‹ L'Aérophile (volume 2)Chapitre 54 sur 145 · PAR UNE AUTOMOBILE · texte numérisé non relu

PAR UNE AUTOMOBILE

M. Ernest Archdeacon a récemment entrepris l'essai d'un nouveau procédé de lancement pour les aéroplanes.

Dans l'expérience faite par lui, le 26 mars au champ de manœuvres d'Issyles-Moulineaux il s'agissait d'enlever un grand aéroplane analogue à celui dont il se servit à Berck-sur-Mer (voir Aérophile de mars et d'avril 194), en le faisant remorquer à l'allure voulue par une automobile de 60 chevaux.

A cet effet, lesté d'un poids de sable égal au poids moyen d’un homme, l’aéroplane reposait sur d'ingénieux patins à ressort à l'extrémité d'une glissière ce 40 mètres de long, formée de deux rails-rainures en bois savonnés et préalablement orientée dans le lt du vent. Une amarre sur laquelle était frappé un dynamomètre permettant à un observateur placé dans la voiture de constater la traction subie par le càble reliait laéroplane à l'automobile. Le vent irrégulier comme vitesse et direction, soufflait moyennement de l'ouest.

Après un premier essai pour le réglage du système d'attache, M. Archdeacon donne de nouveau le signal de lancement au moyen d’une trompe d'automobile. La voiture démarre, accroissant graduellement sa vitesse ; à sa suite, l’aéroplare glisse sur les rails et vers le milieu de la piste s'enlève d'un bond majestueux à une trentaine de mètres de hauteur. L’allure augmente, le planeur se maintient avec une stabilité remarquable. Sur une brusque saute de vent, il évite et se replace de lui-même « le nez dans le vent ». Mais dans cet effort, un ces plans de queue se détache ; l'équilibre, jusqu'alors parfait, est à l'instant rompu ; l'appareil donne de la bande à tribord, s'inclire de plus en plus, bien que la remorque eut été abandonnée et vient s’abattre sur le sol, avec des avaries sérieuses mais réparables.

Quoi qu'il en soit, il semble acquis que l’on pourra enlever un grand planeur en le faisant remorquer par une automobile et ainsi faire du vol plané sans êlre obligé d'opérer sur un terrain spécial et d'attendre, souvent en vain, un vent favorable. De plus, l’avarie cause de la chute, a péremptoirement démontré l'importance capitale des plans de queue au point de vue de la stabilité. II y a donc lieu de continuer ces intéressantes études.

Après les essais de l’aéroplane, M. Detable, l’aviateur bien connu expérimenta avec succès un grand cerf-volant qui, lesté convenablement, vient se poser sur le sol en planant, après qu'on a tranché sa ligne.

M. Archdeacon a continué ses expériences le dimanche 2 avril.

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