doute, car à cette altitude, j'avais à lutter constamment contre des embardées verticales. La malechance voulut que mon statoscope cessât de fonctionner à cause de l’eau peut-être et je ne pus être prévenu à temps d'une terrible embardée qui, malgré le jet de deux sacs de lest, me jeta de l'altitude de 1.900 m. à celle de 800 m. où l’'Eden heurta le sommet d’une colline boisée. Il se fit un trou assez iong dans létoffe et je procédai immédiatement à l'atterrissage qui s'exécuta facilement au moyen de la corde de déchirure.… Il était impossible cependant d'apporter plus d'attention que j'en ai mis à l'équilibre de l'Eden. » Sans cette mésaventure, impossible à prévoir, M. Boulenger avait encore assez de lesi pour mener à bien cette performance qu'il ambitionne et que nul n’est mieux qualifié pour réussir :

Re la traversée aérienne de Paris au

AE territoire russe à bord d’un ballon Clicaé de l'Zlustralion de 806 nr.

Le comte Antoine Rozan et M. Jacques Faure Les deux pilotes classés premiers sont précisément ceux qui

n’ont pas hésité ainsi que l'indique M. Boulenger à se maintenir à grande altitude.

Le triomphateur de l'épreuve est M. Jacques Faure, qui partit précisément favori. Ferons-nous à nouveau l'éloge du héros de Londres-Paris, de deux autres traversées aériennes de la Manche et de lant d'autres voyages sensationnels qui, depuis l'Exposition universelle de 1900, où il fut le troisième du classement général, ont fait de lui un des grands pilotes de notre école française d'aérostation. 11 serait injuste de ne point associer à son succès son vaillant compagnon de route, le comte Antoine Rozan, qui, récemment venu à l’aérostation, a donné lui aussi en cette circonstance, une magnifique preuve d'énergie et d’endurance et fut pour M. Jacques Faure ie plus utile et le plus dévoué des lieutenants.

M. Jacques Faure a fait dans l’/lustralion, un récit plein de vie et de couleur de son superbe voyage, récit accompagné de très intéressantes photographies prises par le comte Rozan et dont nous reproduisons les plus curieuses.

« Dès le départ, dit M. Jacques Faure, nous nous assurons de notre direction : à 300 m. d'altitude, nous traversons la place Vendôme en tourbillon, le Sacré-Cœur au nord ; nous filons donc vers l'Est. Je consulte mon compagnon de voyage ; comme moi, le comte Rozan est décidé à gagner la course ou, du moins, à faire l'impossible pour cela. Il s’agit d'aller vite et longtemps ; en haut, le vent est plus violent ; nous allons monter. Tant pis si notre direction change, puisque la seule mer que nous puissions rencontrer sur notre route est la mer Baltique, et que nous sommes décidés, quoi qu'il arrive, à nous aventurer audessus d'elle. »

Les passagers de la Kabylie perdent la terre de vue, à 5 h. 12 du soir, pour ne la revoir que vers minuit, à travers une trouée des nuages. Le ballon est maintenu pendant la plus grande partie de la nuit, vers 2.700 m. par un froid terrible. De temps en temps, dans une éclaircie, la terre apparaît. « Nous reconnaissons Munich, Linz et Vienne reliées entre : elles par un brillant ruban argenté : c'est le Danube, le plus beau fleuve d'Europe, dont nous observons de 3.000 m. d'altitude, le cours large et majestueux. »

Dans la matinée, le ballon, réchaulfé par le soleil, s'élève jusqu'à 5.200 m. Le froid esl abominable, MM. Jacques Faure et le comte Rozan sont très fatigués par ce long séjour dans les hautes régions : les bagages, les objets de toilette, les vêtements de rechange des aéronautes ont déjà passé par-dessus bord. Il n’y a plus dans la nacelle que le lest stric-

tement indispensable pour maîtriser la descente finale. Celle-ci fut vertigineuse.. A 20 m. de terre, le ballon passe au-dessus d’un petit bois. « J'ouvre mon ballon en deux, dit

L’atterrissage d'El Cierzo, fac-similé d'un croquis de M. le lieutenant Herrera

M. Jacques Faure. La corde de déchirure fonctionne parfaitement et, comme un grand oiseau blessé, il s'abîme sur un arbre, presque sans choc, sans secousse, la nacelle d’un côté, l’étoffe de l’autre. Suivant l'usage, je quitte la nacelle le dernier et Rozan me photogra-

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