‹ L'Aérophile (volume 2)Chapitre 52 sur 145 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

L'observatoire de Blue-Hill (195 môtres au-dessus de la mer). A gauche, l'abri du treuil de lancement des cerfs-volants ; au ceutre, le type des cerfs volants usités à Bluc-Hill

météorologiques, à une hauteur déterminée et de les comparer avec les tracés de semblables instruments placés à terre. Il en résultait le grand avantage, non réalisé jusqu'alors, d'avoir des observations simultanées aux deux niveaux.

M. Lawrence Rotch, fut done vraiment un novateur, car on ne peut mettre en parallèle les quelques expériences exécutées auparavant en Angleterre, à l'aide de cerfs-volants à queue, munis de thermomètres el d'anémomètres simples, c'est-à-dire non enregistreurs.

Aussi, était-il intéressant pour moi, étant de passage à Boston, de visiter l'observatoire de M. Rotch.

Cet observatoire édifié au sommet de Blue Hill (colline bleuc), est distant de onze milles, environ, de la ville de Boston ; il est élevé de 195 mètres au-dessus du niveau de la mer ; sa construction remonte à l'année 1885 : ce fut d'abord une: simple tour ; puis peu à peu, selon les lesoins, des annexes s’ajoutèrent ; le soussol même, fut creusé et donna asile à des magasins et à des ateliers de construction et de réparation.

Cet observatoire placé au point culminant des environs de Boston, jouit d'un

panorama splendide, qui s'étend sur toute la campagne et embrasse au loin un océan, parsemé d'ilots verdovants. Les jours de calme y sont excessivement rares : aussi ,est-ce un endroit éminemment favorable pour une station météorologique.

En dehors du bâtiment, proprement dit, de l'observatoire, et en avant. est situé un hangar abritant le treuil nécessaire au lancement des cerfs-volants.

Outre cette station principale, M. Rotch a fait établir sur les flancs de la colline, deux postes, l'un à 60 mètres de hauteur, l’autre à 15 mètres.

Tout cet ensemble a été complètement édifié aux frais de M. Rotch qui en assure annuellement le fonctionnement avec l’aide de trois assistants, placés sous ses ordres.

C'est à l'observatoire même que sont construits les cerfs-volants, ainsi que les appareils enregistreurs qu'ils enlèvent.

Cet observatoire, unique en Amérique, peut être comparé aux observatoires créés aux environs de Paris, par M. Teisserenc de Bort, dans les mêmes conditions.

Je n'entreprendrai pas de décrire ici les travaux importants, accomplis à Blue Hill, depuis 1885.

Ce fut, comme je le disais plus haut, en 189%, seulement, que M. Rotch imagina d'utiliser pratiquement les cerfs-volants pour l'étude de la météorologie.

Il réussit complétement et chaque année, grâce à des efforts incessants, il augmentait progressivement la moyenne des hauteurs atteintes.

La moyenne obtenue pendant ces trois dernières années, est de 3.000 mètres, et en 1900, l’un des cerfs-volants de Blue Hill atteignait 4.800 mètres.

Ce mode d'investigation de l'atmosphère est maintenant universellement employé, et dans certains établissements, à Berlin, notamment, il a reçu une fonction d'officialité ; les renseignements obtenus chaque jour au moyen des cerfsvolants, servent à la confection du Bullelin météorologique, publié quotidiennement dans la capitale allemande. On ne peut donc qu'applaudir à la généreuse initiative de M. Rotch, à qui la météorologie est aussi redevable de l'idée nou-

velle d'utilisation des ‘cerfs-volants au- dessus des mers {ropicales, pour l'étude des vents alizés.

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